Ce Jour-là

Hans Wegner

Hans Wegner (né le 2 avril 1914 et mort le 26 janvier 2007), est un designer danois.

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Hans Wegner (né le 2 avril 1914 et mort le 26 janvier 2007), est un designer danois.

Une de ses créations, « The Chair », est devenue mobilier historique aux États-Unis, après que le président John Kennedy, qui souffrait du dos et appréciait son confort, l'ait choisi, en 1960, pour son débat télévisé contre Richard Nixon. Ce choix déclencha un regain d'intérêt des Américains pour le mobilier des pays scandinaves.

La société danoise Carl Hansen est le principal éditeur de mobilier dessiné par Hans J. Wegner.

Hans Jørgensen Wegner est né dans la commune de Tønder au Danemark le 2 avril 1914. Peter M. Wegner, son père, était un maître cordonnier. L’atelier de celui-ci lui a donc permis de se familiariser assez jeune aux outils d’artisanat ainsi qu’à l’art. En grandissant, il était attiré par les métiers manuels et rêvait de devenir sculpteur sur bois.

À l’âge de 14 ans, Wegner fit une formation pour devenir ébéniste chez Stahlberg, un maître dans sa profession. Durant les 3 à 4 années d’apprentissage auprès de l’artisan allemand, il fabriquait une grande variété d’objets du quotidien. Le jeune Hans avait un don pour le bois ainsi que pour le maniement des outils d’ébénisterie. À la fin de ses études à 17 ans, il passa l’examen final de Stahlberg et fut même employé par celui-ci . Il continua ainsi à travailler pour lui pendant 3 ans avant de devoir quitter son emploi pour faire son service militaire . En 1936, réalisant qu’il lui restait tant de choses à apprendre, il reprit des études en ébénisterie, mais cette fois-ci à l’Institut Technologique Danois où il resta moins de 3 mois. Dans la même année, décidant qu’il voulait débuter une carrière en tant que designer, il commença des études à l’École des Arts et Métiers de Copenhague. Après seulement deux ans d’enseignement, le jeune créateur arrêta sans obtenir son diplôme. Ce furent là ses dernières études. Hans Wegner a donc vécu un parcours académique assez inhabituel, mais qui l’a mené à une carrière fructueuse.

Immédiatement après la fin prématurée de ses études, en 1938, Wegner fut nommé chef de projet pour le design des meubles de la bibliothèque de Nyborg. C’est donc lui qui créa l’entièreté du mobilier de cet édifice. En effet, il avait commencé à travailler avec les architectes Erik Møller et Arne Jacobsen qui l’avaient chargé de ce projet. On lui demanda, par la suite, de meubler l’Hôtel de Ville d’Aarhus avec ses créations . Dans la même année 1940, il travailla avec le maître ébéniste Johannes Hansen. De 1943 à 1946, il dirigea son propre bureau de design pour ensuite aller travailler auprès de l’architecte Palle Suenson. Ce n’est que deux ans plus tard qu’il décida de retourner dans son studio. En 1945, pendant la guerre, Hans Wegner travailla avec un ancien collègue de classe, Børge Mogensen (da) (1914-1972), un architecte talentueux, dans le cadre d’une compétition pour meubler deux appartements de deux et trois pièces. Le but de ce concours était de penser et de produire du mobilier de qualité pour une famille de quatre personnes (deux parents et deux enfants) ayant un prix tout à fait abordable. Les deux designers ont relevé le défi haut la main.

Pour Hans Wegner, ses premières années de designer ont été consacrées à ne garder que le squelette, soit l’essentiel, des vieilles chaises et de les retirer de leur enveloppe démodée. En effet, les premières chaises de Wegner reprennent des modèles traditionnels iconiques tels que la Peacock Chair qui est une reprise de la Windsor (1947) ou la Wishbone Chair qui est une reprise de chaises Ming.

À la fin de la guerre, Wegner se sentit enfin libéré et il eut l’impression que le monde s’ouvrait devant lui et ainsi s’offrait un éventail de possibilités. C’est dans le courant de l’année 1950 qu’Hans Wegner se fit connaître mondialement. En effet, Interiors, un magazine américain publia un numéro avec la chaise de Wegner « The Chair » en couverture et déclara que c’était « la plus belle chaise du monde ». Ce ne fut pas qu’une découverte du designer, mais aussi une découverte du design danois. Un an plus tard, le prix Lunning, alors qu’il venait tout juste d’être créé, était attribué à Hans. C’était le début d’une série de récompenses. Par exemple, en 1995, l’Académie royale danoise des Beaux-Arts l’élut membre d’honneur. Puis, en 1997, il reçut le « 8e International Design Award » et fut désigné membre d’honneur du Royal College of Art. Hans Wegner décéda le 26 janvier 2007, au Danemark, à l’âge de 92 ans. Encore aujourd’hui, ses créations sont exposées dans les musées les plus réputés au monde comme le Musée d’Art moderne de New York.

Une chaise ne devrait pas avoir de derrière

Premièrement, selon Wegner, une chaise ne devrait pas avoir de derrière. Ce que le designer veut dire par là c’est qu’elle devrait être esthétique, peu importe de quel côté elle est observée. Comme il l’a dit lui-même : « on ne devrait pas être capable de distinguer où elle commence et où elle finit ». Il est donc vraiment important que tous les détails soient pris en compte pour que la chaise soit la mieux pensée possible. Aussi, d’après lui, le dessous d’une pièce en dit long sur sa conception. Ainsi, si on la renverse complètement et que son dessous semble être bien construit, le reste devrait l’être tout autant .

Deuxièmement, tout au long de sa carrière, Wegner a eu une relation très particulière avec le bois. Étant menuisier de formation, il connaissait tout de cette matière et en était amoureux. Pour lui, choisir le bon bois pour le bon projet est donc primordial. En effet, il faut associer les propriétés d’un certain bois avec certains designs et pas d’autres. Cela permet d’assurer la qualité et la pérennité des pièces. Aussi, Wegner considère le grain du bois un facteur important dans la conception d’un objet étant donné que son veinage est tout à fait visible. Il faut donc choisir avec soin son bois puisque cela va définitivement avoir un impact sur l’apparence du design final. Évidemment, comme chaque morceau est unique, savoir agencer les différentes pièces ensemble se révèle aussi être tout un art. La technique d’Hans pour cacher la démarcation que pourraient créer des teintes de bois trop différentes est d’en placer un dont la couleur contraste énormément entre les deux morceaux. Cela atténue grandement le contraste de ton entre les deux pièces .

Montrer la logique dans la structure

Il faut montrer la logique dans la structure selon Hans. En effet, comme le designer a dit lui-même que si un objet ou un meuble est bien conçu, il est dur d’exprimer pourquoi il a été pensé de cette façon, car il y a trop de facteurs à prendre en compte. En même temps, il ne faut pas que la chaise, par exemple, soit plus compliquée que ce qu’elle est vraiment, parce que dans ce cas, cela ne fait que lui ajouter de la lourdeur sans améliorer sa qualité. Aussi, si l’objet est réellement bien pensé, il devrait donc être dur de dire comment il aurait pu être conçu d’une autre façon. De plus, il arrive parfois que certaines parties d’une structure qui sont nécessaires au bon fonctionnement de l’objet aident aussi à forger son caractère . En bref, si un meuble est réellement bien conçu, personne ne penserait à dire comment le faire autrement.

Comme susmentionné, Wegner a baigné toute sa jeunesse dans l’artisanat, étant donné que son père était cordonnier et qu’il a lui-même fait des études en menuiserie. Il a déjà avoué qu’il se sentait plus un artisan qu’un designer . Malheureusement, le créateur se rendait bien compte que les métiers manuels traditionnels se perdent de plus en plus au fil du temps et que maintenant, il n’y a plus la même qualité qui est mise dans l’exécution du travail. Il se souvenait souvent mélancoliquement du temps où chacun façonnait ses propres outils. L’artisanat est une combinaison de savoir-faire dans les matériaux, dans la construction et dans le processus, mais il a été remplacé petit à petit par l’industrie . Du côté du coût des créations de Hans, il a toujours voulu travailler avec les meilleurs matériaux et les meilleures techniques possible. Il est donc normal que ses créations soient un peu plus chères, car s’il coupait dans les prix, il était impossible pour lui d’en tirer un profit. Par conséquent, il est facile de copier une chaise de ce designer en réduisant la qualité du bois. Par contre, comme le disait Hans, il faut savoir qu’en diminuant la qualité du bois, on réduit aussi la qualité du produit final .

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