Ce Jour-là

Hans Memling

Peintre allemand de style flamand (vers 1430-1494)

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Hans Memling ou Hans Memlinc est un peintre allemand de style flamand, né à Seligenstadt en électorat de Mayence vers 1435-1440, devenu citoyen de Bruges en 1465, où il meurt en 1494. Il est l'un des plus grands représentants de la peinture brugeoise du XVe siècle, aux côtés de Jan van Eyck, de Petrus Christus et de Gérard David, et de l'école des peintres primitifs flamands.

Avant de s'installer à Bruges, Memling travaille dans l'atelier bruxellois de son maître Rogier van der Weyden, et il n'ouvre son propre atelier qu'après la mort de Rogier van der Weyden en 1464. D'évidentes similitudes stylistiques étayent une relation étroite entre les deux artistes. Memling développe ensuite un style personnel, empreint de sérénité et de douceur, qui à son tour prend valeur d'exemple pour ses contemporains et notamment le Maître de la Légende de sainte Ursule.

Environ cent pièces de Memling sont connues, qui sont attribuées à lui ou à son atelier. Elles comportent des retables, des représentations de la Vierge, et une importante galerie de portraits.

Seligenstadt. Hans Memling naît à Seligenstadt, situé à 20 km environ au sud-est de Francfort-sur-le-Main. Selon les auteurs, il est né vers 1433 ou vers 1435-1440. Au sud de Seligenstadt se trouve le village de Mömlingen dont dérive peut-être le patronyme de la famille Memling.

Hans Memling quitte sa région natale probablement peu avant, ou vers 1450. Ses parents décèdent en 1450 ou 1451, probablement victimes d'une épidémie de peste. Il est possible que Memling ait reçu une formation intellectuelle et artisanale dans l'abbaye bénédictine voisine, où il a pu voir les tableaux, manuscrits et autres objets artistiques du patrimoine de l'abbaye. Dans la région, il y avait un peintre actif dont Memling aurait pu voir les œuvres. Ce peintre, dont on ne connaît pas le nom, est appelé le Maître de la Passion de Darmstadt.

Cologne. Il est vraisemblable qu'avant de venir aux Pays-Bas, Hans Memling ait séjourné à Cologne. Il y a étudié les œuvres de Stefan Lochner, le plus célèbre peintre dont certains thèmes se retrouvent, en les transposant dans les formes flamandes de la Renaissance, dans ses propres créations. Il n'est pas certain qu'il ait travaillé dans son atelier, car Lochner est mort en 1451. La connaissance que Memling a du paysage urbain de la ville de Cologne que l'on retrouve dans la Châsse de sainte Ursule proviennent plus probablement d'un voyage fait expressément à Cologne, à la demande des commanditaires, au moment de la préparation de l'œuvre.

Bruxelles. Memling travaille, avant de s'installer à Bruges, dans l'atelier bruxellois de Rogier van der Weyden. Rogier est le véritable maître de Memling, comme le prouvent l'affirmation de Vasari qui le cite comme l'« élève de Rogier » et une série d'œuvres de jeunesse qui dérivent, souvent étroitement, du grand maître de Bruxelles. Friedländer indique que Memling a collaboré au « Triptyque Sforza » de Bruxelles - sorti de l'atelier de Rogier - en peignant les deux figures de saintes représentées sur le volet droit (Sainte-Catherine et Sainte-Barbe, catalogue Faggin no 21E). Quant au statut exact de Memling (apprenti ou compagnon), il est plus probable que Memling ait travaillé comme assistant, tout en se perfectionnant; on ne trouve que rarement la trace des compagnons qui font partie de la population anonyme, alors qu'un maître bruxellois ne pouvait à l'époque avoir qu'un seul élève à la fois. On retrouve des influences de van der Weyden dans la manière de dessiner des ébauches, d'abord au pinceau, puis au fusain ou à la craie. Une telle technique ne peut se transmettre que par enseignement, et non par l'observation de tableaux achevés.

Bruges. Memling n'ouvre son propre atelier qu'après la mort de Rogier van der Weyden en juin 1464. D'évidentes similitudes stylistiques étayent une relation étroite entre les deux artistes. Progressivement, il s'inspire de modèles que lui fournissent ses précurseurs à Bruges, Jan van Eyck et Petrus Christus.

De curieuses légendes ont circulé sur la vie de Memling, qui font de lui un soldat qui aurait pris part au siège de Nancy en 1477 où meurt Charles le Téméraire; il serait venu, blessé et épuisé, demander asile à l'hôpital Saint-Jean. Guéri après avoir reçu des soins dévoués, il aurait peint les fameuses compositions qu'on admire toujours.

Le choix de Bruges n'est pas très étonnant. Au XVe siècle, la ville est sous le règne des grands ducs de Bourgogne. C'est une plaque tournante du commerce et de la finance où s'établissent de nombreux négociants et artisans de toutes nationalités. Le caractère cosmopolite de la ville et sa prospérité la rendent particulièrement attrayante pour les métiers liés à la fabrication de produits de luxe, donc également pour les peintres. Memling n'est donc pas un cas isolé, bien au contraire. Presque tous les représentants considérés comme typiques de la peinture brugeoise sont d'origine extérieure. Les peintres étrangers représentent plus de la moitié des artistes enregistrés dans le registre de la corporation à Bruges.

Le plus ancien document où figure le nom de Hans Memling date de 1465. Le 30 janvier de cette année-là, le peintre acquiert le droit de bourgeoisie de Bruges, contre le paiement de 24 sous de gros - montant qui correspondait plus ou moins à un mois de salaire d'un artisan. Tout étranger désirant exercer un métier à Bruges devait détenir le droit de bourgeoisie qui pouvait s'acquérir par mariage, après un séjour d'une année à Bruges ou en payant une certaine somme. C'est cette dernière solution qu'adopte Memling, mais ne fut pas inscrit dans le registre de la guilde des peintres bourgeois et ne remplit aucune fonction administrative. Cela indique qu'il jouissait d'une position privilégiée.

L'année suivante, en 1466, Memling loue une grande maison de pierre dans la Sint-Jorisstraat qu'il achètera en 1480. C'est un quartier qui abrite, jusqu'à la fin du XVIe siècle, peintres et miniaturistes. Il épousa Anna de Valkenaere dont il eut trois enfants.

Memling reçoit des commandes dès son arrivée à Bruges. Il était donc probablement déjà connu par sa collaboration avec Rogier. Peu après son installation, Memling reçoit commande d'un triptyque, le « Triptyque de Jan Crabbe » aujourd'hui dispersé. Le panneau central montre le Christ en croix. Le personnage en adoration est Jan Crabbe, abbé de la puissante abbaye de Dunes, commanditaire de l’œuvre, représenté en habit de cistercien. Sur les panneaux latéraux, il y a sa mère sous la protection de sainte Anne, et son neveu protégé par Guillaume de Malavalle. L'abbé Jan Crabbe qui prend la direction de l'abbaye aux environs de 1467 après une période de mauvaise gestion et établit des relations étroites avec la banque des Médicis. L'abbaye devient la plaque tournante du transfert d'argent entre abbayes cisterciennes. C'est aux deux milieux de banquiers et d'abbés que Memling doit ses premières commandes.

Dès 1467, le banquier florentin Angelo di Jacopo Tani commande au peintre le triptyque intitulé Le Jugement dernier. Ce triptyque eut une vie mouvementée : après sa confection, il doit rejoindre Florence, mais le bateau transportant le tableau est intercepté, le 27 avril 1473, au large de Gravelines, par le corsaire de Dantzig Paul Beneke, travaillant alors pour la Hanse. Le triptyque, destiné à Florence, est installé à la cathédrale de Dantzig. Il est maintenant Muzeum Narodowe w Gdańsku (en), à Gdańsk. Le tableau a été commandé en 1467, ce qui montre que deux ans après son installation à Bruges, Memling recevait déjà des commandes importantes.

Ce tableau est probablement en cours d'achèvement au moment des fêtes somptueuses où on célèbre, en juillet 1468, le mariage de Charles le Téméraire avec sa troisième épouse, Marguerite d'York, sœur du roi d'Angleterre, Édouard IV. Les noces sont célébrées à Damme, l'avant-port de Bruges, par l'évêque de Salisbury. Puis suivent pendant dix jours, à Bruges même, des fêtes fastueuses qui constituent une promotion éclatante de l'État bourguignon. La commande particulièrement prestigieuse du Jugement dernier a suscité l'intérêt et l'engouement des hommes d'affaires italiens résidant ou séjournant à Bruges. De nombreux membres de la colonie florentine ou vénitienne commandent leur portrait à Memling, alors qu'il travaillait encore au retable. Même Tommaso Portinari, devenu entre-temps conseiller et familier de Charles le Téméraire, se fait portraiturer avec sa récente épouse Maria Bandini Baroncelli, probablement à l'occasion de leur mariage en 1470. À peu près à la même époque, Portinari commande en outre à Memling une Scènes de la Passion du Christ, qui était peut-être dans la chapelle privée des Portinari dans l'église Saint-Jacques de Bruges. De taille relativement modeste, il représente, sur le principe de la narration simultanée, plus d'une vingtaine de miniatures représentant des épisodes de la Passion.

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