Arthur Henry Cobby, dit Harry Cobby, né le 6 août 1894 et mort le 11 novembre 1955, est un haut commandant de la Force aérienne royale australienne (Royal Australian Air Force - RAAF).
Harry Cobby naît dans la banlieue de Melbourne et y fait également ses études. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il travaille dans une banque mais veut participer à l'effort de guerre en s'enrôlant dans la force impériale australienne. Il ne peut cependant le faire qu'en 1916, après que son employeur le libère de l'obligation de travailler. Il suit une formation intensive au pilotage en Angleterre avant de partir au combat sur le front de l'Ouest avec le No. 4 Squadron AFC, qui opère des Sopwith Camel. Ses exploits en tant que pilote de chasse sont récompensés par l'ordre du Service distingué, la Distinguished Flying Cross avec deux barrettes, ainsi qu'une citation militaire. Moins d'un an après son entrée dans le service actif, il enregistre déjà 29 victoires au combat aérien, devenant ainsi le principal as de l'aviation de l'Australian Flying Corps durant la guerre.
Acclamé en héros, Harry Cobby est transféré à la Royal Australian Air Force (RAAF), récemment établie, au grade de wing commander. Il quitte la Permanent Air Force (PAF) en 1936 pour rejoindre l'aviation civile, mais demeure néanmoins dans la force de réserve de la RAAF. Il retourne dans la PAF au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et occupe le poste de directeur du recrutement puis d'air officer commanding de la zone Nord-Est. En 1943, il reçoit la médaille de George pour avoir secouru les survivants d'un accident d'avion. L'année suivante, il est nommé air officer commanding du No. 10 Operational Group (qui devient plus tard l'Australian First Tactical Air Force), mais il est relevé de ses fonctions à la suite des incidents de la mutinerie de Morotai en avril 1945. Il prend sa retraite de l'armée de l'air en 1946 et travaille dans l'aviation civile jusqu'à sa mort le 11 novembre 1955, jour de commémoration de l'armistice.
Arthur Henry « Harry » Cobby naît le 26 août 1894 à Prahran, dans la banlieue de Melbourne. Son père, Arthur Edward Stanley Cobby est conducteur de tramway et sa mère se prénomme Alice, née Nash. Il est le second enfant, sur quatre, du couple. Surnommé Harry, il réalise ses études supérieures à l'University College d'Armadale. En 1912, il s'engage dans le 46e régiment d'infanterie australien (connu sous le nom de Brighton Rifles) avant d'être transféré dans le 47e régiment d'infanterie.
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Harry Cobby tente de s'enrôler dans la force impériale australienne, mais son employeur, la Commonwealth Bank, refuse de le libérer du fait de l'importance de son poste de commis et, bien que peu intéressé par l'aviation, il rejoint finalement l'Australian Flying Corps (AFC) le 22 décembre 1916. Il devient membre fondateur du No. 4 Squadron de la force aérienne royale australienne et embarque pour l'Angleterre à bord du SS Omrah le 17 janvier 1917.
Le No. 4 Squadron arrive en Angleterre en mars 1917 pour suivre un entraînement en vue de servir sur le front occidental. Équipée de Sopwith Camel, l'unité est envoyée en France en décembre 1917. Harry Cobby admet plus tard avoir été si nerveux à l'idée d'aller au combat que s'il avait pu faire la moindre chose pour retarder voire éviter ce dur moment, il n'aurait pas hésité un seul instant. Lors de son premier combat contre la Luftstreitkräfte allemande, il ne compte que 12 heures d'expérience de vol en solo.
Harry Cobby revendique en février 1918 une première victoire sur un avion de reconnaissance DFW mais elle n'est pas confirmée. Basé dans le Pas-de-Calais, le No. 4 Squadron soutient les forces alliées lors de l'offensive du Printemps lancée par les Allemands. Leurs adversaires aériens se composent de membres du Flying Circus du Baron von Richthofen. Le 21 mars 1918, Harry Cobby abat deux Albatros D.V de la formation, qui sont confirmés comme ses premières victoires officielles.
Après avoir prouvé qu'il est un pilote talentueux et agressif, ses capacités de leadership sont reconnues avec sa nomination en tant que flight commander le 14 mai 1918 et sa promotion au grade de captain le 25 mai 1918. Décrit comme un « diablotin », il personnalise son Sopwith Camel en l'équipant de découpes en aluminium représentant l'acteur comique Charlie Chaplin. Harry Cobby remporte deux nouvelles victoires le 30 mai 1918 près d'Estaires, où il détruit un Albatros et un ballon d'observation. Il réitère cet exploit le lendemain dans la même zone. Harry Cobby est recommandé pour la Croix militaire le 3 juin 1918 en reconnaissance de son succès au combat et pour être un « chef de patrouille audacieux et habile, qui donne un bel exemple à son escadron ». Il obtient finalement la Distinguished Flying Cross (DFC) en mai 1918, suivie par une barrette en juin de la même année. Sa DFC parait dans la London Gazette le 2 juillet 1918.
Harry Cobby abat trois avions allemands le 28 juin. Il est recommandé pour une barrette à sa DFC pour souligner son total de 15 victoires. Le 15 juillet 1918, il plonge avec un autre pilote australien sur cinq éclaireurs Pfalz près d'Armentières. Harry Cobby abat deux des appareils ennemis et son compagnon un. Les Australiens sont ensuite poursuivis par quatre triplans Fokker auxquels ils réussissent à échapper. Cette action vaut à Harry une recommandation pour une deuxième barrette à sa DFC. Les deux barrettes de sa DFC sont publiées dans la London Gazette le même jour, le 21 septembre 1918. Il est le premier pilote de la Première Guerre mondiale a recevoir deux barrettes, et ce, avant la fin de la guerre.
Le 16 août, il dirige un raid de bombardement contre l'aérodrome allemand d'Haubourdin, près de Lille. Il s'agit alors du plus grand assaut aérien des forces alliées. Il se solde par la destruction de 37 avions ennemis. Le jour suivant, il mène une attaque similaire sur le terrain d'aviation de Lomme. À la suite de ces attaques, il est recommandé pour l'ordre du Service distingué. Publiée le 2 novembre, la citation de la récompense déclare que « le succès de ces deux raids est largement dû à la détermination et à l'habileté de cet officier ».
À la fin de son service actif, Harry Cobby est à la tête de formations comptant jusqu'à 80 appareils. Un autre as du No. 4 Squadron, George Jones (plus tard chef d'état-major de l'armée de l'air), le décrit comme le « leader naturel de l'unité dans les airs et dans toutes les activités hors service ». Ses exploits font de lui un héros national. Le No. 4 Squadron est reconnu comme le squadron de chasse le plus performant en France, avec pas moins de 220 victoires à son actif. En septembre 1918, Harry est transféré comme instructeur dans une unité d'entrainement en Angleterre. Il trouve la pression de ce poste « bien pire que de voler en France » et insistera pour retourner au front jusqu'à la fin de la guerre en novembre. Bien que le décompte final d'Harry Cobby pour la Première Guerre mondiale dénombre souvent la destruction de 29 avions et 13 ballons d'observation, les analyses au cas par cas de ses victoires lui attribuent 24 avions et 5 ballons, pour un total de 29 victoires, ce qui fait de lui le membre de l'AFC ayant obtenu le plus de victoires, ainsi que le seul as du service ayant abattu des ballons. Sa plus grande fierté en tant que flight commander est qu'il n'a jamais perdu un pilote au-dessus du territoire ennemi. Il obtient une citation militaire en décembre 1918.
Toujours instructeur en Angleterre après la fin de la guerre, Harry Cobby est choisi pour diriger le défilé aérien de l'AFC pour la journée de l'ANZAC qui se déroule au-dessus de Londres le 25 avril 1919. Il dirige une formation aérienne de 50 personnes dans une série d'acrobaties sauvages au-dessus de la tête du Prince de Galles alarmé. Il racontera plus tard « qu'il a volé si près des soldats en marche que leurs baïonnettes ont presque percé son train d'atterrissage ». Il retourne en Australie en mai 1919 et épouse Hilda Maude Urban à Caulfield le 24 avril 1920. Le couple aura un fils et une fille.