Ce Jour-là

Henri IV (roi d'Angleterre)

Roi d'Angleterre de 1399 à 1413

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Henri IV, né le 15 avril 1367 et mort le 20 mars 1413, est roi d'Angleterre de 1399 à sa mort. Il est également seigneur d'Irlande de 1399 à 1413, et revendique les prétentions de son grand-père Édouard III sur le trône de France, en pleine guerre de Cent Ans. Il voit le jour au château de Bolingbroke dans le Lincolnshire, ce qui lui vaut son autre nom, Henri (de) Bolingbroke.

Son père, Jean de Gand, troisième fils d'Édouard III, jouit d'une influence considérable pendant le règne de son cousin Richard II, qu'Henri finit par renverser. Henri inaugure le règne de la maison de Lancastre, une branche cadette des Plantagenêt qui se maintient sur le trône jusqu'en 1461. Il est le premier roi d'Angleterre ayant la langue anglaise comme langue maternelle depuis l'invasion de Guillaume le Conquérant.

Henri, né le 15 avril 1367, est le fils de Jean de Gand et de Blanche de Lancastre. Par son père, il est le petit-fils du roi Édouard III d'Angleterre. Il naît au château de Bolingbroke, dans le comté de Lincolnshire. Pour cette raison, il est surnommé « Henri Bolingbroke ». Sa mère meurt dès 1368. Son père se remarie avec Constance de Castille en 1371 puis avec sa maîtresse Katherine Swynford en 1396. Richard II légitime en 1397 les enfants de Jean de Gand et de Katherine sous le nom de Beaufort.

Henri avait de bonnes relations avec sa belle-mère Katherine mais ses relations avec ses demi-frères varièrent au fil du temps. Dans sa jeunesse, il sembla avoir été proche d'eux, mais il entra en conflit avec ses demi-frères, le cardinal Beaufort et Thomas Beaufort à partir de 1407, date à laquelle il les déclara inéligibles au trône. Son beau-frère Ralph Neville (1er comte de Westmorland) resta un de ses plus fidèles compagnons, tout comme son demi-frère Jean Beaufort ou Thomas Swynford, fils de Katherine par un premier mariage. Thomas était connétable au château de Pontefract, lorsque le roi Richard II y mourut mystérieusement en février 1400.

Membre des Lords Appellant et exil

Enfant, Henri devient un camarade de jeux de son cousin Richard de Bordeaux. Ce dernier accède au trône à la mort d'Édouard III en 1377, date à laquelle Henri est fait comte de Derby. Il devient comte de Northampton en 1384 puis duc d'Hereford en 1397 sur une ordonnance de Richard II, et entre à la Chambre des lords en 1385. D'abord fidèle à Richard au début de son règne, Henri se démarque en 1387 en devenant un des membres des opposants aux excès du roi : les Lords Appellant. Le 19 décembre 1387, il défait les troupes royales menées par Robert de Vere à la bataille de Radcot Bridge. Cette victoire permet aux Lords Appellant d'éliminer le cercle de favoris du roi à la suite de l'Impitoyable Parlement en 1388. Richard reprend le contrôle du pouvoir en mai 1389.

Henri quitte l'Angleterre de 1389 à 1393. En 1390, il combat avec 300 chevaliers de l'ordre Teutonique lors du siège de Vilnius (en). Il effectue ensuite un pèlerinage à Jérusalem. Il fait alors le vœu de délivrer cette ville « des infidèles », ce qu'il ne peut cependant jamais réaliser. Il rend visite aux rois de Bohême Venceslas et de Hongrie Sigismond en 1391. En 1392, il reste quelque temps à la cour du duc d'Autriche Albert III puis part à Venise et à Rhodes avant de rentrer en héros en Angleterre en 1393. Il acquiert alors une grande popularité pour son courage et sa piété auprès du peuple, du clergé et de la noblesse. En 1395, il fait partie du conseil de régence présidé par son oncle Edmond de Langley, duc d'York, pendant l'absence du roi en Irlande.

En 1397, les trois principaux Lords Appellant — Thomas de Woodstock, 1er duc de Gloucester, l’oncle de Richard II, Richard FitzAlan, 4e comte d'Arundel et Thomas de Beauchamp, 12e comte de Warwick — sont arrêtés et condamnés à mort ou emprisonnés mais Bolingbroke est épargné par son cousin Richard. En septembre 1398, Henri entre en conflit avec Thomas de Mowbray, ce dernier l'accusant de trahison. La dispute devait être réglée par un duel mais au dernier moment, Richard intervint et prononça des peines d'exil : 10 ans pour Bolingbroke, à vie pour Norfolk. Henri se réfugie en octobre 1398 à Paris puis en Bretagne. À la mort de Jean de Gand le 3 février 1399, Henri est dépossédé de ses biens, mais succède cependant à son père aux titres de comte de Lancastre, de Leicester et de duc de Lancastre.

Le 4 juillet 1399, il débarque secrètement à Ravenspurn dans le Yorkshire. Des hommes venus des quatre coins du pays se rallient bientôt à lui. La plupart des chevaliers et hommes de confiance du roi l’ont suivi en Irlande, et Henri ne rencontre pas réellement de résistance lors de sa campagne vers le sud. Edmond de Langley, chargé de protéger le royaume en l’absence du roi, n’a guère d’autres solutions que de prendre le parti d’Henri. Pendant ce temps, le retour d’Irlande de Richard est retardé et il débarque au pays de Galles seulement le 24 juillet. Il prend alors la direction de Conwy où il rencontre le comte de Northumberland le 12 août pour négocier. Une semaine plus tard, Richard II se rend à Henri au château de Flint contre la promesse d’avoir la vie sauve. Les deux hommes rentrent alors à Londres, le roi prisonnier faisant toute la route derrière Henri. À son arrivée le 1er septembre, il est enfermé dans la tour de Londres.

Henri est maintenant fermement résolu à monter sur le trône, mais il lui faut justifier cette action. Il est souvent dit que Richard, du fait de sa tyrannie et de sa mauvaise gouvernance, s’est rendu lui-même indigne d’être roi. Toutefois, Henri n’est pas le mieux placé dans l’ordre de succession au trône ; l’héritier est en fait Edmund Mortimer, qui descend du second fils d’Édouard III, Lionel d'Anvers. Le père d’Henri, Jean de Gand, n’est que le troisième fils d’Édouard III. Il règle ce problème en soulignant le fait qu’il descend d’une ligne directe « mâle » tandis que Mortimer est héritier par sa grand-mère. Officiellement, Richard accepte volontairement de laisser sa couronne à Henri le 29 septembre. Le Parlement réuni le 30 septembre accepte l'abdication de Richard.

Henri IV est couronné en l'abbaye de Westminster à Londres le 13 octobre 1399 par Thomas Arundel, archevêque de Cantorbéry. Lors de son intronisation, il s'adresse pour la première fois aux nobles en anglais depuis 1066. Il passe la majeure partie de son règne à réprimer des rébellions de nobles ou des complots. Pendant l'hiver 1400-1401, il reçoit la visite de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue ; Henri lui donne 3 000 marks pour se défendre contre les attaques de l'Empire ottoman, notamment lors du siège de Constantinople, finalement levé en 1402.

La destinée exacte de Richard après sa destitution n’est pas très claire. Il reste dans la tour de Londres avant d’être emmené au château de Pontefract en octobre 1399. Bien que le roi Henri lui ait, dans un premier temps, promis la vie, il change rapidement d’avis lorsqu'il découvre en décembre 1399 un complot organisé par les anciens favoris de Richard, mécontents d'avoir été privés de leurs titres, visant à l'assassiner et à restaurer Richard au pouvoir. Les conjurés s'enfuient vers les marches galloises mais sont appréhendés par les autorités locales. Ils sont tous exécutés en janvier 1400.

Bien qu’il l’ait anticipé, ce complot montre les risques qu’encourt Henri s’il laisse Richard en vie. Richard meurt en captivité aux alentours du 14 février 1400, bien que de sérieux doutes planent quant à la date exacte et la cause réelle de sa mort. Le corps est emmené dans la cathédrale Saint-Paul le 17 février, avant d’être enterré dans l’église de Kings Langley le 6 mars. Des rumeurs selon lesquelles Richard serait toujours en vie persistent un temps, mais ne gagnent jamais vraiment de crédit en Angleterre. En Écosse, un homme identifié comme Richard est logé dans le château de Stirling par le duc d’Albany Robert Stuart et se dit être un personnage important, responsable de plusieurs intrigues lollards et contre la dynastie des Lancastre en Angleterre. Il est décrit comme un mendiant au moment de sa mort en 1419. Il est toutefois enterré comme un roi dans le monastère dominicain de Stirling.

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