Hamed Bakayoko, né le 8 mars 1965 à Abidjan et mort le 10 mars 2021 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), est un homme d'État ivoirien.
Membre du RDR & RHDP du président Alassane Ouattara, il est Premier ministre de juillet 2020 jusqu’à sa mort, des suites d’un cancer foudroyant. Au moment de son décès, il est également ministre de la Défense et maire d'Abobo.
Hamed Bakayoko est né à Abidjan, dans le quartier populaire d'Adjamé, Habitat-Extension. Il grandit au sein d’une famille musulmane de classe moyenne. Son père est fonctionnaire et sa mère meurt alors qu'il est encore jeune. Il est alors élevé par son père veuf avec son frère et ses deux sœurs. Sa famille pieuse et conservatrice est issue du nord-ouest de la Côte d’Ivoire et descend d'érudits musulmans connus de la famille d'El-Hadji Moussa Bakayoko.
Hamed Bakayoko commence des études de médecine à l'université de Ouagadougou en 1984. Il ne persiste pas dans cette voie. Deux ans après, il décide de se reconvertir et se consacre au journalisme dont il fera plus tard sa profession.
En 1986, pendant ses études au Burkina Faso, il devient responsable de l’Amicale des élèves et étudiants ivoiriens au sein de ce pays. Quand il rentre à Abidjan, il se rapproche des mouvements estudiantins liés au Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI), dont il deviendra le responsable de la Jeunesse estudiantine et scolaire en 1990. Formé au militantisme à l’école du Mouvement des étudiants et élèves de Côte d'Ivoire (MEECI), il fait partie de la génération de jeunes ivoiriens qui voient l’émergence du multipartisme à partir de 1990. La réputation d’Hamed Bakayoko grandit, et il se fait remarquer lors de la campagne présidentielle de 1990. Il fonde à cette époque les Jeunesses estudiantines et scolaires du PDCI (JESPDCI), qui vont traverser la période de crise faisant suite à la mort du président Félix Houphouët-Boigny qui dirigeait le pays depuis son indépendance.
Marié à partir de 1995 avec Yolande Tanoh, de confession chrétienne et avocate au barreau d’Abidjan, Hamed Bakayoko est père de quatre enfants.
À 25 ans, en 1990, il fonde le quotidien Le Patriote dont il est directeur de publication jusqu’en 1993. Leader étudiant influent au sein du PDCI, il finit par obtenir que son journal devienne l’organe de presse du Rassemblement des républicains (RDR), fondé par Djéni Kobina lors de la scission du PDCI historique.
En 1993, trois ans plus tard, il est le premier PDG de radio Nostalgie Côte d'Ivoire à sa création. En 2000, il devient PDG de radio Nostalgie Afrique.
Le parcours d’Hamed Bakayoko lui permet de se créer un important réseau international. Dans le monde politique, il est proche du roi du Maroc, Mohammed VI et du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré.
Dans la politique ivoirienne, il parvient à conserver des liens de confiance dans les deux camps de la guerre civile (2007-2011), des « comzones » insurgées jusqu’au sein du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. L’affirmation et la densification de son réseau a permis progressivement à Hamed Bakayoko de s’imposer comme un négociateur et un intermédiaire dans le jeu politique ivoirien et sous-régional[réf. à confirmer].
En tant que président et fondateur de la Jeunesse estudiantine et scolaire du PDCI (JESPDCI), il s’implique dans la crise politique qui secoue la Côte d’Ivoire en 1990. Il mêle activités professionnelles et vie associative en devenant en 2001 président du conseil national des patrons de la presse de Côte d’Ivoire. Enfin, en 2014, il crée la fondation MAYAMA, en hommage à sa mère Mayama Bakayoko : cette fondation œuvre pour la scolarisation et l’insertion de la femme dans la société ivoirienne, en travaillant pour leur autonomie intellectuelle et financière.
Franc-maçon, Hamed Bakayoko est le grand maître de la Grande loge de Côte d’Ivoire de 2015 à sa mort.
En 2023, Hamed Bakayoko est mentionné, avec Karim Keïta, ami proche et fils du président malien, comme l'organisateur d'un trafic d'or, extrait du Mali et exporté illégalement en Côte d'Ivoire via Sahel aviation service.
Amateur de musique, Hamed Bakayoko est proche d'artistes populaires tels que DJ Arafat, A’salfo (Salif Traoré) du groupe Magic System, ou encore de Tiken Jah Fakoly. Son passé au sein de Radio Nostalgie lui permet de se lier d’amitié avec DJ Arafat, alors connu comme « l'Étoile filante » du coupé décalé. Il déclara avoir été séduit par les origines modestes de la star ivoirienne. « Hamback », surnom d’Hamed Bakayoko, encourage alors le jeune artiste et devient son protecteur, l'invitant à plusieurs reprises dans son club privé. La star disparue le 12 août 2019 avait d’ailleurs appelé à voter pour Hamed Bakayoko lors de son meeting de campagne municipale à Abobo. Aussi Bakayoko n'hésitait pas à présenter DJ Arafat comme son « fils ».
De sa proximité avec la scène culturelle ivoirienne et africaine, Hamed Bakayoko se veut proche des préoccupations populaires nationales mais aussi un défenseur des cultures africaines.
Au-delà de son goût pour les rythmes ivoiriens, Hamed Bakayoko est également connu pour être un adepte du Makossa camerounais ou bien du Ndombolo, sorte de rumba congolaise.
Hamed Bakayoko est proche de Didier Drogba, qui, en 2018, lors du décès de son père lui présente publiquement ses condoléances et en fait l'éloge.
Hamed Bakayoko devient membre du Rassemblement des républicains (RDR) dès sa fondation en 1994 ; le parti est ensuite regroupé avec d’autres au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Lors de la formation du gouvernement de réconciliation nationale consécutive aux accords de Linas-Marcoussis (2003), Guillaume Soro, dont Bakayoko est proche, propose à Alassane Ouattara qu'Hamed Bakayoko obtienne le portefeuille de ministre des Nouvelles Technologies de l'information et de la communication (NTIC). Le président Laurent Gbagbo suit ce conseil. Appelé en tant que membre du RDR au sein du gouvernement d’union nationale, il remplit ces fonctions jusqu’à l’arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara en 2011.