Ce Jour-là

Henio Żytomirski

Henio Żytomirski (he. הניו ז'יטומירסקי), né à Lublin le 25 mars 1933 et mort le 9 novembre 1942, est un garçon juif polo

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Henio Żytomirski (he. הניו ז'יטומירסקי), né à Lublin le 25 mars 1933 et mort le 9 novembre 1942, est un garçon juif polonais tué dans la chambre à gaz du camp de concentration de Majdanek. Il est l'un des symboles de la Shoah en Pologne.

Les faits connus de l'histoire de la famille Żytomirski sont très fragmentaires. Le grand-père d'Henio, Froïm Żytomirski, vient de Medjybij (Ukraine) et sa femme Chaya (Mełamed) vient de Riga (Lettonie). Ils se sont connus à la fin du XIXe siècle à Varsovie où Froïm s'engage dans la communauté juive. Après la Première Guerre mondiale, dans les années 1920, le couple déménage à Lublin avec ses enfants. La famille de Chaya reste à Varsovie et la sœur de Froïm, Lena, émigre aux États-Unis. Froïm Żytomirski tient un magasin de papeterie à Lublin.

Son fils Szmuel se marie avec Sara Oxman et suit des études pour devenir enseignant. Il est adepte d'un nouveau mouvement dans l'enseignement juif - Tarbut (des écoles laïques organisées sur le modèle des écoles polonaises de l'époque mais spécialisées dans l'hébreu). Szmuel est d'abord professeur dans une école juive à Varsovie, puis il ouvre une école primaire à Bychawa, tout en continuant à travailler à Lublin. Szmuel enseigne l'histoire et la littérature tandis que Sara tient le magasin. En 1933 naît leur fils Henio.

La fille de Froïm, Sonia, se marie avec Józef Kornberg et ils déménagent à Kazimierz Dolny. En 1936 naît leur fils Abraham. Deux filles de Froïm, Esther et Rachela, restent célibataires.

Comme son père Froïm et son frère Szmuel, Léon Żytomirski est un adepte du sionisme. En 1937, il émigre en Palestine. Là, il se marie probablement avec Chana (Hochberg). La famille Żytomirski planifie aussi l'émigration mais n'y réussit pas à cause de l'occupation de la Pologne. Léon Żytomirski est le seul membre de la famille à avoir survécu à la guerre.

Les détails de la vie d'Henio Żytomirski sont connus grâce à la fille de Leon, Neta Żytomirska-Avidar, une peintre de Netanya. En 2001, elle est allée à Lublin avec certaines lettres et photos que la famille Żytomirski avait envoyées à Léon en Palestine. À Lublin, elle a visité le centre local « Brama Grodzka – Teatr NN » dont l'une des occupations est la commémoration du passé juif de la ville. Après cette visite, Neta a décidé d'envoyer le reste des documents familiaux à Lublin.

Henio Żytomirski est né le 25 mars 1933 à Lublin. Il est l'enfant unique dans la famille. En septembre 1937, il va à l'école maternelle. En 1938, il passe ses vacances d'été à Rudy (powiat de Puławy, Pologne). Sa cousine le décrit comme un enfant actif et vif. Les photos reproduisent presque chaque année de la vie d'Henio jusqu'à 6 ans. Sa dernière photo est prise le 5 juillet 1939 sur les marches d'une banque à Lublin. Sur la photo, Henio, portant un polo blanc, un short tartan et des chaussettes à rayures, sourit timidement à la caméra.

En été de 1939, il apprend à faire du vélo et se prépare pour l'école qui commence en septembre. Le père d'Henio veut qu'il apprenne l'hébreu afin d'émigrer en Palestine. Cependant, la Seconde Guerre mondiale commence.

Après le début de la guerre, Shmuel va à Lviv pour obtenir le permis de quitter le pays. N'ayant pas réussi, il retourne à Lublin. Le 24 mars 1941, il est ordonné à la famille de quitter son appartement au numéro 3 de la rue Szewska et de s'établir dans le ghetto de Lublin à leur nouvelle adresse - rue Kowalska 11. Shmuel travaille au Judenrat et devient le premier directeur du bureau de poste du ghetto. Les tantes d'Henio, Rachela et Esther, travaillent dans le ghetto tandis que sa mère travaille à la maison. Son grand-père tient le magasin jusqu'à sa mort du typhus le 10 novembre 1941. Son dernier souhait est d'être enterré près de la porte du cimetière pour être le premier à voir Lublin libéré. Pourtant, sa tombe est détruite en 1943 au cours de la liquidation du cimetière.

Vers le 16 avril 1942, toutes les femmes de la famille sont transférées au camp de Belzec dans le cadre de l'opération Reinhard. Elles sont probablement tuées dans les chambres à gaz peu après leur arrivée. Henio et son père sont transférés au ghetto à Majdan Tatarski.

La date où la dernière lettre de Szmuel Żytomirski qui mentionne Henio est écrite est inconnue. Le cachet postal du siège genevois de la Croix-Rouge est daté du 8 janvier 1943 :

« Cher Léon ! J'ai reçu les félicitations et suis très touché. Notre père est mort le 10 novembre 1941. Je suis avec Henio. Dis bonjour à Chana et toute ma famille pour moi. Samuel »

Après la liquidation du ghetto à Majdan Tatarski le 9 novembre 1942, les prisonniers sont déportés au camp de Majdanek. Le même jour, Henio est probablement assassiné, à 9 ans, dans la chambre à gaz avec les autres enfants et les personnes âgées.

Son père est déporté au camp à Wieniawa (aujourd'hui un quartier de Lublin) pour construire un stade sur le lieu du cimetière juif détruit. Dans sa dernière lettre à la famille envoyée le 19 mars 1943, Szmuel n'écrit que sur lui-même puisque les autres membres de la famille sont déjà morts. Les détails sur la mort de Szmuel restent inconnus mais il n'a pas survécu à la guerre. Il est fort probable qu'il ait été fusillé dans le cadre de l'opération Erntefest.

Henio Żytomirski est aujourd'hui l'un des symboles de la Shoah en Pologne.

Grâce à la reconstruction des détails de la vie et de la mort d'Henio, le centre « Brama Grodzka – Teatr NN » a notamment élaboré plusieurs projets visant à la commémoration de sa vie.

Le projet « Listy do Henia » (en français : Lettres à Henio) est la suite d'un autre projet de « Brama » - « Listy do getta » (fr. Lettres au ghetto). Depuis 2001, chacun peut envoyer des lettres à des adresses aléatoires du ghetto de Lublin, détruit par les nazis en 1942. La poste retourne ces lettres aux envoyeurs avec une marque « Destinataire Inconnu ». En 2002, Henio devient l'un des destinataires des lettres et ensuite - le destinataire principal : « Il est impossible de se souvenir de 40 000 victimes de la Shoah. Souvenons-nous au moins d'une. »

Depuis 2005, chaque année, le 19 avril, la reproduction de la dernière photo d'Henio est installée à l'entrée de la banque Pekao (Krakowskie Przedmieście 64), l'endroit où sa dernière photo a été prise. Au même endroit est mise en place une boîte aux lettres pour envoyer des lettres à Henio. Avant cet événement, les élèves de Lublin suivent une leçon sur la Shoah expliquée à travers la vie d'un enfant particulier.

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