Ce Jour-là

Heinz Guderian

Général allemand

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Heinz Guderian, né le 17 juin 1888 à Culm, arrondissement de Culm (de) (province de Prusse-Occidentale) et mort le 14 mai 1954 à Schwangau en Bavière, est un général (Generaloberst) de l'Armée de terre allemande de la Seconde Guerre mondiale. Surnommé « Heinz le Rapide » (Schneller Heinz), il est l'un des concepteurs de l'arme blindée allemande. Il a appliqué la doctrine de la guerre éclair (en allemand : Blitzkrieg), incluant l'utilisation intensive des chars d’assaut, lors des invasions de la France (1940) et de l'Union soviétique (1941).

Tombé en disgrâce auprès de Hitler après son échec lors de la bataille de Moscou à la fin 1941, il est rappelé comme inspecteur de l'arme blindée en 1943, puis comme chef de l'état-major général de l'armée de Terre de juillet 1944 à mars 1945.

Prisonnier de guerre des Américains de 1945 à 1948, il est libéré sans être inculpé de crimes de guerre. Après sa libération, il devient un des conseillers pour l’organisation des forces blindées de la future armée de l'Allemagne de l'Ouest, la Bundeswehr. Celle-ci voit le jour un an et demi après sa mort, le 12 novembre 1955, pour être aussitôt intégrée à l‘Alliance atlantique, alors en guerre froide contre le bloc soviétique. L'image qu'il se donne à travers ses mémoires, niant tout rapport avec les exactions meurtrières du régime nazi, participe à la création du mythe d'une Wehrmacht aux mains propres durant la guerre.

Heinz Guderian est né le 17 juin 1888 à Kulm, en polonais Chełmno. Il est issu d’une vieille famille prussienne. Son père est le général Friedrich Guderian (1858-1914). De 1901 à 1907, le jeune Heinz étudie dans plusieurs écoles militaires, notamment l'École de guerre de Metz, alors première place forte de l'empire allemand. Il en sort avec le grade de sous-lieutenant ; Guderian est affecté, le 27 janvier 1908, au 10e bataillon de chasseurs à pied (de), en garnison à Bitche, bataillon qui était commandé par son père. Il reste à Bitche jusqu'en octobre 1909, date à laquelle son bataillon regagne sa garnison d'origine à Goslar. En 1911, Guderian est transféré dans le troisième bataillon de télégraphie du même régiment.

En 1913, il épouse Margarete Goerne (1893-1972). Le couple a ensuite deux fils.

Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier des transmissions puis en état-major dans des fonctions de renseignement et enfin de logistique.

En 1919, alors détaché en Courlande (en actuelle Lettonie), il participe à une mutinerie.

Au cours de la guerre civile en Russie, il participe aux combats près de Kazan, à la tête d'une unité allemande.

Après la guerre, il reste incorporé dans la nouvelle force réorganisée de cent mille hommes mise en place par le traité de Versailles, la Reichswehr, où il intègre le bureau de l'inspection des transports motorisés, sous le commandement d'Oswald Lutz, son mentor. Parlant couramment l’anglais et le français, il étudie, influencé par J. F. C. Fuller et dans une moindre mesure par Liddell Hart, qu’il fait traduire.

Guderian, fortement marqué par les succès en Russie et en Italie en 1917, théorise l'importance de la rapidité et de l'exploitation de la rupture dans la profondeur pour la victoire. Il adapte à cette idée l'emploi des blindés dans une armée moderne, utilisant massivement l'aviation et les chars, reliés entre eux et au poste de commandement par la téléphonie sans fil. Il définit aussi les principes et les caractéristiques des futurs blindés.

Après l'accession au pouvoir de Hitler, qui approuve sa vision sur l'utilisation des unités motorisées et blindées, Guderian participe à l'élaboration des Panzer I et II, légers et faiblement armés, puis, des engins plus lourds de type Panzer III et IV, qui contribueront aux succès des campagnes de Pologne et de France. Dans son livre, Achtung - Panzer !, paru en 1937, Guderian développe ses conceptions d'utilisation de ces chars en unités autonomes et très mobiles, concentrées en un point du front et soutenues par l'aviation, ce qui sera appelé, plus tard, la guerre éclair ou Blitzkrieg. La stratégie de Guderian d’utiliser les chars en masse, protégés par un fort soutien aérien fait merveille.

En 1938, très impressionné par la « guerre des fleurs », l'annexion des Sudètes, il rapporte dans sa correspondance privée son admiration pour Hitler et pour les succès qu'il obtient sans conflit militaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme commandant du XIXe corps d’armée dans la campagne de Pologne et de France. Il participe à la mise au point du plan d'attaque de la France d'après une idée initiale de Manstein. Il défend l'idée d'utiliser le maximum de blindés pour percer les lignes ennemies.

Durant la campagne de Pologne, ses principes de recherche de la rupture du front adverse par l'emploi massif d'unités blindées et motorisées sont appliqués et donnent au Reich une victoire éclair. Lui-même est affecté à un secteur secondaire et ne joue pas un rôle important.

Le 22 septembre 1939, il participe, aux côtés des commandants soviétiques, à la parade militaire conjointe germano-soviétique à Brest-Litovsk.

À l'issue de la campagne, il recueille des retours d'expérience pour étudier ce qui peut être amélioré. Il relève notamment l'absence totale de coordination avec la Luftwaffe, et la difficulté de la logistique à suivre dans la profondeur.

Comme Rommel, il pratique le commandement à partir de la zone d'opérations. Débouchant du massif ardennais, considéré comme « impénétrable » et « infranchissable » par l'état-major français, il commande le XIXe corps d'armée en tête de l’effort principal lors de la percée de Sedan durant la première phase de campagne de l'Ouest (Fall Gelb). Il s'empare d'Amiens, de Boulogne-sur-Mer et de Calais malgré les ordres d'arrêt de ses supérieurs, effrayés par les possibles conséquences de son incursion au milieu du dispositif franco-britannique. Il est stoppé sur ordre d'Hitler dans sa marche vers Dunkerque (une initiative personnelle). Son indiscipline aura payé grâce à la désorganisation de l'armée française, au beau temps et au bon état des routes.

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