Henri Hauser, né le 19 juillet 1866 à Oran, mort le 27 mai 1946 à Montpellier, est un historien français (spécialiste du XVIe siècle, de la Réforme et de la Contre-Réforme), géographe, économiste et humaniste. Il a enseigné l'histoire économique dans de nombreuses universités, dont la Faculté des lettres de Paris de 1921 à 1936.
Henri Hauser est issu d'une famille bourgeoise d'origine juive et de tradition laïque et républicaine.
Son père, Auguste Hauser, né en 1814 à Besançon, mort en 1884 à Chelles (département de Seine-et-Marne), est négociant. En 1860, il épouse à Paris (1er arrondissement) sa nièce, Zélia Aron, née en 1840 à Besançon. Une dispense est accordée par l’empereur Napoléon III pour permettre ce mariage consanguin théoriquement interdit par le code civil.
La mère d'Henri Hauser est la nièce d'Henry Aron, journaliste.
La famille tout d'abord, installée à Oran à la recherche d'un climat favorable pour la santé de leur mère, déménage à Marseille en 1870.
En 1872, ils s'installent à Saint-Denis, où son père ouvre un magasin de tailleur. Henri Hauser suit sa scolarité à la pension Lavalant, puis au lycée Fontanes-Condorcet, la partie collège du lycée Condorcet où il poursuivra ses études secondaires.
Henri Hauser et son frère perdent leur mère Zélia Aron à cause d'une tuberculose en 1879 puis son père en 1884. Henry Aron, son oncle normalien directeur du Journal officiel, le plus jeune frère de sa mère devient son tuteur et jouera un rôle déterminant dans la carrière d'Henri.
En 1885, Henri Hauser est reçu à l'École normale supérieure où il suit l'enseignement de Paul Vidal de la Blache, enseignant de géographie et sous-directeur de l'École. En 1888, il est reçu, le premier sur seize, à l'agrégation d'histoire et géographie.
Le 21 mai 1892, il soutient ses deux thèses de doctorat ès lettres à la Faculté de Paris. La première, en français, s'intéresse à François de La Noue, vaillant guerrier du XVIe siècle luttant avec honneur pour sa foi protestante. La deuxième, en latin, traite de Cléon en tant que démagogue.
Après l'obtention de l'agrégation, Henri Hauser est nommé professeur au lycée de Bourges puis à Pau et Poitiers. En 1893, il devient chargé de cours de l'Antiquité et du Moyen Âge à la l'université de Clermont-Ferrand. Historien, il est spécialiste de la Renaissance, de la Réforme et de la Contre-Réforme.
Entre 1909 et 1912, Hauser est professeur à l'université de Dijon (1902-1916), où il enseigne l'histoire et la géographie modernes. À partir de 1919, il est chargé de cours d'histoire économique des temps modernes et contemporains à la faculté des lettres de Paris, puis professeur d'histoire économique dans la même faculté en 1927. En 1923, Hauser donne des conférences à la Harvard Business School, au King's College de Londres et à la London School of Economics.
Il est nommé professeur d'histoire économique à la faculté des lettres de Paris en 1921. Il fut également titulaire de la chaire de géographie commerciale et industrielle au CNAM de 1918 à 1933. Une chaire d'histoire économique des temps modernes et contemporaines est créée pour lui à la faculté des lettres de Paris en 1927. Henri Hauser prend sa retraite académique en 1936 et devint professeur Honoraire. Marc Bloch lui succède.
Il dirige la thèse de Fernand Braudel.
Activités de recherche et institutionnelles
Henri Hauser s'est intéressé à l'histoire de la Réforme, l'histoire économique et sociale des périodes moderne et contemporaine, l'histoire politique, histoire des relations internationales, géographie. Il a contribué à théoriser le domaine des sciences sociales en France, comme un ensemble pluridisciplinaire, et est considéré comme étant l’un des pères spirituels de l'École des Annales. Il a également écrit de nombreux ouvrages scolaires de géographie.
Il s'intéresse à la géographie et à l'économie contemporaine, et il co-crée la Société de géographie commerciale de Paris avec son frère Félix-Paul Hauser sur la partie concernant les Colonies.
Il participe aussi au gouvernement de l'époque avec Étienne Clémentel en tant que conseiller.
Ses activités académiques internationales sont nombreuses. Ainsi, il participe en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. En 1929, il fait partie des membres fondateurs du Comité international d'histoire des prix, dirigé par William Beveridge, et pour lequel il assure la coordination de la branche française.