Stanislas-Charles-Henri-Laurent Dupuy de Lôme, né au château de Soye à Ploemeur le 15 octobre 1816 et mort à Paris 1er le 1er février 1885, est un ingénieur militaire du génie maritime et homme politique français.
Il est le fils du capitaine de frégate Claude Henri Dupuy de Lôme (1781-1854) et de Laurence Jeanne Julienne Esnoul Deschâteles (1786-1854), petite nièce du philosophe Julien Offray de La Mettrie et fille d'un important armateur de la puissante Compagnie des Indes du port de Lorient. Il est également l'oncle d'Enrique Dupuy de Lôme, ambassadeur d'Espagne aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, auteur d'une lettre adressée aux autorités espagnoles diffamant le président McKinley qui contribua au déclenchement en 1898 de la guerre hispano-américaine.
Après ses études faites au collège de Lorient, il est reçu à l’École polytechnique le 20 octobre 1835.
Il épouse, le 1er septembre 1846, à Toulon, Claire Laurence Dorothée Aubert (1821-1901). Le couple aura trois enfants : Laurence Claire (1847-1943), Cyprien Georges Henri Laurent (1850-?) et Marie Aglaë Henriette (1859-1944).
À sa sortie de l'École polytechnique, il rejoint le corps militaire des ingénieurs du génie maritime. Il se rend en Angleterre pour étudier les derniers perfectionnements des constructions navales. Il publie, en 1844, un plaidoyer en faveur de la construction métallique d'un navire : Mémoire sur la construction des bâtiments en fer. Ce mémoire a décidé le gouvernement de mettre en chantier des navires de ce type.
Il est l'auteur de nombreuses inventions dans le domaine de la construction navale, notamment :
le premier navire de ligne à vapeur au monde, le Napoléon, lancé en 1850.
le développement du procédé de la cuirasse avec la Gloire, premier vaisseau cuirassé d'Occident (1852).
la conception, avec son ami Gustave Zédé, du premier sous-marin véritablement opérationnel, le Gymnote, lancé en 1888, soit trois ans après sa mort.
Son esprit inventif ne s’est pas limité au seul domaine maritime :
Lorsqu'on songea à monter des canons de marine sur wagons, c'est Dupuy de Lôme qui en dessina les plans : le premier train blindé était né.
Durant la guerre de 1870, le gouvernement de la Défense nationale lui confie la mise au point d'un aérostat dirigeable mu par une hélice actionnée par l'effort de huit marins, se relayant par équipe de quatre toutes les demi-heures, dans la nacelle. Mais il n'a pas le temps de le mettre au point avant la chute de Paris et l'essai de l'aérostat dirigeable n'a lieu qu'en février 1872. Gaston Tissandier relate et surtout relativise l’événement en le comparant défavorablement à celui d'Henri Giffard dans une monographie parue la même année. Les frères Tissandier, Albert et Gaston, mettront au point un dirigeable à moteur électrique, mais c'est le dirigeable La France qui va accomplir la première mondiale en 1884, d'un vol en circuit fermé, avec Arthur Krebs et Charles Renard.
En 1857, Dupuy de Lôme est appelé à la direction des constructions navales et du matériel au ministère de la Marine. Il conçoit pour l'arsenal de Cherbourg le nouveau yacht impérial de l'Empereur, L'Aigle. En 1861, il est nommé conseiller d'État hors section et est chargé de défendre devant les Chambres le budget de la marine. Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1866. Il est député du Morbihan de 1869 à 1870 et sénateur inamovible de 1877 à 1885.
Le 10 juin 1869, Dupuy de Lôme prend sa retraite de la fonction publique et, appelé par son ami Armand Béhic, entre au conseil d'administration des Messageries impériales comme vice-président. Durant seize ans, il prend la direction de deux importantes compagnies : les Messageries maritimes et les Forges et chantiers de la Méditerranée. Il rend d'éminents services, tant à la Marine marchande qu'à la Marine de guerre, par le biais des chantiers navals de La Ciotat et de La Seyne-sur-Mer.
En 1869, il félicite également l'artiste Ignace-François Bonhommé pour ses dessins de l’arsenal de Toulon.
Dupuy de Lôme est mort d’un cancer, à son domicile, au 374 rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement de Paris, le 1er février 1885. Ses obsèques n’eurent lieu à Toulon que le 29 novembre 1885. Plus de 2 000 personnes y assistaient, dont tous les ingénieurs du génie maritime. Derrière le cercueil, un ouvrier portait sur un coussin de velours noir les nombreuses décorations du défunt. Victor Legrand, directeur des constructions navales, prononça un discours dans lequel il retraça les grandes étapes de la vie de l'illustre ingénieur. Après la cérémonie religieuse, il fut enterré au cimetière central de Toulon.
Deux statues ont été érigées en son honneur, l'une à Lorient, l'autre à La Ciotat. Cette dernière a été envoyée à Lorient au début des années 1960. Une plaque commémorative orne également un pilier d'entrée de sa maison natale à Ploemeur. Depuis 2016, en commémoration de son bicentenaire, un buste fabriqué avec la technologie d'impression 3D est présent au domaine de Soye.
« Quand on a en tête des innovations aussi considérables, il faut attendre l'occasion favorable de les faire réussir; autrement on se brise, sans profit pour personne, contre l'étonnement des gens que rien n'a préparés à vous entendre. »