Ce Jour-là

Henri Lavedan

Journaliste et auteur dramatique français

Anúncio

Henri Lavedan, né le 9 avril 1859 à Orléans et mort le 3 septembre 1940 à Écaquelon, est un romancier, auteur dramatique et journaliste français.

Fils du directeur catholique et légitimiste, directeur du Correspondant, Léon Lavedan, il fait deux années s’études au petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin en 1867, alors dirigé par Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans.

Il débute lui-même comme journaliste, collaborant au Figaro, au Gil Blas ou à l'Écho de Paris, donnant de très nombreux articles à ces périodiques ainsi que des contes et des dialogues sur la vie parisienne, dont beaucoup ont ensuite été réunis en volumes. L'un d'eux, la Haute, raille les aristocrates, inaugurant une veine que Lavedan allait ensuite exploiter largement sur la scène.

En 1890, il se tourne vers le théâtre en donnant avec succès à la Comédie-Française Une famille. En 1892, dans Le Prince d'Aurec, rebaptisé par la suite Les Descendants, il développe un de ses thèmes de prédilection, la satire de la noblesse, accusée de frayer avec la haute finance juive, ce qui lui vaut d’être refusé par Jules Claretie à la Comédie-Française, mais applaudi au théâtre du Vaudeville, où il connait plus de cent représentations.

Suivent de nombreuses comédies brillantes et spirituelles : les Deux noblesses (1894), Catherine (1897), Le Nouveau Jeu (1898), le Vieux Marcheur, paru tout d'abord sous forme de « roman dialogué » en 1895, et joué à partir du 3 mars 1899 comme comédie au théâtre des Variétés, le Marquis de Priola (1902), tentative de transposition du mythe de Don Juan à l'époque moderne, Varennes (1904) (en collaboration avec G. Lenotre), le Bon Temps (1906), l’Assassinat du duc de Guise (1908). Il triomphe avec le Duel (1905, Comédie-Française), pénétrante étude psychologique des relations entre deux frères en même temps qu'appel à l'apaisement au moment des déchirements induits par la loi de séparation des Églises et de l'État.

Fournisseur des petits théâtres, il a dû atténuer sa verve et modifier son style lorsqu’il travaillait pour la Comédie-Française. Ainsi, ce bout de dialogue dans le Duel a été coupé :

« — Monseigneur, disait un des personnages à un évêque, monseigneur, le plaisir que j’ai z’eu…

— Prenez garde à vos liaisons, interrompait l’évêque en souriant.

—…Le plaisir que Jésus goutait près de son disciple préféré ne serait rien auprès de celui dont me comble l’accueil de Votre Grandeur… »

Jugée peu sérieuse, cette réplique a été supprimée à la demande de Claretie.

Comptant également parmi les plus brillants chroniqueurs de l’ancien boulevard, il dirige l’Illustration, de 1908 à 1921. C’est dans cette publication qu'au moment de la déclaration de guerre de 1914, il écrit : « Je rencontre place de la Concorde Maurice Barrès, qui, avec un joli mouvement de menton, me déclare : je m’engage. » Barrès n’a pas été long à renoncer ce projet patriotique, mais le « joli mouvement de menton » est resté. Sa pièce l’Assassinat du duc de Guise (1908) a été la source d'un film du même nom, réalisé en 1908 par André Calmettes et Charles Le Bargy sur une musique de Camille Saint-Saëns.

Au moment de l'affaire Dreyfus, il rejoint le camp anti-dreyfusard et la Ligue de la patrie française, ligue anti-dreyfusarde modérée, aux côtés de François Coppée, Edgar Degas, Auguste Renoir, José-Maria de Heredia, Pierre Louÿs, Vincent d'Indy, Caran d'Ache, Forain, Frédéric Mistral, Juliette Adam, Francisque Sarcey, Jules Verne, Gyp, Léon Daudet, etc..

Après la Première Guerre mondiale, face à la transformation profonde de la société décrite dans ses comédies, Lavedan choisit de cesser d'écrire pour le théâtre. Il publie une chronique romanesque en 7 volumes (Le Chemin du Salut, 1920-1924), un essai historique sur Saint Vincent de Paul (Monsieur Vincent aumônier des galères, 1928) et des mémoires (Avant l'oubli) parus dans La Petite Illustration (1933-1938).

Il arrive de trouver deux dates différentes pour certaines de ses œuvres, par exemple pour Le Nouveau Jeu et Le Vieux marcheur. Il s'agit parfois d'œuvres parues tout d'abord sous forme de « roman dialogué », genre cher à Lavedan, donnant la date de la première publication, puis jouées quelques années plus tard en tant que comédies sur la scène d'un théâtre, donnant la date de la première représentation.

Le 8 décembre 1898, il est élu, en remplacement d'Henri Meilhac à l'Académie française, où le reçoit le marquis Costa de Beauregard en lui déclarant, dans son discours d’accueil, que son œuvre fabrique de la mort. Il n’en deviendra pas moins le doyen d’élection de cette compagnie.

De l’artiste lyrique Mathilde Auguez, épousée en mars 1898, il a eu une fille Geneviève (1886-1906).

Durant l’Exode, c’est presque malgré lui qu’il quitte, le 12 juin l’appartement de la rue du Caire, où il résidait depuis tant d'années et où il ne devait pas revenir. Il meurt en septembre 1940. Après une inhumation temporaire au cimetière d’Écaquelon, sa dépouille est transférée au cimetière du Père-Lachaise.

« Manchecourt, c’est M. Henri Lavedan, un jeune écrivain d’une extraordinaire rouerie de style, un humoriste serré […] c’est un modèle de narration familière entre gens de cercle en l’an 1889, à mettre dans les futures anthologies. Le vocabulaire, la syntaxe, les images, le ton, l’accent et comme le geste de la phrase sont exactement de cette année-ci et de ce monde-là. Cela est plus bourré d’idiotisme qu’une page de Gil Blas […] Il y a là des gallicismes proprement dits, puis des locutions spéciales empruntées à la langue des écuries, et d’autres qui appartiennent à la langue du boulevard, des clubs ou du journalisme frivole. C’est d’ailleurs très coloré, très pittoresque, sans prétention un air de « blague » paisible et bon enfant. […] cela est d’une vivacité d’impression et d’expression charmante. C’est du Sévigné canaille, du Sévigné… deux cents ans après »

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Henri Lavedan | World in Stories