Ce Jour-là

Henri Guillemin

Historien et homme de radio et de télévision français

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Henri Guillemin, né le 19 mars 1903 à Mâcon (département de Saône-et-Loire) et mort le 4 mai 1992 à Neuchâtel (canton de Neuchâtel, Suisse), est un professeur d'université, historien, conférencier, critique littéraire et homme de radio et de télévision français. Il publie aussi sous le pseudonyme de Cassius.

Chrétien de gauche, il est proche de Marc Sangnier et de François Mauriac. Étudiant à l’École normale supérieure, agrégé de lettres en 1927, il consacre sa thèse au roman Jocelyn d'Alphonse de Lamartine, enseigne à l'université du Caire entre 1936 et 1938, puis à l'université de Bordeaux jusqu'en 1942. Sous l'Occupation, il fuit la France et gagne la Suisse. Il devient attaché culturel à l'ambassade de France jusqu'en 1962.

Il enregistre plusieurs séries d'émissions consacrées à l'histoire diffusées entre 1958 et 1973 par la Télévision suisse romande, et par la Radio-télévision belge et Radio-Canada. Ses conférences et ses émissions lui assurent, de son vivant, une popularité importante en Suisse. Leur partage sur YouTube à partir des années 2010 rencontre du succès.

Henri Guillemin affirme prendre le contre-pied d'une « histoire bien-pensante ». Il loue des figures comme Jean Jaurès ou Maximilien de Robespierre et attaque des personnalités comme Napoléon Bonaparte, Benjamin Constant ou Voltaire. Plusieurs historiens reconnaissent son talent d'écrivain et son éloquence mais remettent en question sa méthodologie historique en soulignant sa partialité, son « manichéisme politique » ou son inclination pour les interprétations complotistes de l'Histoire.

Henri Philippe Joseph Guillemin est né en 1903 à Mâcon, rue Lacretelle.

Son père, Philibert Joseph Guillemin, né en 1865 à Navilly, est agent voyer à Lugny puis à Tournus. Il épouse, en 1892 à Louhans, Louise Hortense Thénoz, née en 1870. Le père d'Henri Guillemin a des convictions républicaines et anticléricales, tandis que sa mère est catholique pratiquante ; il affirme avoir souffert de cette divergence.

Sa sœur aînée, Marie-Louise-Angèle Guillemin, née en 1895 à Lugny, morte en 1985 à Roanne (Loire), épouse, en 1928, Marcel Dubois de Prisque, interne des hôpitaux de Lyon et fils de médecin.

En 1928, Guillemin épouse, à Bordeaux, Marie Jacqueline Thérèse Rödel, née en 1910 dans le 6e arrondissement de Paris, morte en 2001. Leur témoin de mariage est François Mauriac. De leur union naissent cinq enfants : François (1929-1931), Philippe (1932-2021), Françoise (1933), Mariannick (1938) et Michel (1943).

Son beau-père, Jacques Rödel, est secrétaire du mouvement Le Sillon. Son beau-frère, Henri Rödel, né en 1916 à Bordeaux, est résistant sous l'Occupation, déporté et fusillé en 1945 à Marienberg (Allemagne) lors des marches de la mort.

Henri Guillemin effectue ses études secondaires à Mâcon au lycée Lamartine, puis ses études supérieures en classes préparatoires littéraires à Lyon au lycée du Parc, où il suit notamment les cours de Pierre Lachièze-Rey, proche de Maurice Blondel.

En 1923, il est reçu à l’École normale supérieure. Il y côtoie Paul Nizan, Jean-Paul Sartre et Pierre-Henri Simon, avec lequel il reste ami malgré leurs divergences idéologiques. La même année, il devient secrétaire particulier de Marc Sangnier, fondateur du mouvement Le Sillon de tendance catholique sociale.

En 1927, il est reçu cinquième à l'agrégation de lettres. La même année, il est réformé du service militaire, souffrant d'hémoptysie et d'insuffisance respiratoire.

Entre 1928 et 1936, Henri Guillemin enseigne la littérature dans divers lycées et écrit une thèse sur le roman en vers Jocelyn d'Alphonse de Lamartine, sous la direction de Daniel Mornet.

En octobre 1936, il est nommé professeur à l’université du Caire. En 1938, il obtient un poste à l'université de Bordeaux.

À partir de 1940, il donne des conférences à Lausanne (canton de Vaud), en Suisse, sur Lamartine.

Vichy et la polémique sur Rousseau

Pascale Pellerin, enseignante-chercheure spécialiste de la philosophie des Lumières, juge que « Guillemin, sans s’être engagé contre l’Occupation, entretient des liens d’amitié avec Mauriac » et mentionne que son beau-frère Henri Rödel, résistant, a été fusillé.

En 1942, Guillemin publie l'ouvrage Cette affaire infernale. Traitant de la rupture entre les philosophes Jean-Jacques Rousseau et David Hume, le livre est récompensé par l'Académie française du prix Montyon.

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