Ce Jour-là

Heinrich Harrer

Alpiniste, explorateur, géographe et écrivain autrichien (1912-2006)

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Heinrich Harrer, né le 6 juillet 1912 à Hüttenberg (Carinthie, Autriche-Hongrie) et mort le 7 janvier 2006 à Friesach (Autriche) est un alpiniste, sportif, explorateur, géographe et écrivain autrichien.

Membre de la cordée mi-autrichienne, mi-allemande qui réalise la première ascension de la face nord de l'Eiger dans les Alpes suisses en 1938, après l'Anschluss, Harrer adhère au parti national-socialiste la même année et est autorisé à participer à l'expédition de reconnaissance allemande au Nanga Parbat (dans l'Himalaya) de 1939. Interné en Inde par les Britanniques au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il s'échappe en 1944 et gagne le Tibet avec son compagnon d'évasion Peter Aufschnaiter. Il y séjourne jusqu'en 1951, travaillant comme traducteur, photographe et enseignant et se liant d'amitié avec le jeune dalaï-lama. De 1953 à 1986, il dirige de nombreuses explorations en Afrique, Asie et Amérique, avec notamment la première ascension de la pyramide Carstensz, plus haute montagne d'Océanie.

Écrivain, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont l'autobiographie Sept Ans d'aventures au Tibet, qui fait connaître au monde entier l'ancien Tibet et est adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1997, ainsi que La Face nord de l'Eiger, qui relate deux décennies de tentatives et d'ascensions victorieuses.

Son passé nazi dans les années 1930, mis au grand jour en 1997 à la sortie du film de Jean-Jacques Annaud, le contraint à se justifier à la fin de sa vie. Il déclare qu'il s'agissait d'une erreur de jeunesse, à une époque où il n'avait pas encore appris à penser par lui-même, et condamne les crimes du régime nazi.

Un musée est consacré à Heinrich Harrer et à son œuvre près de son village natal.

Années de jeunesse (1912-1937)

Heinrich Josef Harrer naît en 1912 dans une famille modeste, d'un père employé des postes et d'une mère ménagère, à Obergossen, près des villages d'Hüttenberg et de Knappenberg, dans la province autrichienne de Carinthie.

Il fait ses études au lycée puis à l'université Karl-Franzens de Graz, où il étudie l'éducation physique, la géographie et la glaciologie et dont il sort diplômé en 1933. Il est membre de l'association étudiante de la ville A.T.V Graz (de). C'est alors que naît son intérêt pour l'Himalaya. Ses études de géographie lui font découvrir les récits des explorateurs britanniques concernant le « toit du monde ». L'explorateur Alexander von Humboldt devient un de ses modèles. Le jeune Harrer lit les livres de l'explorateur suédois Sven Hedin qui, entre 1892 et 1935, a mené plusieurs expéditions en Asie centrale. Il rencontre Hedin à l'occasion d'une conférence de ce dernier à l'université de Graz. Enfin, il se passionne pour le géographe et explorateur Alfred Wegener, l'auteur de la théorie de la dérive des continents.

Doté d'une stature athlétique, il commence très tôt à skier, après avoir fabriqué ses skis à partir de planches de barriques, les chaussant pour effectuer les courses que lui confie sa mère, Johanna, ou pour porter du courrier à la poste où son père travaille. Il pratique par ailleurs d'autres sports comme la course à pied et la course d'obstacles où il gagne quelques compétitions. Mais, afin d'exceller dans un sport, Heinrich Harrer décide de se spécialiser : il skiera l'hiver et fera de l'alpinisme l'été.

Sélectionné pour l'épreuve de combiné alpin des Jeux olympiques d'hiver de Garmisch-Partenkirchen, Harrer n'y participe pas en raison du boycott de ces jeux par l'équipe autrichienne de ski alpin. Il participe cependant aux épreuves de sprint des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, puis remporte, en 1937, l'épreuve de descente du championnat universitaire mondial.

En été, Heinrich Harrer effectue des ascensions toujours plus difficiles et périlleuses dans les Dolomites ou les Alpes suisses ou françaises. En 1937, il fait la connaissance du Viennois Fritz Kasparek, avec qui il effectue de nombreuses courses.

Adhésion au national-socialisme (1933)

D'après un télégramme du 1er décembre 1938 signé par l'officier SS Schöne et directement adressé au directeur du RuSHA, 23/24 Hedenmannstrasse à Berlin, Heinrich Harrer s'engage à 21 ans, en octobre 1933, dans la SA (Sturmabteilung), organisation paramilitaire du parti nazi, alors interdite en Autriche car impliquée dans des attentats et des assassinats. Cependant, selon l'ethnologue Martin Brauen, il est contesté qu'il ait rejoint dès 1933 la SA. Harrer lui-même le dément.

D'après le journaliste Gilles van Grasdorff, ce même télégramme indiquerait qu'en 1938, à 26 ans, il adhère à la SS (Schutzstaffel), une des principales organisations du régime nazi, dans l'Unité SS 38, sous le matricule 73896.

Selon Gerald Lehner, le document de mariage de Harrer — document qui devait être demandé au RuSHA, le bureau chargé de vérifier la « pureté raciale » des membres de la SS — déclare qu'il est membre des Chemises brunes (la SA) depuis octobre 1933 et est devenu membre de la SS en avril 1938. Un CV de la main même de Harrer confirme qu'il a adhéré à la SA et la SS. Harrer devient Oberscharführer-SS (adjudant) et se marie en uniforme SS.

Il adhère, à partir du 1er janvier 1933, à la Ligue nationale-socialiste des enseignants autrichienne à Graz, association illégale jusqu'à l’Anschluss, l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne par le Troisième Reich en 1938.

Quand Harrer est pris en photographie aux côtés d'Adolf Hitler à Breslau en juillet 1938, après l'ascension de la face nord de l'Eiger, il est déjà depuis deux ans formateur à l'Ordensburg Sonthofen, une école de cadres du régime.

L'ascension de la face nord de l'Eiger (1938)

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