Harrison Ford (/ˈhæɹəsən fɔɹd/) est un acteur américain, né le 13 juillet 1942 à Chicago (Illinois).
Durant sa carrière, il a reçu de nombreuses distinctions, dont deux Saturn Awards, un People's Choice Awards, un Cecil B. DeMille Award, un César d'honneur, un AFILAA et une Palme d'honneur au Festival de Cannes 2023. Il a en outre bénéficié d'une nomination aux Oscars et de quatre nominations aux Golden Globes.
Sa collaboration avec George Lucas, le premier qui lui a donné l'occasion de s'affirmer en tant qu'acteur avec American Graffiti (1973), lui permet d'accéder au rang de vedette internationale avec les rôles de Han Solo dans la trilogie originelle de Star Wars (de 1977 à 1983) et d’Indiana Jones (de 1981 à 2023). Parallèlement, il collabore avec de grands cinéastes : Francis Ford Coppola le dirige dans Conversation secrète (1974) et Apocalypse Now (1979) ; Ridley Scott lui confie le rôle de Rick Deckard dans l'ambitieux film de science-fiction à caractère expérimental Blade Runner en 1982.
À partir des années 1980, il s'impose par ailleurs dans un registre plus réaliste en étant la tête d'affiche de Witness (1985) et Mosquito Coast (1986) de Peter Weir, Frantic (1988) de Roman Polanski, Working Girl (1988) et À propos d'Henry (1991) de Mike Nichols puis Présumé innocent (1990) d'Alan J. Pakula. Il revient ensuite au cinéma d'action : d'abord en succédant à Alec Baldwin dans le rôle de Jack Ryan pour Jeux de guerre (1992) et Danger immédiat (1994), puis en interprétant le docteur Richard Kimble face à Tommy Lee Jones dans Le Fugitif (1993), grand succès critique et commercial. Il incarne également le président des États-Unis dans Air Force One (1997). Il porte aussi le thriller militaire K-19 : Le Piège des profondeurs (2002), réalisé par Kathryn Bigelow.
Son statut d'acteur majeur du cinéma de divertissement américain lui vaut, en 1994, d'être consacré « star du siècle du box-office » par la National Association of Theatre Owners. En effet, les films dans lesquels il a tenu l'un des rôles principaux ont dégagé près de six milliards de dollars de recettes dans le monde. En outre, Sydney Pollack le dirige dans la comédie romantique Sabrina (1995) et le thriller L'Ombre d'un soupçon (1999). Après plusieurs échecs durant les années 2000, il reprend ses rôles mythiques en redevenant Indiana Jones en 2008 puis 2023 (Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal et Indiana Jones et le Cadran de la destinée respectivement), Han Solo en 2015 (Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force) et Rick Deckard en 2017 (Blade Runner 2049).
Dans le domaine de la conservation de la nature, Harrison Ford participe à la sensibilisation de l'opinion publique, notamment sur le cas critique de la déforestation des zones tropicales.
Harrison Ford naît en 1942 à Chicago d'un père catholique, Christopher Ford (1906-1999), et d'une mère juive, Dorothy Nidelman (1917-2004). Son grand-père paternel, John Fitzgerald Ford, est irlandais et sa grand-mère, Florence Veronica Niehaus, est allemande. Ses grands-parents maternels, Harry Nidelman et Anna Lifschutz, sont des immigrés juifs ashkénazes venus de Minsk, en Biélorussie. Sa mère est actrice de radio, avant de se consacrer à son foyer, tandis que son père est directeur publicitaire faisant occasionnellement l'acteur de radio comme sa femme.
Harrison et son frère Terence, né en 1945, grandissent dans une famille de la classe moyenne. Christopher et Dorothy Ford élèvent leurs enfants en « inventant » une éducation basée sur la combinaison de leurs convictions religieuses et culturelles respectives. Aujourd'hui, quand il est question de savoir quelle est sa religion, Harrison Ford répond avec humour : « démocrate ». Il dit également qu'il se sent « Irlandais en tant que personne mais Juif en tant qu'acteur ».
Harrison Ford commence sa scolarité à l'école élémentaire Graeme Stewart. Celui que ses camarades appellent « Harry » est admis à la Maine East High School (en) en 1956. Élève moyen, il participe à toutes sortes de clubs au sein de l'établissement : président du club de sciences sociales, membre du club de modélisme ferroviaire, représentant du club des garçons de l'école et délégué de classe. À cette période, il effectue également ses premières prestations publiques en étant la voix de la radio du collège qui vient d'être créée. Par ailleurs, il intègre la troupe de danse de l'école ainsi que l'équipe de gymnastique pour une brève période.
En 1960, il quitte le lycée diplômé et intègre sous la pression de ses parents le Ripon College (en), dans le Wisconsin. Il fait partie de la fraternité Sigma Nu et étudie la littérature anglaise et la philosophie avec de piètres résultats. En troisième année, le mauvais élève qu'il est prend part aux cours d'art dramatique, pensant ainsi saisir l'opportunité d'obtenir facilement de bonnes notes : c'est le déclic, Harrison sait désormais ce qu'il veut faire de sa vie professionnelle. En 1964, à trois jours de la remise des diplômes, il apprend qu'il ne sera pas diplômé à cause de ses absences répétées. Il rentre en Illinois avec un sentiment de honte et d'humiliation.
Années 1960 : débuts professionnels
Malgré leur scepticisme pour la voie choisie par leur fils, les parents de Harrison Ford l'encouragent. Sachant que ce n'est pas dans le Wisconsin qu'il pourra lancer sa carrière, il part pour Hollywood avec Mary Marquardt, une comédienne qu'il a rencontrée durant ses années d'études et qu'il épouse en 1964.
Une fois en Californie, les rôles ne se bousculent pas. Après une série de castings sans résultat, il se voit proposer par la Columbia Pictures un contrat de 150 dollars par semaine pour faire de petites apparitions à la télévision. Durant cette période, il échappe de peu à la mort lors d'un accident de voiture quand il perd le contrôle de son véhicule et percute un poteau. Sa cicatrice au menton, aujourd'hui l'un de ses signes distinctifs, constitue une séquelle de cet événement. Persévérant, en 1966, il apparaît pour la première fois au grand écran dans Un truand avec James Coburn, dans un rôle pour lequel il n'est pas crédité au générique. La même année, il échappe à un départ pour la guerre du Viêt Nam en simulant la folie. À la suite de cela, il écrit une lettre pseudo-philosophique aux autorités pour expliquer les raisons de son acte. En 1997, il précise que son objection de conscience « s'appuyait sur des principes philosophiques manifestés à l'université ».
En 1967, il obtient un deuxième rôle, toujours sans être crédité au générique, dans Luv. C'est finalement dans La Poursuite des tuniques bleues, la même année, que son nom apparaît pour la première fois à l'écran. Il est crédité sous le nom de « Harrison J. Ford » pour le différencier de l'ancien acteur de films muets portant le même nom que lui. Dans ces petits rôles, ses revenus sont modestes, ce qui est d'autant plus problématique que son épouse donne naissance à leur fils Benjamin. L'acteur accepte mal les petits rôles que la Columbia lui affecte, et il se voit dans l'impossibilité d'exprimer son jeu ainsi que sa personnalité. Son contrat est alors rompu sous prétexte de son manque de charisme et en raison de ses remarques successives sur la pauvreté des scénarios qui lui sont soumis. Il admet aujourd'hui ne pas avoir été très coopératif avec le studio, jugeant que cette arrogance lui a permis de croire en sa carrière et de cacher sa timidité, même s'il était alors à deux doigts d'abandonner cette voie. Peu de temps après, il s'engage avec Universal Pictures, qui lui donne de petits rôles dans des séries telles que Le Virginien ou L'Homme de fer. Ces petites apparitions demeurent insuffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Il recherche donc une alternative au métier d'acteur.
En effectuant des travaux dans sa maison, Harrison Ford décide soudainement de devenir charpentier. Il renonce à devenir acteur et apprend à travailler le bois à travers les livres qu'il emprunte à la bibliothèque locale. Il trouve son premier travail de menuiserie au chantier d'un studio d'enregistrement pour le compositeur Sérgio Mendes. En parallèle de son nouveau métier, il accepte quelques petits rôles au cinéma (Zabriskie Point en 1970) ou dans la série télévisée (Gunsmoke en 1972). Durant cette période, sa femme donne naissance à leur deuxième fils, Willard.