Ce Jour-là

Henri IV (empereur du Saint-Empire)

Empereur du Saint-Empire de 1084 à 1105

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Henri IV (né le 11 novembre 1050 vraisemblablement au palais de Goslar en Saxe et mort à Liège le 7 août 1106) fut empereur du Saint-Empire de 1084 à 1105. Il appartient à la dynastie des Saliens.

Le 17 juillet 1054 à Aix-la-Chapelle, son père, Henri III du Saint-Empire, le couronne roi associé des Romains. À la mort de celui-ci en octobre 1056, il règne en tant que roi des Romains sous la régence de sa mère, Agnès d'Aquitaine, jusqu'en 1062, puis jusqu'à sa majorité en mars 1065 sous la régence d'Annon, archevêque de Cologne. Le 31 mars 1084 à Rome, il est couronné empereur par l'antipape Clément III. En 1105, son fils cadet Henri, bénéficiant de l'appui du pape Pascal II, se rebelle et le force à abdiquer le 31 décembre.

Henri IV, le troisième empereur de la dynastie franconienne issue des Francs saliens, est un des souverains les plus controversés du Moyen Âge. Ses multiples revers de fortune ont intrigué les chroniqueurs de son époque mais aussi des générations d'historiens. Son opposition au pape Grégoire VII et la pénitence de Canossa constituent des événements essentiels de la querelle des Investitures.

Relations entre l'Église et l'Empire à la naissance d'Henri IV

Depuis sa fondation en 962, le « Saint-Empire romain » est entravé d'abord par le peu d'institutions sur lesquelles l'empereur peut asseoir son autorité, ensuite par la faiblesse de ses revenus, les empereurs ne disposant que de leurs propres domaines pour financer leur politique. De plus, le choix de l'empereur ne dépend que de l'élection des princes germaniques et du couronnement par le pape à Rome.

Otton Ier transforme les ducs en vassaux qui sont à son entière disposition et s'appuie sur le clergé pour administrer l'Empire. Il prend l'habitude de nommer les évêques à qui il donne l'investiture temporelle et spirituelle. Ses successeurs continuent la même politique. L'empereur porte alors le titre de rex et sacerdos, « roi et prêtre », c'est-à-dire protecteur de l'Église. En outre, les empereurs prennent soin de faire élire, de leur vivant, leur fils comme successeur afin d'assurer une certaine continuité dynastique. Après le couronnement impérial d'Otton Ier par le pape Jean XII, la collaboration étroite entre les deux pouvoirs se fait, dès lors, à l’avantage de l’empereur. Ce dernier contrôle alors totalement l’élection du pape et renforce encore son contrôle sur le clergé local.

Mais au milieu du XIe siècle, des voix s'élèvent contre les maux dont souffre l'Église, les premiers étant l'immoralité et l'incompétence du clergé. Henri III du Saint-Empire, proche des Clunisiens, est sensible à la dégénérescence morale de l'Église et favorable à la réforme monastique préconisée par Cluny. Henri III introduit aux synodes de Sutri et de Rome de 1046 un mouvement de réforme de l'Église, qui est soutenu par des papes réformateurs comme Clément II, élu après la destitution des papes concurrents Benoît IX, Grégoire VI et Sylvestre III. Il favorise l'élection au trône pontifical d'un candidat réformateur Léon IX en 1048. Celui-ci fait venir dans son entourage le moine Humbert de Moyenmoutier qui défend l'idée selon laquelle la racine des maux du clergé est institutionnelle : elle est due à la pratique des investitures laïques, le prince laïc choisissant toujours le candidat qui lui sera plus fidèle. Il affirme que toute investiture laïque est simoniaque qu'elle soit le fruit d'un échange marchand ou non.

De nombreux synodes ont martelé que les clercs ne devaient en aucun cas accepter de charge de la part d'un laïc, avec ou sans versement d'argent.

Le 11 novembre 1050, à la résidence impériale de Goslar, naît « enfin » (selon le mot du chroniqueur Herman de Reichenau) l'héritier tant désiré par l'empereur Henri III et par sa seconde épouse Agnès d'Aquitaine. Ils lui donnent tout d'abord le nom de son grand-père, Conrad. Mais l'abbé Hugues de Cluny insiste pour qu'ils le prénomment Henri. Afin que l'abbé de la réforme clunisienne puisse être le parrain de l'héritier, on repousse le baptême, qui a lieu à Cologne, jusqu'aux Pâques suivantes.

Dès Noël 1050, Henri III a fait jurer aux princes qu'ils resteraient fidèlement soumis à son héritier. En novembre 1053, il convoque une assemblée d'Empire à Tribur dans le but d'élire roi le jeune Henri alors âgé de trois ans. À vrai dire, les princes se bornent à lui jurer fidélité à la condition qu'il se révèle être un souverain juste.

Au mois de novembre suivant, Henri est nommé duc de Bavière. Il est sacré roi de Germanie à Aix-la-Chapelle le 17 juillet 1054 par l'archevêque Hermann de Cologne ; le duché de Bavière revient alors à son frère cadet Conrad. À Noël 1055, à Zurich, il est fiancé à Berthe de Turin (1051-1087) : Henri III entend ainsi créer dans les Alpes un contrepoids à son rival Godefroy le Barbu en s'alliant par mariage à la maison de Canossa-Toscane.

Léon IX meurt en 1054, mais une délégation romaine comprenant Hildebrand (le futur Grégoire VII) parvient à convaincre Henri III de choisir Victor II, le parti réformateur reste donc dans l'entourage du Saint-Siège, pour autant le pape reste désigné par l'empereur.

Peu avant sa mort, survenue brusquement le 5 octobre 1056, en présence du pape Victor II qui séjourne à ce moment-là dans l'entourage de l'empereur, Henri III exige des princes d'Empire qu'ils élisent son fils et lui rendent hommage. Après avoir présidé aux obsèques impériales le 28 octobre 1056, Victor II est, le 5 novembre suivant, le principal artisan de l'élection du jeune fils d'Henri III, âgé de 6 ans, comme roi de Germanie, sous le nom d’Henri IV. Le pape met aussi en place la régence d'Agnès d'Aquitaine, veuve de l'empereur. Victor achève la réconciliation avec Godefroy le Barbu, duc de Basse-Lotharingie et de Toscane entré en conflit avec Henri III.

Le pouvoir est assumé par la régente Agnès de 1056 à 1061. Cette dernière est proche du mouvement clunisien : le monastère de Cluny est une fondation de sa famille et Hugues, son abbé, confident intime de la famille impériale, est aussi le parrain de l'héritier du trône, le futur Henri IV. Pleine de bonne volonté et très pieuse, Agnès n'a pas l'autorité politique de son mari et doit concéder de nombreuses possessions aux ducs afin de conserver leur fidélité. Elle est, durant sa régence, fortement influencée par les hommes d'église tels que Annon II de Cologne, Sigefroi Ier de Mayence et Henri d'Augsbourg. Elle est conseillée par des nobles de rang inférieur et des ministériels, ce qui suscite la désapprobation de la haute noblesse de l'Empire. Agnès se montre cependant incapable de trouver une issue satisfaisante aux querelles de succession du trône de Hongrie en 1060.

En inféodant le duché de Souabe (ainsi que l'administration de la Bourgogne) à Rodolphe de Rheinfelden, le duché de Bavière à Otton de Northeim et celui de Carinthie à Berthold de Zähringen, elle investit sans le savoir les principaux futurs opposants de son fils. On reproche à Agnès d'entretenir une relation avec son principal conseiller, l'évêque Henri d'Augsbourg. Elle n'a jamais pu « écarter le soupçon d'un amour coupable, parce que la rumeur disait qu'une relation si familière ne pouvait résulter d'un commerce honnête », selon le chroniqueur Lambert de Hersfeld.

Pendant la régence, les relations entre l'Église et l'Empire évoluent en défaveur de ce dernier. Au décès de Victor II, en 1057, les réformateurs, profitant de la minorité d’Henri IV, élisent comme pape Étienne IX sans qu'Agnès ne soit mise au courant. Le nouveau souverain pontife est le frère de Godefroy le Barbu : un refus de la régente pourrait déclencher une nouvelle rébellion des grands vassaux. Le nouveau pape s'oppose à la nomination du pape par l'empereur. En 1058, le cardinal-évêque de Silva Candida, Humbert de Moyenmoutier, rédige un traité condamnant la simonie. Il dénie à Henri IV le droit d'intervenir dans la nomination des évêques. Il proclame la prééminence du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. Étienne IX est assassiné après seulement huit mois de pontificat.

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