Les Halles de Paris sont un marché de vente en gros de produits alimentaires frais, situé du Moyen Âge à la fin des années 1960 au cœur de Paris, dans le 1er arrondissement, puis déménagé en 1969 pour devenir un des 17 marchés d'intérêt national, celui de Rungis, en banlieue sud.
En 1853, Napoléon III décide d'y construire douze hauts pavillons Baltard, de verre et de métal, terminés entre 1863 et 1874. Décor principal du roman publié en 1873 par Émile Zola Le Ventre de Paris, elles ont donné leur nom au quartier des Halles, associant à partir des années 1980 le jardin Nelson-Mandela (ancien jardin des Halles) au centre Pompidou, avec son musée national d'Art moderne et sa plus vaste bibliothèque de lecture d'Europe.
En sous-sol, le Forum des Halles, troisième centre commercial d'Europe, jouxte une piscine, un vaste cinéma, un conservatoire et la gare souterraine RER Châtelet - Les Halles, la plus vaste gare souterraine au monde, qui fait du site un carrefour relié à toute la région parisienne.
Le marché principal de Paris a changé de place plusieurs fois, pour suivre l'évolution démographique et la croissance rapide de la ville.
Le premier marché animait le cœur de l'île de la Cité, puis il s'implanta de l'autre côté de la Seine, en plein air, sur la terre battue, place de Grève — l'actuelle place de l'Hôtel-de-Ville — jusqu'au XIIe siècle.
Vers 1110, Louis VI le Gros décida un nouveau transfert en rase campagne, sur l'emplacement d'anciens marécages asséchés et transformés en champs, d'où le nom de « Campelli » ou « Champeaux », qu'on retrouve aujourd'hui dans la rue des Petits-Champs. Et pendant plus de huit siècles, les Halles allaient rester à cet emplacement, en subissant de continuelles transformations, pour essayer de s'adapter aux besoins sans cesse croissants de la capitale.
Le pilori du roi situé aux Halles était le seul à Paris, les seigneurs haut-justiciers n'ayant droit qu'à une échelle de justice. Le premier pilori installé à un carrefour près de la place de Grève est transféré aux Halles sous le règne de Saint Louis.
Il était placé à l'angle nord-est du marché aux poissons, à proximité de la fontaine (Le Puits-d'Amour) et d'une croix.
Tombant en ruines, il est reconstruit en 1502, brûlé par les Parisiens en 1516 et encore reconstruit en 1542.
Le pilori des halles était une tour avec un rez-de-chaussée habitable surmonté d'un étage hexagonal sur une roue mobile en fer, avec la place pour six condamnés. Les parois étaient percées de trous dans lesquels le condamné passait sa tête et ses mains.
Cette peine d'exposition publique infamante dans un lieu particulièrement fréquenté était infligée aux commerçants ayant fait usage de faux-poids, aux banqueroutiers, aux faux-témoins, aux proxénètes et aux blasphémateurs qui avaient la langue coupée à la cinquième récidive. Il est supprimé en 1789.
Jusqu'à la fin du XVIIe siècle
1110 : Louis VI le Gros ordonne le transfert des deux marchés (marché Palu de l’île de la Cité et marché central de la place de Grève, devenus insuffisants face à l'accroissement de la ville) au nord-ouest de Paris, au lieu-dit Les Champeaux (« Petits Champs »), à l’endroit d’anciens marécages situés alors extra-muros, à l'emplacement actuel[C'est-à-dire ?]. Il y fait construire une grande halle au croisement stratégique de trois voies importantes, la rue Saint-Denis, la rue Montmartre et la rue Saint-Honoré. Fin 1137, le nouveau roi de France, Louis VII le Jeune, exempte Adelente Gente de tout droit sur une maison et un four qu'elle avait fait construire au nouveau marché des Champeaux qui prend le nom de fief de la Rapée et qui subsistera jusqu'à la Révolution.
1181-1183 : Philippe-Auguste achète la foire Saint-Ladre ou Saint-Lazare, située dans les faubourgs du nord de la ville et dépendante de la léproserie située dans l'enclos Saint-Lazare, en 1183 ou 1181 et la transfère à l'emplacement même des futures Halles. En complément de cet achat, il fait prolonger l'aqueduc qui amenait l'eau des sources du Pré-Saint-Gervais au prieuré Saint-Lazare jusqu'aux halles où est établie la première fontaine publique de Paris. En 1183, deux bâtiments couverts sont élevés pour accueillir le nouveau marché et améliorer la salubrité. Très intéressé par le développement de ce marché central[réf. nécessaire], Philippe Auguste réglemente lui-même le commerce des denrées essentielles : viande, pain et vin. Quelques années plus tard, le roi achète à Adam, archidiacre de Paris, puis évêque de Thérouenne, l'entière propriété des terrains du fief de Thérouenne en payant une redevance à l'évêché de Paris. Il s'agit d'un bazar[Quoi ?] immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendent des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie. Les marchands s'installent sous des abris particuliers, proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie doit son nom au nombre de commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands viennent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement.
Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe Auguste fait construire les premières halles pour les drapiers et tisserands. Ce développement est contemporain de la construction à la fin du XIIe siècle de la nouvelle enceinte de Paris qui inclut désormais le quartier des Champeaux à l'intérieur de la ville fortifiée.
Le marché continue de s'étendre, de telle sorte qu'en 1269, Saint Louis fait construire trois nouvelles halles (le lieu au Moyen Âge continue à s'appeler le plus souvent « la Halle » en référence à celle de 1137) : deux marchés sont affectés aux drapiers, le troisième aux merciers et aux corroyeurs.
À partir du XVIe siècle, on envisage sa réorganisation et l'élargissement des voies. La vente en gros des poissons aux Halles de Paris se faisait non de gré à gré entre vendeurs et acheteurs, mais aux enchères et par l’intermédiaire d’officiers publics.
1543 : par l'édit de Réformation, François Ier décide la reconstruction des Halles pendant vingt-neuf ans. Il s'y prend de manière que Paris y gagne, et le Trésor aussi.[pas clair] Au terme d'un édit du 20 septembre, il ordonne « la vente aux enchères des places vides des halles » annonçant la renonciation des Domaines à la faculté de rachat ; en retour, les acquéreurs avaient obligation d'exécuter, dans des délais fixés, la démolition de bâtisses existantes et la reconstruction de « maisons et manoirs commodes ». Jusqu'en 1572, on fait bâtir des maisons avec, généralement, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connus sous le nom de « piliers des Halles », qui disparaissent lors de la construction des pavillons Baltard. Au centre de ces galeries à arcades se trouve le « carreau », marché du pain, du beurre, du fromage et des œufs.