Ce Jour-là

Helmut Schmidt

Homme d'État allemand

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Helmut Heinrich Waldemar Schmidt , né le 23 décembre 1918 à Hambourg et mort le 10 novembre 2015 dans la même ville, est un homme politique allemand, membre du Parti social-démocrate (SPD).

Porté à la présidence du groupe SPD au Bundestag en 1967, il renonce à ce poste deux ans plus tard pour devenir le premier social-démocrate au poste de ministre fédéral de la Défense d'Allemagne de l'Ouest. En 1972, Willy Brandt le nomme ministre fédéral de l'Économie et des Finances, mais le ministère de l'Économie reprend son autonomie dès la fin de cette année.

En 1974, il succède à Willy Brandt comme chancelier fédéral et occupe ce poste jusqu'au départ des libéraux de sa coalition, en 1982. Avec plus de huit ans passés à la tête du gouvernement, il détient le record de longévité des chanceliers issus du SPD.

Helmut Schmidt naît à Hambourg. Il est le fils de deux enseignants. Le père d'Helmut Schmidt est le fils naturel d'un banquier homme d'affaires juif allemand d'Allemagne du Nord. Souhaitant que cette naissance reste cachée, il est déclaré « né de père inconnu » et il se fait adopter par les époux Schmidt, dont Helmut pensera longtemps qu'il s'agit de ses grands-parents. Il pourvoit largement à l’avenir du bébé. Cette ascendance va les inquiéter durant toute la guerre, les amenant à falsifier leurs papiers. Cette information est tenue secrète dans la famille jusqu'à ce que cela soit confirmé publiquement par Helmut Schmidt en 1984, après que l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, apparemment avec l'accord de Schmidt, l'eût révélé à des journalistes. Schmidt est de religion luthérienne mais non pratiquant[réf. souhaitée].

Il étudie au lycée Lichtwark de cette ville et en sort bachelier en 1937. Il poursuit ensuite ses études à l'université de Hambourg, en économie et en sciences politiques. Il est appelé au service militaire et commence par servir sur une batterie anti-aérienne à Vegesack, près de Brême, durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir brièvement combattu sur le front de l'Est, il retourne en Allemagne en 1942 où il est affecté au ministère de l'Aviation du Reich comme conseiller.

Cette même année, le 27 juin, il épouse son amour de jeunesse, Hannelore Glaser, surnommée « Loki » (1919-2010), avec qui il aura deux enfants : Helmut Walter (1944-1945), mort d'une méningite, et Suzanne (née en 1947). Vers la fin de la guerre, à partir de décembre 1944, il sert, avec le grade d'Oberleutnant, dans l'artillerie sur le front de l'Ouest. Il est fait prisonnier par les Britanniques en avril 1945 dans la lande de Lunebourg et reste prisonnier de guerre jusqu'en août. Durant la guerre, il a été décoré de la croix de fer.

Schmidt rejoint le Parti social démocrate (SPD) en 1946 et est, de 1947 à 1948, le chef de l'Union socialiste allemande des étudiants (SDS), syndicat étudiant proche du SPD.

Après l'université, il travaille pour le gouvernement de la ville-Etat de Hambourg, au département de la Politique économique. Débutant en 1952, sous Karl Schiller, il devient l'un des responsables du département de l'Économie et des Transports.

Élu député de Hambourg au Bundestag en 1953, où il siège jusqu'en 1987, il est nommé en 1962 sénateur à l'Intérieur de la ville-État. En 1967, il est porté à la présidence du groupe parlementaire social-démocrate. De 1969 à 1972, il exerce les fonctions de ministre fédéral de la Défense dans le gouvernement de Willy Brandt et est ministre de l'Économie et des Finances de 1972 à 1974.

Le 7 mai 1974, Willy Brandt démissionne avec effet immédiat de la chancellerie après que les services secrets ont découvert que son très proche conseiller Günter Guillaume était un agent de la Stasi. Le vice-chancelier libéral Walter Scheel exerce alors l'intérim de la direction du gouvernement fédéral. Le SPD, toujours présidé par Brandt, choisit Schmidt pour prendre la succession. Lors du vote au Bundestag le 16 mai, Helmut Schmidt remporte 267 voix pour et 225 voix contre. Il est alors le cinquième chancelier fédéral à recevoir l'investiture du Bundestag depuis 1949.

Il forme aussitôt son premier cabinet dans lequel le ministre fédéral de l'Intérieur Hans-Dietrich Genscher prend la suite de Scheel, élu président fédéral, aux fonctions de vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères. Au titre des sociaux-démocrates, Schmidt nomme cinq nouveaux ministres fédéraux et se sépare d'Egon Bahr, éminence grise de son prédécesseur. Il le rappellera moins de deux mois plus tard.

Du keynésianisme au combat contre le choc pétrolier

Keynésien à l'origine, il adopte dès 1972, alors en tant que ministre des Finances, une politique économique plus libérale. Elu Chancelier en mai 1974 à la faveur de la chute de Willy Brandt, il doit lutter contre la très forte inflation causée par le premier choc pétrolier de la fin 1973, en lien avec l’allié du SPD depuis 1969 dans la coalition au pouvoir, le FDP, qui préconise une approche monétariste. Face aux réticences de l'aile gauche du SPD et de la Jusos, il lance un slogan qui sera plus tard appelé en France le « théorème de Schmidt » au moment du plan Barre de la fin 1976 : « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain ».

Une diplomatie pro-européenne et orientale

Helmut Schmidt a une bonne entente personnelle avec Valéry Giscard d'Estaing, le président français, de huit ans son cadet mais gouvernant à peu près durant la même période que lui (1974-1981). Il poursuit la politique d'apaisement à l'Est (Ostpolitik) de Brandt, s'opposant à la politique plus agressive poursuivie par Reagan (en 1989, il critiquera dans son livre Men and powers: a political retrospective la politique des « discours télévisés, des grands gestes » et « des petits pas » par laquelle les États-Unis espéraient mettre fin à la partition de l'Europe entérinée à Yalta). Il signe ainsi les accords d'Helsinki en 1975, et demeure au pouvoir après les élections législatives de 1976, s'appuyant sur une coalition avec le FDP.

Controverse sur la loi martiale en Pologne

Cela le contraint à des concessions. Le 13 décembre 1981 il est en voyage en Allemagne de l'Est lorsque le général Jaruzelski proclame l'état d'urgence en Pologne. Questionné par des journalistes ouest-allemands, il s'accorde avec son hôte Erich Honecker en estimant cette mesure nécessaire à la préservation de l'ordre et de la stabilité en Europe, ce qui lui vaut des critiques de la presse de droite (Frankfurter Allgemeine Zeitung), tandis que les journalistes Rudolf Augstein (Der Spiegel) et Theo Sommer (en) (Die Zeit) l'appuient, affirmant qu'il s'agissait de la seule mesure permettant d'éviter l'intervention militaire du Pacte de Varsovie. En décembre 2000, le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder s'excusera du manque de soutien accordé à Solidarność lors de ces événements.

Sur le plan intérieur, il réagit avec fermeté face à la Fraction armée rouge (RAF). Lors de l'Automne allemand, il autorise les troupes d'élite du GSG 9 à intervenir à Mogadiscio pour mettre fin au détournement d'un avion de la Lufthansa par le Front populaire de libération de la Palestine en soutien à la « bande à Baader ».

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