Ce Jour-là

Haïti

État situé sur l'île d'Hispaniola dans l'archipel des Grandes Antilles indépendant depuis 1804

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Haïti, en forme longue la république d'Haïti (en créole haïtien : Ayiti , forme longue Repiblik dayiti), est un État des Grandes Antilles, occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 27 750 km2 environ), les deux tiers orientaux étant occupés par la République dominicaine. Sa capitale est Port-au-Prince et son point culminant est le pic la Selle (2 680 m d'altitude). Haïti est le seul territoire francophone indépendant des Caraïbes, dont il est également le pays le plus peuplé.

La défaite française lors de l'expédition de Saint-Domingue, au terme de la révolution haïtienne, est à l'origine de la création de la république d'Haïti, qui devient en 1804 la première république à majorité noire des temps modernes et le deuxième État indépendant d'Amérique après les États-Unis.

Haïti subit l'occupation militaire américaine à partir de 1915 mais retrouve son indépendance en 1934, après dix-neuf ans.

Après avoir manqué la transition démocratique après la chute des Duvalier (François Duvalier, dit « Papa Doc », et son fils Jean-Claude Duvalier, dit « Baby Doc »), dictateurs de 1957 à 1971, puis de 1971 à 1986, Haïti, surnommée « la Perle des Antilles » depuis l'époque coloniale, tente de s'organiser, puis de se reconstruire après le violent séisme du 12 janvier 2010. Toutefois, le pays sombre progressivement dans le chaos et le président Jovenel Moïse est assassiné par des gangs le 7 juillet 2021. Le Premier ministre Ariel Henry assure alors l'intérim jusqu'à sa démission, annoncée le 11 mars 2024, laissant le poste de chef de l'État vacant dans l'attente de la mise en place d'un Conseil présidentiel de transition. L'intérim du poste de Premier ministre est alors assuré par Michel Patrick Boisvert, ministre des Finances d'Ariel Henry.

En parallèle, le pouvoir législatif disparaît également à partir du 13 janvier 2020 lorsque le mandat de la totalité des députés et de deux tiers des sénateurs prend fin. Les dix derniers sénateurs encore en fonction ont vu leur mandat s'achever début janvier 2023, sans être ni réélus ni remplacés.

Haïti est un membre observateur et invité permanent de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), de la Commission internationale du riz (CIR) et du G33.

Depuis le 11 novembre 2024, l’homme d’affaires et politicien Alix Didier Fils-Aimé, nommé par le Conseil présidentiel de transition, est Premier ministre.

Chez les Taïnos, Ayiti signifierait, selon les versions, « terre des hautes montagnes » ou « la montagne dans la mer », ou « âpre terre ».

Lorsque les flibustiers français — qui ont d'abord envahi l'île de la Tortue au nord — migrent vers la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, ils francisent en Saint-Domingue le nom de Santo Domingo, qui est celui de la capitale de l'île fondée par les Espagnols au sud-est de celle-ci.

De 1630 à 1664, ce nom reste informel jusqu'à ce que Jean-Baptiste Colbert incorpore la « colonie de Saint-Domingue » à la Compagnie française des Indes occidentales. Le nom de Saint-Domingue sera confirmé par les traités de Ryswick (1697) et de Bâle (1795) pour désigner la partie occidentale qui, durant cette période coloniale française, est aussi surnommée la « perle des Antilles ».

Le 1er janvier 1804, en déclarant l'indépendance du pays, Jean-Jacques Dessalines lui redonne le nom taïno d'origine, « Haïti », en l'honneur de ce peuple amérindien.

Peuplement amérindien, arrivée des Espagnols et établissement de la traite des Noirs

Les peuples de culture arawak, kalinago et taïno occupent l'île avant l'arrivée des Espagnols. La présence des Taïnos est attestée par les fouilles archéologiques entreprises dans la grotte Marie-Jeanne, dans la commune de Port-à-Piment, située au sud du pays. Puis, débarquant le 5 décembre 1492, Christophe Colomb la nomme l'île Hispaniola, alors que les indigènes la nommaient de trois façons : Ayiti, Quisqueya et Bohio. On estime qu'environ 100 000 indigènes[citation nécessaire] peuplaient l'île d'Hispaniola à la fin du XVe siècle.

Arrivée des Espagnols et établissement de la traite des Noirs

Les Espagnols exploitent l'île pour son or. Les Amérindiens refusant de travailler dans les mines sont réduits en esclavage ou massacrés ; les rares personnes qui réussissent à s'échapper trouvent refuge dans les montagnes et sont marginalisées et fortement paupérisées. Les maladies infectieuses arrivées avec les Européens font des ravages. Les mauvais traitements, la dénutrition et la baisse de natalité font le reste : la population indigène est exterminée en quelques décennies.

Les Espagnols font alors venir d'Afrique des esclaves noirs déportés. En 1517, Charles Quint autorise la traite des esclaves, qu'il interdira dès la décennie suivante, mais sans succès, pas plus qu'ensuite le pape Paul III.

La partie ouest d'Hispaniola, dépourvue de minerai, est vite négligée par les colons espagnols, qui la laissent vide. Des boucaniers français s'y installent, malgré plusieurs expéditions militaires espagnoles. Au XVIIe siècle, sous l'autorité du cardinal de Richelieu, l'installation française s'institutionnalise. La colonie de l'Île de la Tortue, au nord-ouest d'Hispaniola, devient le siège de la flibuste. Ces aventuriers gagnent peu à peu la « Grande terre » : en 1654, ils créent la première ville de la future colonie de Saint-Domingue : Petit-Goâve. Le premier gouverneur de la colonie est Bertrand d'Ogeron de La Bouëre, nommé en 1665. Sachant se faire accepter des flibustiers, il organise la colonisation par la venue de Français qui s'engagent à travailler trois ans avant de devenir propriétaires de terres (on les appelait les « 36 mois ») et celle de « filles à marier ». Il favorise la plantation de tabac. Ainsi, il sédentarise une population de boucaniers et de flibustiers peu portée à accepter l'autorité royale jusqu'aux années 1660. Bertrand d'Ogeron attire aussi des colons de Martinique et de Guadeloupe.

Mais en 1670-1690 intervient la crise du tabac et un grand nombre de places sont abandonnées. Les rangs de la flibuste grossissent, les pillages, comme ceux de Vera Cruz en 1683 ou de Campêche en 1686, se multiplient et Jean-Baptiste Colbert, ministre de la Marine, ramène l'ordre en prenant un grand nombre de mesures. Il transfère le gouvernement à Port-de-Paix en 1676. Il encourage la création de plantations d'indigo et de canne à sucre. Le premier moulin à sucre est créé en 1685. Enfin, il réglemente l'esclavage en préparant le Code noir (qui sera promulgué en 1685, après sa mort). Avant l'adoption de ce code, l'esclavage était théoriquement interdit, mais largement pratiqué dans la réalité. L'ensemble de ces actions permet l'essor économique de la colonie.

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