Henri Labrouste, né à Paris le 11 mai 1801, et mort à Fontainebleau le 24 juin 1875, est un architecte rationaliste français. Après avoir séjourné six ans à Rome, il ouvrit un atelier de formation d'architectes qui devint centre du courant rationaliste. Il fut l'un des premiers à saisir l'importance du fer en architecture. Il est principalement connu en tant qu'architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, et en tant que rénovateur de la bibliothèque impériale (désormais "Richelieu", où se trouvent les départements spécialisés de la Bibliothèque nationale de France, et les bibliothèques de l'INHA et de l'Ecole des chartes).
Il est le frère de l'architecte Théodore Labrouste, prix de Rome en 1827.
Henri Labrouste, né à Paris sous le consulat est issu d’une famille de juristes bordelais favorables aux idées révolutionnaires quoique modérées. Son père, François-Marie-Alexandre Labrouste, membre du Conseil des Cinq-Cents en 1796 puis du Tribunat jusqu’en 1807, est un soutien de l’Empire. Parmi ses trois frères, Henri compte un autre architecte, Théodore, né en 1799, et Alexandre, né en 1796, célèbre directeur du Collège Sainte-Barbe (Paris).
Labrouste entre dans ce dernier établissement comme élève en 1809. Il est admis à la deuxième classe de l'École royale des beaux-arts dans l'atelier Lebas-Vaudoyer en 1819. En 1820, il accède en première classe. En compétition pour le grand prix, Labrouste arrive en deuxième position derrière le projet de Palais de justice de Guillaume Abel Blouet en 1821.
En 1823, vainqueur du prix départemental, il travaille comme sous-inspecteur sous la direction d'Étienne-Hippolyte Godde sur le chantier de l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou à Paris.
L'année 1824 est un tournant dans la vie de Labrouste. Il remporte le grand prix de Rome sur le thème d'une Cour de cassation. Il quitte en novembre Paris pour l'Italie. Sur son chemin, il s'arrête à Turin, Milan, Lodi, Plaisance, Parme, Modène, Bologne, Florence, Arezzo.
Pensionnaires de l'État pendant cinq ans, les lauréats sont logés à la villa Médicis. Dans l'étude des monuments de l'Antiquité, ils « doivent rechercher les lois des proportions pour les réduire en formules à l'usage des maîtres et des étudiants de Paris ». Cette obligation se traduit par un envoi annuel adressé à l'Académie des beaux-arts ; « exposés publiquement à Paris, ces envois consistent pour la première année, détails d'architecture relevés sur les restes d'architecture antique. Pour la deuxième année en un relevé d'ensemble (état actuel) d'un de ces édifices. Les envois de troisième et quatrième années comportent la restauration et la restitution, plus ou moins hypothétiques ou basées sur des données historiques du monument précédemment relevé et d'un autre d'importance plus considérable ».
Pour son envoi de première année, il soumet en avril sept dessins du Temple d'Antonin et de Faustine (1826). Les études romaines commencées l'année précédente nourrissent l'envoi de cette troisième année (1828) qui propose à l'aide de cinq dessins une comparaison entre le Colisée et le théâtre de Marcellus. Il séjourne la même année par deux fois à Paestum. À son retour, il commence la préparation de son envoi de quatrième année consacré aux temples de Paestum.
L'année de changement de direction de l'Académie de France à Rome (Vernet remplace Guérin en 1829), voit Labrouste visiter les tombes étrusques de Tarquinia et de Sutres mais aussi Tivoli. Il travaille à son cinquième envoi — un pont destiné à réunir la France et l'Italie — quand arrive à Rome un rapport de l'Académie des beaux-arts critiquant la restauration qu'il a faite de Paestum.
À son retour à Paris en 1830, la polémique sur la restauration des temples de Paestum prend de l'ampleur. Durant l'été, il ouvre son atelier le 1er août 1830 (professeur libre d'architecture). En 1834, Labrouste travaille avec Duban sur le nouvel aspect à donner à l'École des beaux-arts de Paris.
Le 28 juillet 1835 à Paris, son père est gravement blessé dans l'attentat perpétré par Giuseppe Fieschi contre Louis-Philippe. Il meurt deux jours plus tard, le 30 juillet 1835.
Il entretient une liaison avec Marie Joséphine Clémence Dassys (1804-1898), fille d'un modeste menuisier de Fontainebleau.
Toujours inspecteur à l'École des beaux-arts, il reçoit en 1836 le programme pour la compétition pour un asile d'aliénés à Lausanne. Nommé architecte de la décoration du pont de la Concorde à Paris, il fournit avec son frère Théodore plus de dix projets dont aucun ne sera retenu. Le projet qu'il soumet à Lausanne en 1837 remporte le premier prix, mais il ne sera pas réalisé pour autant. Labrouste concentre son activité sur les tombes du baron de Ridèle et de la famille Brunet pour le cimetière parisien de Montparnasse.
Nommé en janvier 1838 architecte des monuments historiques, Labrouste entreprend ses premiers travaux de restauration. Il est en même temps relevé de sa fonction d'inspecteur à l'École des beaux-arts dont les travaux ont bien avancé.
Parce que sa mère est opposée à son mariage avec Clémence Dassys, il se résout à cacher sa liaison aux yeux de son entourage, ainsi que les cinq enfants qu'ils ont ensemble :
Anne Marie Julie Labrouste (1838-1925), épouse Frédéric Donat Simon (1825-1887), capitaine au 26e régiment de ligne, chevalier de la Légion d'honneur ;
Charles François Napoléon Labrouste (1840-1841) ;
François Émile Pierre Labrouste (né en 1843), employé au ministère des Finances, attaché à la Caisse des dépôts et consignations, épouse Marie Weisgerber (née en 1854) ;