Ce Jour-là

Hanoï

Capitale du Vietnam

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Hanoï (/a.nɔj/, en vietnamien : Hà Nội /hàː nôjˀ/ « la ville entre les fleuves » ; chữ nho : 河內) est la capitale du Vietnam. Située au nord du pays, au centre du delta du fleuve Rouge et sur les rives du fleuve Rouge (Sông Hồng), sa population est estimée à environ 7,5 millions d'habitants en 2018, dont 2,6 millions dans la ville-centre. Son aire métropolitaine abrite près de 16 millions d'habitants. Si Hanoï est la capitale du pays, elle n'est par sa population que la deuxième ville du Vietnam, après Hô Chi Minh-Ville (8,6 millions d'habitants en 2018), située à 1 760 km au sud. Son paysage urbain est marqué par la présence de nombreux lacs, de grandes artères arborées, d'une vieille ville marchande parsemée de nombreux édifices religieux, de l'ancien quartier français, ainsi qu'une périphérie en pleine expansion. La cité impériale de Thang Long, située au cœur de l'ancienne citadelle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Conglomérat de petits villages artisanaux, Hanoï est officiellement fondée par le roi Lý Thái Tổ en 1010, et demeure jusqu'en 1802 le cœur politique du Vietnam. La ville est éclipsée par Huế, la capitale impériale du pays durant la dynastie Nguyễn (1802–1945), mais devient la capitale de l'Indochine française de 1902 à 1954. Elle est ensuite la capitale de la République démocratique du Vietnam, jusqu'en 1976, et devient celle de la République socialiste du Viêt Nam après la victoire du Nord lors de la guerre du Vietnam. En octobre 2008, la ville de Hanoï absorbe la province de Hà Tây et des territoires ruraux, ce qui fait doubler sa population. En octobre 2010, des grandes festivités, Le Millénaire de Hanoï, commémorent la fondation de la ville.

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la ville connaît une forte croissance démographique et un développement économique soutenu qui font d'elle, une métropole émergente d'Asie du Sud-Est. De nombreux gratte-ciels ont émergé, à l'image de tour Keangnam, l'une des plus hautes du pays. La ville possède un métro entré en fonction en 2021. Centre politique, universitaire et culturel national, Hanoï abrite les principales institutions politiques, grandes écoles et musées du pays, dont le musée national d'Histoire du Vietnam, le musée des Beaux-Arts du Vietnam, ou encore le musée d'ethnographie du Vietnam. Elle est désignée "Ville de la Paix" par l'UNESCO en 1999 et fait partie du réseau des villes créatives UNESCO dans la catégorie design, depuis 2019.

Hanoï se trouve au centre de la plaine du delta du fleuve Rouge, qui charrie ses eaux boueuses depuis les montagnes du Nord-Vietnam vers le golfe du Tonkin. Le fleuve Rouge forme un coude et entre dans la cité par le nord-ouest et en ressort par le sud-est. Depuis toujours, la ville a tourné le dos à son fleuve, même si celui-ci a joué un rôle crucial dans l'histoire des contacts de Hanoï avec l'extérieur. Se cachant derrière ses digues, Hanoï n'est pas définie comme étant une ville fluviale, mais une ville aquatique et lacustre.

Les districts centraux sont essentiellement plats et ne comportent aucun relief particulier, mais comportent en revanche près de 77 lacs. Au début du XIXe siècle, la ville comptait près de 404 lacs recensés, couvrant une surface de 80 hectares, soit plus de 10 % des terres imposées (selon les registres fonciers de 1805-1837). Ces lacs jouent un rôle capital dans la protection de la ville face à la montée des eaux, participent à la beauté paysagère de la cité et font l'objet de nombreuses vénérations légendaires. Les plus connus sont le lac de l'Épée restituée (Hoàn Kiếm), le plus touristique, le lac de l'Ouest (Hồ Tây), le plus étendu de la ville et le lac de Truc Bach, l'un des plus pittoresques.

Les reliefs du territoire hanoïen sont la chaîne de montagnes de Ba Vì, à l'ouest de Hanoï dont le point culminant est 1296m. Et les collines du district de Sóc Sơn, situées dans le nord de la ville, près de l'aéroport international de Noi Bai.

Même si le golfe du Tonkin est situé à moins de 100 km à vol d'oiseau de Hanoï, la ville est située à une altitude proche du niveau de la mer, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux inondations. L'eau fait partie intégrante de la ville et y joue un rôle non négligeable en tant qu'élément structurant. Mais elle constitue également une menace importante car le fleuve Rouge est l'un des fleuves les plus dangereux de la planète, avec ses crues très fréquentes et brutales, concentrées sur les mois d'été, lorsque 75 % des 2 000 mm de pluies se déversent pendant la mousson. Pour s'en protéger, la ville s'est entourée de digues d'une longueur totale de 150 km et le débit de l'eau est contrôlé par des barrages construits en amont de la cité.

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la physionomie de la ville se retrouve bouleversée par une extension urbaine et industrielle très importante, dus à l'exode rural et au développement économique du pays. Elle se traduit dans le paysage urbain par une élévation des bâtiments, une forte densité de population et un empiètement important sur les écosystèmes (rizières, marais) qui jadis entouraient la ville. Le comblement de nombreux lacs, additionné à un système de drainage obsolète et inadapté à l’extension de la ville, font que ces espaces naturels n'assurent plus la fonction de déversoirs naturels. Ainsi de nombreuses inondations submergent certains quartiers. Mais l'une des conséquences les plus graves, est certainement l'endiguement et la pollution de certains cours d'eau, comme la rivière Tô Lịch, émissaire du lac de l'Ouest (Hồ Tây).

Hanoï est située dans une vaste dépression formée à l'ère tertiaire. Autrefois la région était envahie par la mer. Les eaux marines se sont peu à peu retirées et les sédiments répandus par le fleuve Rouge ont peu à peu comblé cet ensellement, profond de plusieurs milliers de mètres. La progression du delta est très rapide à l'échelle géologique. Le sous-sol de Hanoï est composé d'épaisses tourbières qui prouvent que le site était recouvert d'épaisses forêts, composés essentiellement de bambous et de badamiers.

Au gré des renominations qui ont suivi les différentes dynasties impériales ainsi que les périodes de dominations chinoises, Hanoï est l'une des capitales dont le nom a le plus varié au cours de son histoire. Long Dô, Songping, Đại La, Đông Đô, Bắc Thành, ou Đông Kinh (du chinois 東京 (dong jing), signifiant « capitale de l'Est »), qui fut latinisé en Tonkin. Le nom de Tonkin désigna ensuite la province entourant la ville, c'est-à-dire le Nord du Viêt Nam actuel.

Cependant, c'est le nom Thăng Long (signifiant « l'envol du dragon ») qui a subsisté le plus longtemps. Il est encore parfois utilisé de nos jours comme nom littéraire et poétique de la ville. Ce nom perdure jusqu'en 1831, lorsque la capitale impériale des Nguyen est transférée à Huế. Thăng Long, qui avait une connotation impériale a été rebaptisé Hà Nội, signifiant « la ville entre les fleuves » (de hà « cours d'eau » et ņôi « entre »).

Les surnoms régulièrement donnés à Hanoï sont Kẻ Chợ (le marché), Tràng An (longue paix), Hà Thành (diminutif de Thành phố Hà Nội, "ville de Hanoï") et Thủ Đô (la capitale).

Les études sur la métropolisation de Hanoï font l'objet de recherches que depuis récemment (Quertamp 2010 ; Söderström et al. 2010 ; Fanchette et al. 2011 ; Leducq et Scarwell, 2018). Ces études ont permis de dresser les processus de la métropolisation de Hanoï, à travers des dynamiques spatiales, économiques et démographiques.

Hanoï s'est agrandi à plusieurs reprises au cours du XXe siècle : en 1961, en 1978, en 1991 et enfin en 2008 par la résolution no 15/2008/QH12 de l’Assemblée nationale (12e législature) sur l’élargissement des limites administratives. Ce nouveau vaste territoire comprenant la province de Hà Tây, le district Mê Linh de la province de Vĩnh Phúc et quelques districts de la province de Hòa Bình, permet de faire concurrence aux autres grandes métropoles en Asie.

Depuis les réformes constitutionnelles des années 2000, Hanoï s'étend avec le progrès des infrastructures de transports et des télécommunications. En 2010, l'aire urbaine de Hanoï atteint 6,6 millions d'habitants, dont 2,7 millions d'habitants dans les districts centraux. La métropolisation se combine avec une série de phénomènes urbains : conurbation, étalement urbain et périurbanisation.

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