Ce Jour-là

Heinrich Himmler

Homme politique nazi et militaire allemand

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Heinrich Himmler ([ˈhaɪn.ʁɪç ˈhɪm.lɐ] ), né le 7 octobre 1900 à Munich et mort par suicide le 23 mai 1945 à Lunebourg (Allemagne) est un criminel de guerre, homme d'état et militaire allemand. Il est l’un des plus hauts dignitaires du Troisième Reich. Il est Reichsführer-SS, le maître absolu de la SS, Chef der deutschen Polizei (chef de toutes les polices allemandes, dont la Gestapo) et, à partir de 1943, ministre de l'Intérieur du Reich et Chef der Heeresrüstung und Befehlshaber des Ersatzheers (responsable de l'équipement militaire de l'Armée de terre et commandant en chef de l'Armée de terre de réserve). Il est qualifié par certains auteurs allemands de « meurtrier du siècle » (Jahrhundertmörder).

Himmler, avec l'aide de Reinhard Heydrich, son adjoint direct de 1931 à juin 1942, porte la responsabilité la plus lourde dans la liquidation de l'opposition en Allemagne nazie et dans le régime de terreur qui a régné dans les pays occupés ; les camps de concentration et les centres d'extermination dépendaient directement de son autorité et il a eu la charge de mettre en œuvre la Shoah et Porajmos.

En fuite dans les jours qui suivent la capitulation allemande, il est arrêté par les troupes britanniques, mais parvient à se suicider à l'aide d'une capsule de cyanure au moment même où son identité est découverte, échappant ainsi à la justice.

Heinrich Himmler est le deuxième fils de Joseph Gebhard Himmler, professeur au Lycée Humaniste de Landshut (de) et au réputé Wilhelmsgymnasium de Munich, et d'Anna Maria Heyderde. Joseph Himmler a été également le précepteur du prince Heinrich (en), petit-fils du prince-régent Luitpold de Bavière, qui a accepté d'être le parrain du petit Heinrich.

La famille est issue de la moyenne bourgeoisie catholique bavaroise et le père est un homme cultivé, nationaliste et conservateur sans être antisémite. En patriote convaincu, il enseigne à ses fils Gebhard (1898-1982), Heinrich et Ernst Himmler (1905-1945) le respect de la patrie allemande. Gebhard et Ernst entreront également dans la SS, mais sans y tenir un rôle prééminent.

Himmler effectue sa scolarité dans un établissement de Landshut, puis au Wilhelmsgymnasium de Munich, là où son père est enseignant. C'est un élève modèle. Petit, peu sportif et myope, il se révèle faible en gymnastique et ses fréquentes absences scolaires sont la marque d’une santé fragile. De 1911 à 1924, il tient un journal intime ; y transparaît[réf. nécessaire] le portrait d'un jeune homme bien intégré à son milieu et à la société, capable de gentillesse et de générosité. Pendant les vacances de Noël — année précise non connue — il fait la lecture à un aveugle ; à un autre moment, il organise une manifestation de bienfaisance pour les orphelins et regrette les mauvais traitements infligés aux prisonniers français, dont il est le témoin en 1914.

La Première Guerre mondiale et le début des années 1920

En août 1914, quand éclate la Première Guerre mondiale, Heinrich Himmler est enthousiaste. Dans son journal, il décrit l'ambiance à Landshut lorsque la guerre est déclarée :

« Les craintifs petits bourgeois de Landshut baissent la tête et ont peur d'être massacrés par les cosaques. Il n'y a d'ailleurs, en Basse-Bavière, pas beaucoup d'enthousiasme dans ceux qui sont restés. On dit que, quand fut connu l'ordre de mobilisation générale, dans la vieille ville tout le monde pleurnichait ; or je ne m'attendais pas à ça des gens de Basse-Bavière ! »

— Heinrich Himmler, Journal intime, août 1914.

Comme son frère, Gebhard, il souhaite s’engager dans la Reichsmarine en 1917, où il n'est pas accepté à cause de sa myopie et surtout de son jeune âge. Frustré de ne pouvoir rejoindre une école d'officiers, il obtient grâce à l'intervention de son père, une dispense d'âge en juin 1917 et est incorporé au IIe régiment d’infanterie bavarois von der Tann. Après six mois de formation en tant qu'élève officier, il est transféré à Ratisbonne, puis à Freising du 15 juin au 15 septembre 1918 et enfin à Bayreuth du 15 septembre au 1er octobre 1918. Aspirant, il envoie à ses parents une lettre qu'il signe Miles Heinrich : « Soldat Heinrich ». À sa grande déception, il est démobilisé deux mois plus tard sans jamais avoir vu le front et rentre chez ses parents pour Noël 1918.

Après la guerre il fait partie, avec son frère Gebhard, des cercles militants de Munich : Völkischen Rechten Münchens. Toujours avec son frère, il intègre, en novembre 1919, la 14e compagnie de la Brigade de protection de Munich, unité de réserve de l'armée fort proche des Freikorps, unités non officielles chargées par le gouvernement légal social-démocrate d'écraser en Bavière la République des conseils, à tendance communiste, ceci avec l'accord tacite des Alliés.

Au cours de cette période, il commence également à s'intéresser aux projets allemands concernant l'Est de l'Europe, ainsi qu'il le note dans son journal en 1919.

L'année suivante, il étudie l'agronomie au lycée technique agricole de Munich, tout en étant stagiaire dans une ferme-école près d'Ingolstadt jusqu'en 1922. Au cours de ses études, il s'affilie à de très nombreuses associations, notamment le cercle étudiant Burschenschaft Apollo, à propos duquel il obtient un certificat médical afin d'être dispensé de beuveries.

Il s'inscrit également à une ligue de jeunes à vocation pangermaniste, l'Artamanenbund dont le slogan est « le sang, le sol et le glaive ». Cette inscription l'incite à préciser ses idées sur les projets d'expansion vers l'Est que le Reich allemand doit, selon lui, adopter et réaliser.

Impressionné par Rüdiger von der Goltz, qu'il écoute lors d'une conférence en novembre 1921, il voit pour les Allemands, rameau du peuple germanique, de larges perspectives d’expansion vers les territoires orientaux, ce qui lui apportera un renouveau par la colonisation et le retour à la terre ; ce retour à la terre étant un moyen de singularisation du paysan aryen par rapport au Juif urbain et décadent.

D'après son journal intime, Himmler fait la connaissance, en 1920 ou 1921, de la fille du propriétaire de la ferme-école où il est stagiaire. De nature timide, il ne lui fit jamais part de ses sentiments. Par la suite, les relations avec les femmes semblent inexistantes. En 1926, il rencontre une infirmière divorcée, Margarete Siegroth, née Boden, de sept ans son aînée et protestante. « Marga », grande blonde aux yeux bleus, correspond à l'idéal de la femme aryenne. Ils se marient le 3 juillet 1928 ; de cette union naît une fille, Gudrun, le 8 août 1929. En 1928, le couple investit la dot de « Marga » dans un élevage de poules à Waldtrudering, dans les faubourgs de Munich. Jusqu'à la fin des années 1920, c'est surtout l'épouse de Himmler qui s'occupe de la petite propriété rurale, qui se plaint de l'absence récurrente de son mari, jusqu'à la faillite de l'exploitation en 1933.

Il affectionne sa fille Gudrun qu'il surnomme Püppi ; il n'a pas la même affection pour le fils adoptif de Marga. Durant ses premières années de vie politique, il semble essayer de remplir son rôle de père et de mari le mieux possible : les pages de son agenda démontrent qu'il a des conversations téléphoniques quasi quotidiennes avec sa femme et sa fille. Après la faillite de son élevage en 1933, Himmler prend de plus en plus de responsabilités au sein du parti et délaisse progressivement son épouse : ils se séparent finalement en 1940 sans divorcer.

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