Hans Wilsdorf, né le 22 mars 1881 à Kulmbach en Bavière et mort le 6 juillet 1960 dans le canton de Genève, est un dirigeant d'entreprise germano-britannique, créateur de la marque de montres Rolex. Passionné de montres, il est l'homme qui rachète la marque horlogère Tudor et la développe à partir de modèles d'apparence très similaires à ceux proposés par Rolex.
Hans Wilsdorf naît à Kumbach, en Allemagne, de parents protestants, Anna et Johan Daniel Ferdinand Wilsdorf. Il est le second d'une fratrie de trois. Sa mère décède lorsqu'il est en bas âge. Peu après, alors qu'il n'a que 12 ans, son père décède à son tour, faisant de lui un orphelin. Son destin est alors placé entre les mains de ses oncles, qui vendent l'entreprise familiale florissante ayant appartenu à son grand-père puis à son père. Hans est envoyé avec son frère et sa sœur dans des internats réputés où ils reçoivent une excellente éducation.
Hans Wilsdorf rédige son autobiographie et la publie en 1946, dans le cadre d'une œuvre de quatre tomes intitulée Rolex Jubilee Vade Mecum.Dans cette autobiographie il écrit: "Nos oncles n'étaient pas indifférents à notre sort. Néanmoins, j'ai du très tôt me débrouiller par moi-même, ce qui m'a appris à prendre soin de ce que je possédais et, en y réfléchissant bien, je pense que c'est ce qui a contribué à mon succès".
Hans Wilsdorf quitte l'Allemagne en 1893, après le décès de ses parents, pour poursuivre ses études en Suisse. Son don pour les mathématiques et les langues l'amènent à voyager et travailler à l'étranger. Il commence sa carrière en tant qu'apprenti dans une grande société d'exportation internationale de perles, une précieuse expérience qui jouera un rôle immense dans la suite de sa carrière.
En 1900, Hans Wilsdorf met un pied dans le monde de l'horlogerie lorsqu'il s'installe à La Chaux-de-Fonds pour travailler en tant que correspondant anglais et employé de la maison d'horlogerie Cuno Korten, rue Léopold Robert no 49, pour un salaire hebdomadaire de 80 francs suisses. La Feuille Officielle Suisse du Commerce (FOSC) annonce que la maison d'horlogerie Cuno Korten a été créée à La Chaux-de-Fonds en juillet 1899 par Cuno Korten, de Ohligs (Allemagne). Cuno Korten exporte pour plusieurs centaines de milliers de francs de montres de poche par an. Cuno Korten vend toutes sortes de montres et en fabrique quelques-unes de A à Z.
Hans Wilsdorf y est chargé de remonter chaque jour des centaines de montres de poche et de s'assurer que chacune d'elles indique l'heure avec exactitude. Pendant ces quelques années passées chez Cuno Korten, Hans Wilsdorf apprend beaucoup sur l'horlogerie et acquiert des connaissances précieuses sur les différents types de montres produites dans le monde. En mars 1908, à la suite du départ du titulaire, la raison de commerce Cuno Korten, horlogerie, à La Chaux-de-Fonds, sera radiée d'office comme l'indique la Feuille Officielle Suisse du Commerce (FOSC).
1905 : La création de Wilsdorf & Davis
En 1903, Hans Wilsdorf s’installe en Angleterre, à Londres, et est embauché dans une autre société de montres haut de gamme. Puis, en 1905, il fonde sa propre compagnie avec l’aide financière de son beau-frère Alfred Davis. L’entreprise est située au 83 Hatton Gardens à Londres, en Angleterre. Au début des années 1900, les montres de poche sont omniprésentes, tandis que les montres-bracelets sont boudées. Hans Wilsdorf est l’un des premiers à déceler le potentiel des montres-bracelets et se donne comme mission de les populariser. Cette compagnie, tout d’abord appelée Wilsdorf & Davis, va se lancer sur le nouveau marché de la montre de poignet (alors que la norme de l’époque était la montre de gousset). L’objectif de Wilsdorf & Davis est de produire des montres de qualité à des prix abordables.
En 1902, alors à La Chaux-De-Fonds, il entend parler de la Maison Aegler, basée à Bienne, en Suisse, qui produit des "ébauches", des mouvements incomplets destinés à des petits mouvements de montre à échappement à ancre. En 1905, Hans se rend à Bienne et passe commande à la Maison Jean Aegler. Il s’agit alors de la plus grosse commande de montres-bracelets jamais effectuée. Commence alors un long partenariat entre Aegler et Rolex, jusqu’au rachat d'Aegler par Rolex un siècle plus tard.
En 1958, à l'occasion du 50e anniversaire de Rolex, Hans Wilsdorf raconte comment lui est venu le nom de Rolex en 1908 :
"J'ai essayé de combiner les lettres de l'alphabet de toutes les manières possibles. En sont ressortis quelques centaines de noms, mais aucun d'eux ne me satisfaisait vraiment. Puis, un beau matin, alors que j'étais assis à l'étage d'un omnibus londonien qui remontait la rue Cheapside, encore tiré par des chevaux, un bon génie m'a soufflé à l'oreille "Rolex". Quelques jours plus tard, je déposais la marque Rolex, puis la faisais enregistrer officiellement en Suisse par Wilsdorf & Davis".
En 1914, une dizaine d'années après l'arrivée de Wilsdorf à Londres, la Première Guerre mondiale éclate. C'est à cette époque que Wilsdorf change le nom de Wilsdorf & Davis qui devient The Rolex Watch Company Ltd. Quatorze jours avant le début de la Première Guerre mondiale, le 14 juillet 1914, Rolex devient la première montre-bracelet de l'histoire à recevoir un certificat Classe "A" du célèbre Observatoire de Kew. La croissance de Rolex est fulgurante. En 1914, l'entreprise compte déjà plus de 40 employés.
En 1914 ; Hans Wilsdorf écrit :
« À mon avis... les montres de poche vont totalement disparaître et être définitivement remplacées par les montres-bracelets ! J'en suis convaincu et vous verrez que j'ai raison »
En 1915, le gouvernement britannique instaure des droits de douane de 33% pour financer l'effort de guerre qui poussent Rolex à transférer son siège international de Londres, en Angleterre, à Bienne, en Suisse. En 1919, Rolex déménage son siège à Genève, en Suisse, exactement au 18 rue du Marché jusqu'en 1965.
Le siège déménage ensuite rue François-Dussaud 3-5-7, à Genève, où il est toujours établi à ce jour.
À la mort de sa femme en 1944, il décide de léguer toutes ses actions à une institution appelée la Fondation Hans Wilsdorf (qui détient encore aujourd'hui la société Rolex). Bien que ces fonds soient avant tout alloués à la recherche technique, une grande partie de ceux-ci iront à des œuvres de bienfaisance. En 1926, il crée le siège social de la marque Tudor.
En 1927, Rolex fait breveter et lance sa première montre étanche viable d'un point de vue commercial sous le nom de "Rolex Oyster". Rolex sélectionne un détaillant horloger dans chaque ville et en fait des revendeurs exclusifs. Chacun installe une vitrine spéciale: un véritable aquarium avec des plantes, un poisson rouge et une montre bracelet Rolex Oyster. Les passants sont stupéfaits de voir cette montre fonctionner parfaitement alors qu'elle est totalement immergée.