Hastings Kamuzu Banda (c. 14 mai 1898 - 25 novembre 1997) est un homme politique et dirigeant du Malawi de 1964 à 1994.
Premier ministre du royaume du Malawi à la suite de l'indépendance du Nyassaland en 1964, il devient le premier président après que le dominion devient une république en 1966. Chef du Parti du Congrès, son parti le nomme président à vie en 1970, ce qu'il instaure lui-même l'année suivante. Anti-communiste, il s'associe au bloc de l'Ouest pendant la guerre froide. Durant sa présidence, il favorise généralement les droits des femmes, le développement des infrastructures et le maintien d'un système d'éducation performant par rapport aux systèmes des autres pays africains.
Sa présidence, considérée comme l'une des plus répressives des régimes africains, entraîne la mort d'entre 6 000 et 18 000 opposants politiques. Son régime, caractérisée comme une autocratie hautement répressive, il reçoit aussi des critiques pour avoir maintenu des relations diplomatiques avec les gouvernements voisins d'Afrique du Sud et de Rhodésie pratiquant l'apartheid.
Avec la hausse des pressions internes et internationale, il organise un référendum sur l'ouverture au multipartisme en 1993. Il perd l'élection de 1994 et meurt à Johannesbourg en Afrique du Sud en 1997.
Né Akim Kamnkhwala Mtunthama Banda à Kasungu dans le protectorat britannique d'Afrique centrale, la date de naissance de Banda demeure incertaine en raison de l'absence de registre des naissances. Plus tard, à la suite de la présentation de certaines coutumes locales par un ami, le Dr Donald Brody, Banda déclare que: « Personne ne connaît l’heure, la date, le mois ou l’année de ma naissance, même si j’accepte maintenant les preuves que vous me donnez – mars ou avril 1898 ».
Il fréquente l'école du village de son pays natal près de Mtunthama, avant de quitter pour Chikondwa et rejoindre ses grands-parents maternels en 1908. En 1910, il se rend dans la mission Chilanga et est baptisé en 1910.
Son nom Kamnkhwala signifie petit médecin et il le remplace par Kamuzu soit petite racine. Ce nom serait en référence à l'utilisation par sa mère de racines données par un médecin pour contrer l'infertilité. Il prend aussi le nom chrétien de Hastings après son baptême par le ministre du culte et docteur George Prentice (en) de l'Église d'Écosse, d'après le missionnaire écossais John Hastings qui œuvre près de son village.
Vers 1915-1916, il quitte l'école de missionnaire de Livingstonia avec son oncle et enseignant Hanock Msokera Phiri pour Hartley en Rhodésie du Sud. Voulant entrer à l'institut missionnaire presbytérienne écossaise de Lovedale (en) en Afrique du Sud, il termine ses études dites Standard 8 sans fréquenter l'établissement.
En 1917, il se rend à Johannesbourg pour ensuite travailler dans la mine de Witwatersrand au Transvaal pendant quelques années. Durant cette période, il fait la rencontre de l'évêque épiscopalien méthodiste africain William Tecumseh Vernon (en) qui lui offre de lui payer son éducation dans l'école méthodiste aux États-Unis où il se rend pour New York en 1925.
Banda étudie à l'institut Wilberforce en Ohio, un collège afro-américain maintenant connu en tant qu'Université d'État du centre. Ayant obtenu son diplôme en 1928 et avec la fin de son soutien financier, il s'engage avec l'éducateur ghanéen Kwegyir Aggrey qu'il avait rencontré en Afrique du Sud.
Fréquentant et discutant au club Kiwanis, il fait la rencontre du Dr Herald qui l'aide à débuter des études pré-médicales à l'université de l'Indiana. Entretemps, il écrit des essais sur les Chewas pour le folkloriste Stith Thompson qui l'introduit à l'anthropologue Edward Sapir de l'université de Chicago. Il travaille aussi avec l'anthropologue et linguiste afro-américain Mark Hanna Watkins (en) qui contribue à la publication d'un livre de grammaire sur la langue chewa. À Chicago, il loge chez l'afro-américaine Corinna Saunders et termine un B.Phil. en histoire en 1931.
Recevant un soutien financier de Mme Smith, femme de l'homme d'affaires Douglas Smith qui a fait fortune avec le dentifrice Pepsodent en tant que membre du conseil d'administration de Eastman Kodak, Banda étudie alors la médecine au collège noir Meharry Medical (en) de Nashville au Tennessee. Il obtient un M.D. en 1937, devant ainsi le deuxième Malawite à compléter cette formation après Daniel Sharpe Malekebu. Durant ses études, il épouse Robertine Edmonds en 1934.
Pour être autorisé à pratiquer la médecine sur le territoire de l'Empire britannique, Banda doit compléter une seconde formation en médecine qu'il réalise à l'université d'Édimbourg en 1941. Pour le soutenir dans ses études et favoriser son retour au Nyassaland, le gouvernement colonial lui offre une subvention de 300£ par an. Alors qu'il débute une formation en maladies tropicales à Liverpool, le gouvernement cesse ses subventions et il quitte l'université lorsqu'il refuse d'être enrôlé comme médecin militaire. Il retourne en Écosse et travaille dans une paroisse de l'Église d'Écosse.
Travaillant comme médecin à North Shields près de Newcastle upon Tyne de 1941 à 1945, il débute une relation avec Merene French, un belle-fille de l'une de ses patientes.
Après la Seconde Guerre mondiale, il ouvre un cabinet à Kilburn en banlieue de Londres. Il entre en politique en devenant membre du Parti travailliste. En 1945, il s'établie à Harlesden.
En 1945, avec le chef Mwase du Kasungu, qu'il avait rencontré en Angleterre en 1945, il représente le Nyasaland African Congress lors du Congrès panafricain à Manchester. La conférence voit aussi la participation de futurs chefs d'État africains dont Jomo Kenyatta et Kwame Nkrumah.
Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland
En 1953, le docteur Banda s'oppose à la fusion de la colonie anglaise avec les deux Rhodésies que prône le nord-rhodésien Roy Welensky. Banda s'inquiète d'une fédération qui aurait pour effet de réduire les droits des Noirs du Nyassaland.