Harlem Désir, né le 25 novembre 1959 à Paris, est un homme politique français.
Il se fait d'abord connaître dans les années 1980 en tant que militant associatif et président de SOS Racisme : il est alors particulièrement médiatisé en tant que figure de l'antiracisme en France. Il s'engage sur le plan électoral au début de la décennie suivante et intègre Génération écologie (GE), puis le Parti socialiste (PS). Il est député européen de 1999 à 2014. Premier secrétaire du Parti socialiste par intérim pendant la campagne pour la primaire présidentielle socialiste de 2011, il est élu à ce poste en octobre 2012. Le 9 avril 2014, ayant quitté le secrétariat général après le revers du PS aux élections municipales, il est nommé secrétaire d'État chargé des affaires européennes au sein des gouvernements Valls I et gouvernement Valls II et de celui de Bernard Cazeneuve.
Il est le représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la liberté des médias entre 2017 et 2020.
Harlem Jean-Philippe Désir naît le 25 novembre 1959 à Paris. Son père, Jean-Marie Désir, d’ascendance martiniquaise, est alors directeur d'école, sympathisant communiste et anticolonialiste tandis que sa mère Nicole Duméry, d'origine vosgienne et juive, est puéricultrice et syndicaliste CGT. Harlem Désir fait ses études à l'université Panthéon-Sorbonne où il obtient une licence de philosophie en 1983, à l'âge de 24 ans.
Sur le plan professionnel, il a travaillé comme animateur de radio sur Europe 1, salarié dans une maison d'édition, gérant d'un mensuel et coordinateur d’un réseau d’organismes européens de logement destinés aux jeunes.
Harlem Désir milite brièvement au sein des JCR, l'organisation de jeunesse de la Ligue communiste révolutionnaire. Au début des années 1980, il s'engage dans le syndicat étudiant UNEF-ID ; il est membre du bureau national de 1983 à 1984 et salarié de la Mutuelle nationale des étudiants de France. En 1983, il est candidat sur les listes de Force ouvrière dans le Val-de-Marne, dans le cadre des élections à la Sécurité sociale.
Proche de Julien Dray, lui aussi issu de la LCR, Harlem Désir participe avec lui au club de réflexion Question socialiste, formé par d'anciens militants trotskistes se situant désormais à l'aile gauche du PS. Il devient en 1984 le président de l'association SOS Racisme, poste qu'il occupe jusqu'en 1992. Sa forte médiatisation fait de lui à l'époque une personnalité majeure du mouvement associatif. Pierre Bergé, sponsor de SOS Racisme, déclare alors : « Harlem Désir est un des moments de la conscience humaine. Il est aussi un des moments de l'honneur de la France ».
Sous la présidence de Harlem Désir, SOS Racisme est un mouvement très présent dans les médias, habitué des manifestations à grand spectacle — notamment des concerts de musique — et pratiquant un discours principalement basé sur des « valeurs de sympathie ». Initialement axé sur la promotion du métissage culturel, le discours d'Harlem Désir évolue avec les années vers une défense des droits de l'homme plus classiquement républicaine.
En 1987, il est l'invité de l'émission L'Heure de vérité, à laquelle il assure un succès d'audience, sa prestation étant considérée comme un « carton » sur le plan de la communication politique. La notoriété d'Harlem Désir lui permet, à l'époque, d'être présenté comme un « porte-parole de la jeunesse » par certains médias, qui vont jusqu'à parler de « Génération Désir ». En 1990, il pousse SOS Racisme à prendre position contre la guerre du Golfe, ce qu'il considère a posteriori comme une erreur.
De novembre 1986 à octobre 1987, il occupe la présidence de SOS Racisme tout en étant salarié par l'« Association régionale pour la formation et l'éducation des migrants », basée à Lille en tant que « formateur permanent » : il perçoit pour cet emploi fictif, un salaire mensuel net de 8 900 francs. Cela lui vaut d'être condamné, le 17 décembre 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux. Harlem Désir aurait également bénéficié d'une amnistie de François Mitterrand concernant une dette de 80 000 francs au Trésor public, relative à des amendes de stationnement (décision de justice du 9 mai 1992) alors qu'il était président de SOS Racisme.
Après avoir quitté SOS Racisme en 1992, Harlem Désir fonde un éphémère parti politique appelé d'abord Le Mouvement, puis Mouvement action égalité, qui se transforme quelques mois plus tard en club de réflexion lorsqu'Harlem Désir adhère à Génération écologie. Il se présente sous les couleurs de Génération écologie aux élections législatives de 1993 dans la onzième circonscription des Yvelines ; après avoir obtenu 6,84 % des voix au premier tour, il refuse d'appeler à voter pour le candidat socialiste au second.
Six mois plus tard, en décembre 1993, il rejoint le Parti socialiste, dont il intègre le bureau national en 1994. Il est alors membre du courant Gauche socialiste.
En 2003, il est nommé responsable national pour l'Europe, rejoignant, aux côtés de Julien Dray, la majorité du parti.
Parallèlement, il est nommé membre du Conseil économique et social, de 1989 à 1994, puis de 1997 à 1999.
Il se présente une nouvelle fois sans succès, à l'élection législative dans la 10e circonscription de la Seine-Saint-Denis, en 1997. Deux ans plus tard, il obtient son premier mandat, comme député européen. En 2001, il est élu conseiller municipal d'opposition à Aulnay-sous-Bois. Lors des élections européennes de 2004, il est tête de liste du PS pour la région Île-de-France ; réélu avec 25,03 % des voix exprimés, il est promu vice-président du groupe parlementaire du Parti socialiste européen.
Au cours de son mandat de député européen, il se spécialise sur les questions de mondialisation. Il se rend chaque année au Forum social mondial et est à l'origine (en tant que président de l'intergroupe « taxation du capital » au Parlement européen) d'un amendement en faveur d’une taxe Tobin qui stipule que le Parlement européen « invite les participants au Sommet sur le développement durable à étudier les possibilités d’instaurer une taxe sur les transactions financières, afin, entre autres, de donner des moyens financiers supplémentaires aux pays en développement de lutter contre la pauvreté et de soutenir des mesures favorisant leur développement social et économique ». Cet amendement est alors rejeté de 17 voix (176 voix pour, 193 contre et 15 abstentions), dont à une grande majorité des élus des groupes de droite PPE et libéraux et de quelques élus d'extrême gauche).
En 2009, il conduit à nouveau la liste du PS dans la circonscription Île-de-France ; il est réélu député européen (sa liste recueille 13,58 % des voix en recul de 11,45 points par rapport à 2004).
Selon le site votewatch.eu qui recense l’assiduité des parlementaires européens, Harlem Désir a au cours de son mandat réalisé 26 propositions de résolutions (ce qui le classe au 212e rang sur 766 députés), rédigé une déclaration écrite (263e), posé 14 questions parlementaires (601e), amendé 12 rapports (660e) et participé à 50,15 % des votes de l’assemblée européenne (752e).