Ce Jour-là

Helen Thomas

Helen Thomas, née le 4 août 1920 à Winchester (Kentucky) et morte le 20 juillet 2013 à Washington, est une éminente repo

Anúncio

Helen Thomas, née le 4 août 1920 à Winchester (Kentucky) et morte le 20 juillet 2013 à Washington, est une éminente reporter américaine d'agence de presse, chroniqueuse pour Hearst Newspapers et correspondante accréditée à la Maison-Blanche de 1960 à 2010.

Elle a travaillé cinquante-sept ans comme correspondante puis chef de bureau à la Maison-Blanche pour l'agence United Press International (UPI) avant d'œuvrer pour Hearst. Elle a ainsi couvert l'actualité de la présidence américaine depuis John F. Kennedy jusqu'au président Barack Obama. Elle fait partie de plusieurs prestigieux cercles de journalistes, dont elle a souvent pu être la première femme à devenir membre. Elle a écrit quatre livres, le dernier étant Watchdogs of Democracy?: The Waning Washington Press Corps and How It Has Failed the Public (2006).

Helen Thomas est née à Winchester (Kentucky) de parents immigrés libanais. Elle a été élevée à Détroit, suivant ses études l'université de Wayne State où elle obtient en 1942 un bachelor's degree. Le premier contact de Thomas avec le monde du journalisme est un poste de coursière de rédaction qu'elle obtint au Washington Daily News (aujourd'hui disparu). Elle devient finalement journaliste stagiaire, mais elle fait partie d'une vague de licenciements économiques au journal.

Helen Thomas rejoint l'agence UPI en 1943, où elle rédige des dépêches sur des sujets féminins. Plus tard dans la décennie, elle s'occupe de la chronique "Names in the news" (« Les noms qui font parler d'eux »), et après 1955, elle rend compte de l'actualité d'agences fédérales comme le département de la Justice, le FBI et le département de la Santé et des Services sociaux. Thomas est la présidente du Women's National Press Club en 1959 et 1960.

Correspondance de la Maison-Blanche

En novembre 1960, Thomas commence à suivre le nouveau président John F. Kennedy. Elle devient en janvier 1961 la correspondante d'UPI à la Maison-Blanche. C'est à ce poste que Thomas est peu à peu surnommée « the Sitting Buddha » (« Le Bouddha assise »). Elle clôt également les conférences de presse par la même phrase : « Thank you, Mister President » (« Merci, monsieur le président »).

Helen Thomas est la seule journaliste femme à accompagner le président Richard Nixon lors de son important voyage en Chine, en 1972. Elle a suivi plusieurs fois en voyage officiel les présidents Richard Nixon, Gerald Ford, Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton, et George W. Bush, et a couvert tous les sommets économiques.

Elle est plus tard devenue chef de bureau à la Maison-Blanche pour UPI, où elle reste employée jusqu'à sa démission le 17 mai 2000, par opposition au rachat d'UPI par News World Communications, déjà propriétaire du Washington Times. Thomas a répondu aux allégations selon lesquelles elle quittait UPI à cause de la réputation conservatrice du Washington Times, en disant que la véritable motivation de son départ était les liens qui unissent la News World Corporation et la secte Moon de Sun Myung Moon. Helen Thomas est alors devenue correspondante à la Maison-Blanche et chroniqueuse pour le syndicat King Features Syndicate (Hearst Corporation).

Il était de tradition que Thomas soit assise au premier rang et pose la première question, lors des conférences de presse de la Maison-Blanche. Mais selon Helen Thomas, lors d'une interview accordée en 2006 au Daily Show, cela n'est plus le cas car elle ne représente plus une agence de presse. Elle a donc été déplacée vers les rangs du fond pour les conférences de presse, même si elle s'assoit toujours devant pour les points de presse. On lui donne la parole pour poser des questions durant les briefings quotidiens mais elle ne termine plus les conférences de presse présidentielles en disant « Merci, M. le président ». En réponse à la question de savoir pourquoi elle est désormais placée dans les dernières rangées, elle répond que c'est « parce qu'ils ne m'aiment pas… Je pose des questions trop méchantes ».

Le 21 mars 2006, le président Bush lui accorde la parole pour la première fois en trois ans. Thomas pose une question sur la guerre en Irak : « Je voudrais vous poser une question, monsieur le président, à propos de votre décision d'envahir l'Irak qui a causé la mort de milliers d'Américains et d'Irakiens et des blessures chez les Américains et les Irakiens pour toute une vie. Chaque raison donnée, publiquement tout du moins, s'est finalement révélée ne pas être vérifiée. Ma question est : Pourquoi vouliez-vous véritablement partir en guerre ? Dès l'instant où vous êtes entré dans la Maison-Blanche, depuis votre Cabinet — vos conseillers, vos personnes chargées des renseignements, etc. — quelle était votre véritable volonté ? Vous avez dit que ce n'était pas le pétrole — la poursuite du pétrole, cela n'a pas été Israël, ou quoi que ce soit d'autre. Qu'est ce que c'était donc? ».

La réponse de Bush porte alors sur la guerre contre le terrorisme en général, et donne comme raison pour l'invasion le fait que Saddam Hussein a choisi d'empêcher les inspecteurs de faire leur travail et de ne rien révéler sur son arsenal.

Aux États-Unis, Helen Thomas a été par la suite critiquée pour sa question par les conservateurs. En France, l'évènement a été repris dans La Matinale de Bruce Toussaint, mais dans ce que Daniel Schneidermann a jugé être « un cas d'école de montage manipulateur » dans son émission Arrêt sur images.

Helen Thomas a exprimé publiquement son opinion à propos du président Bush. Après un discours lors d'un banquet organisé par la Society of Professional Journalists, elle déclare à une personne lui demandant un autographe et qui s'interroge sur son expression triste : « Je couvre le pire président de l'histoire des États-Unis ». Cette personne qui lui demandait un autographe se trouve être un journaliste sportif pour le Daily Breeze et son commentaire est publié. Après ne pas avoir reçu la parole lors d'une conférence de presse pour la première fois en quarante ans, Thomas décide d'écrire au président pour présenter des excuses.

Thomas a également déclaré dans The Hill : « le jour où Dick Cheney se présentera à l'élection présidentielle, je me suiciderai. On n'a pas besoin d'un autre menteur... Je pense qu'il aimerait bien se lancer, mais ce serait un jour triste pour le pays si c'était le cas ».

Lors d'une conférence donnée devant des étudiants au Center for American Progress le 2 juin 2006, Thomas critique fortement les journalistes qui, selon elle, ne rapportent pas les faits de la guerre en Irak d'une manière exacte et critique. Elle déclare également espérer un retour d'un véritable journalisme, et ajoute que le public étudiant devrait être dans les rues pour manifester plutôt qu'assis dans la salle de conférence.

Le 18 juillet 2006, lors du point de presse de la Maison-Blanche, Helen Thomas, d'origine libanaise, fait la remarque que, selon elle, « les États-Unis ne sont pas si impuissants que ça. Ils auraient pu faire cesser le bombardement du Liban. Nous avons bien assez de contrôle sur les Israéliens… Nous avons préféré une punition collective à l'encontre du Liban et de la Palestine ». Tony Snow, porte-parole de la Maison-Blanche, répond alors : « Merci pour le point de vue du Hezbollah ».

Le 12 juillet 2007, Helen Thomas accuse le président Bush d'avoir commencé la guerre en Irak par son unique volonté, et insiste sur le fait que lui seul peut y mettre un terme à n'importe quel moment, en s'en référant aux Nations unies.

Dans la salle de presse rénovée, Helen Thomas est de nouveau assise au premier rang.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Helen Thomas | World in Stories