Ce Jour-là

Hassan Gouled Aptidon

Homme politique français

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Hassan Gouled Aptidon (en somali : Xasan Guuleed Abtidoon ; en arabe : حسن جولد أبتيدون), né officiellement à Djibouti le 15 octobre 1916, mais sans doute vers 1908-1910 à Lughaya près de Zeilah, alors en Somalie britannique et mort le 21 novembre 2006, est un homme politique de la côte française des Somalis, du Territoire français des Afars et des Issas puis de la République de Djibouti.

Hassan Gouled est né dans le petit village de Garissa, dans le district de Lughaya, au nord du Somaliland au sein du groupe Issa Mamassan. Issu d'une modeste famille d'agriculteurs, il commence sa carrière dans les années 1930, comme infirmier. Il est en poste à Dikhil en 1932. Il est ensuite entrepreneur.

Sa femme est décédée en août 2001 à l'âge de 73 ans. Hassan Gouled est décédé à son domicile, à Djibouti, le 21 novembre 2006.

Son nom a été donné en 1999 au stade national du pays, le stade El Hadj-Hassan-Gouled-Aptidon.

En 1946, il fonde avec Mahmoud Harbi le Club de la jeunesse somalie et dankalie. Ils sont élus ensemble en novembre 1950 au Conseil représentatif de la colonie, puis se séparent pour l'élection sénatoriale. Hassan Gouled est élu au Conseil de la République, contre Mahmoud Harbi, de 1952 à 1957.

En 1957, dirigeant la liste Indépendants pour la défense et la sauvegarde des intérêts du territoire, il n'est pas ré-élu au Conseil représentatif. C'est la liste soutenue de l'Action économique pour le progrès social, dirigée par Mahmoud Harbi qui l'emporte. Pour le référendum de 1958, Hassan Gouled appelle à voter pour le maintien du territoire sous souveraineté française. «Avec le puissant soutien de l'électorat français» selon I.M. Lewis[réf. nécessaire] et de l'administration, son parti gagne les élections territoriales consécutives en novembre 1958 et il devient vice-président du Conseil de gouvernement du territoire.

Il est élu député à l'Assemblée nationale française en 1959, avec 21 voix d'avance sur Houmed Aboubaker, puis battu aux élections législatives suivantes, en 1962, par Moussa Ahmed Idriss, du Parti du mouvement populaire (PMP). Il devient alors ministre de l'Éducation dans le gouvernement local dirigé par Ali Aref Bourhan. Avec les autres « ministres somalis », il démissionne de son poste le 7 septembre 1966, après la répression de manifestations indépendantistes.

Dans les années 1960, il dirige l’Union démocratique issa. Il est signataire de l'accord d'Arta en septembre 1963. Il est brièvement emprisonné en juillet 1967, avec d'autres responsables du Parti du mouvement populaire (PMP). Il est élu à l'Assemblée territoriale en novembre 1968, et devient ministre de l'Intérieur.

En 1974, Hassan Gouled appelle à voter pour François Mitterrand. Il devient président de la Ligue populaire africaine pour l'indépendance (LPAI) créée en février 1975 par la fusion de l'Union populaire africaine (UPA) et de la Ligue pour l’avenir et l’ordre. Le secrétaire général est Ahmed Dini.

Il devient président du Conseil de gouvernement le 18 mai 1977, et est élu président de la future République de Djibouti le 28 mai par la Chambre des Députés. Il le reste jusqu'en 1999. Après l'attentat contre le « Palmier en Zinc », en décembre 1977, il interdit le principal parti d'opposition, le MPL et instaure un système de parti unique.

En 1981, il instaure un système politique dominé par un parti unique en déclarant que son propre parti, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), était le seul parti légal. Selon l'opposition, il est accusé d'avoir mené une politique « tribale » en faveur des Issas et singulièrement de son clan, les Mamassan, visant à exclure les Djiboutiens Afars. La pratique de la torture par les forces de l'ordre sur les opposants est aussi dénoncée.

Après le début de la guerre civile en 1991, il autorise la tenue d'élections pluralistes en 1992. Seuls quatre partis eurent le droit de se présenter. Le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD), à l'origine des affrontements armés, en est exclu. Le RPP obtient 72 % des votes et Hassan Gouled est réélu pour un quatrième mandat en 1993.

Hassan Gouled ne se présente pas à l'élection présidentielle de 1999 après plus de 22 ans au pouvoir. Il a alors officiellement 83 ans. Ismaïl Omar Guelleh, son neveu et chef de cabinet, lui succède.

(en) Ali Coubba, Le mal djiboutien : rivalités ethniques et enjeux politiques, Paris, L'Harmattan, 1995, 171 p. (ISBN 978-2-7384-3700-6 et 2738437001, lire en ligne), p. 174.

Oberlé (Philippe), Afars et Somalis, le dossier de Djibouti, Paris, Présence africaine, 1971, 301 p.

Oberlé (Philippe), Hugot (Pierre), Histoire de Djibouti - Des origines à la république, Paris, Dakar, Présence Africaine, 1985 (rééd. 1996), 346 p.

Ressources relatives à la vie publique : Documents diplomatiques suisses 1848-1975 Sénat Base Sycomore

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