Le HMS Hood (fanion 51) est un croiseur de bataille britannique de classe Admiral, fleuron de la Royal Navy pendant l'entre-deux-guerres. Il est coulé le 24 mai 1941 à la sortie du détroit du Danemark, lors d'une bataille navale l'opposant au cuirassé allemand Bismarck.
Il porte le nom de l’amiral Samuel Hood (1724-1816).
Le « croiseur de bataille » était une classe de navire théorisée par Sir John Jackie Fisher, un des nombreux visionnaires de la Royal Navy (par ailleurs, il est à l'origine des Dreadnought, classe de cuirassés novatrice). Les croiseurs de bataille (BC en anglais) sont des navires similaires en taille et en armement au dreadnought, mais nettement plus rapides, au prix d'un blindage réduit. On peut résumer le principe des croiseurs de bataille en une phrase : « Speed is armour » (la vitesse tient lieu de blindage).
Au début de l’année 1915, le bureau des renseignements britanniques fut informé que la marine impériale allemande avait mis en chantier des croiseurs de bataille qui étaient une amélioration des déjà redoutables « Derffinger ». Les quatre bâtiments de la classe Mackensen devaient avoir une longueur de 224 m, une largeur de 30,40 m, être armés de huit pièces de 350 mm, ainsi que de quatorze de 150 mm. Une puissance de 90 000 ch leur donnerait une vitesse de 28 nœuds pour un déplacement maximum de 35 000 tonnes. Quant à la protection, elle dépassait en tout point celles des croiseurs de bataille de la Royal Navy.
Le 8 novembre 1915, le département des constructions navales reçut l’ordre de préparer un projet basé sur une extrapolation des dreadnoughts de la classe « Queen Elizabeth ». Une fois de plus, sir Tennyson-D’Eyncourt fut sollicité pour remettre au plus vite les premiers projets. Cependant, en poursuivant le développement d’un cuirassé, il était hors de propos de vouloir contrer les réalisations allemandes dont la vitesse allait dépasser les 28 nœuds. Ces études furent encore soumises à l’amiral Jellicoe, qui confirma son désir de renforcer son escadre de croiseurs de bataille. Pour cet officier général, les nouveaux bâtiments devaient atteindre une vitesse de 30 nœuds et être armés de pièces devant être au minimum du 15 in (380 mm).
À partir de 1916, et à la suite de nombreux débats, le département des Constructions navales décide de poursuivre les travaux d’étude sur le projet no 3. Afin de gagner du poids, il fut décidé d’adopter des chaudières à petits tubes et les devis de poids étaient ainsi répartis :
Carburant : 1 200/4 000 tonnes
Equipement général : 750 tonnes
Le 19 avril, l’amirauté ordonnait la construction de trois croiseurs de bataille qui allaient former la classe Admiral. Le chantier John Brown allait réaliser le Hood, Cammell Laird le Howe et Fairfield le Rodney. Le 13 juin la construction d’un quatrième bâtiment, le Anson, fut demandée, aux ateliers Armstrong Whitworth (les noms des bâtiments furent confirmés et officialisés le 14 juillet 1916).
Le poids totale du blindage en 1941 est de 13 870 t
Les huit pièces de 381 mm (conçues en 1912 et installées pour la première fois en 1914) allaient être réparties en quatre tourelles doubles Mk2 à commande hydraulique (le poids d’une tourelle double de 381 mm est de 880 tonnes placées dans l’axe du bâtiment, par paires en chasse et en retrait (Surperfing). Les tourelles étaient désignées A, B, X et Y d'avant en arrière. Le canon de 15 pouces mk.I est probablement le meilleur canon naval de gros calibre jamais développé par la Grande-Bretagne de toute son histoire maritime (le premier tir à bord ayant eu lieu en 1915 et le dernier en 1954). Il arma les cuirassés de la classe Queen Elizabeth Revenge, Courageous, Renown, le HMS Vanguard et le HMS Hood. Pendant sa longue carrière, cette bouche à feu fit preuve d'une efficacité remarquable, ses premières cibles navales furent les bâtiments allemands pendant la bataille du Jutland où il engagea les croiseurs allemands à 17 400 m. Le canon démontrera encore ses capacités 20 ans plus tard dans tous les théâtres où il fut engagé, notamment en juillet 1940 contre les Italiens, le HMS Warspite réussissant l'un des plus longs coups jamais enregistrés par un canon naval sur un navire ennemi lorsqu'il eut touché le cuirassé italien Giulio Cesare à 24 000 m. Néanmoins, au milieu des années 1930, l'amirauté remet en doute les capacités de cette arme, considérée comme obsolète notamment en regard des derniers canons d'autres nations considérés comme plus puissants, capables de portées plus élevées et de tirer des projectiles plus lourds. Parallèlement à cela, les navires transportant ces canons approchaient vingt ans de service et commençaient à montrer des signes d'usure. Inhibés par les restrictions du traité de remplacement des cuirassés, les Britanniques ont plutôt cherché à rectifier la situation en lançant un programme de modernisation dans lequel les navires faisaient l'objet de révisions majeures, incluant l'amélioration de leurs armements.
1) La limite d'élévation supérieure des supports a été augmentée de 20 degrés à 30 degrés, qui a augmenté leur portée maximale avec des projectiles 4crh de 21 670 m à 26 520 m.
2) Les projectiles ont été améliorés et une casquette balistique plus profilée (6crh - Caliber-Radius-Head) a été installée, ce qui a encore augmenté la portée à 29 260 m à 30 degrés d'élévation.
Le rythme auquel ces navires pouvaient être modernisés était limité, et au début de la Seconde Guerre mondiale, les Malaya, Barham, Repulse et les cinq cuirassés de la classe Royal Sovereign n'avaient pas encore été mis à niveau. Royal Oak, Barham et Repulse ont été coulés au début de la guerre, mais les navires non modernisés restants ont reçu une « super charge » qui consistait en la plus grande charge propulsive possible que les canons et les supports pouvaient supporter en toute sécurité. Ceux-ci ont été délivrés à partir de la fin de 1941 et à l'élévation maximale de 20 degrés, ils permettaient une portée de 26 240 m. Cependant, d'après une étude des archives, il semblerait qu'aucun navire n'ait jamais tiré avec des super charges, bien qu'elles aient été utilisées par l'artillerie côtière à Douvres. Les super charges n'ont pas été tirées à des angles de 30 degrés car la fatigue accrue des structures du navire par les contraintes ainsi induites n'étaient pas considérées comme acceptables. Pour cette raison, les sources qui citent le HMS Vanguard comme ayant des portées de canon supérieures à 29 260 m sont quelque peu trompeuses, car une telle portée aurait nécessité l'utilisation de super charges, que le navire n'a jamais portées.
La conception de ces armes était en grande partie basée sur le 13,5"/45 (34,3 cm) Mark V.
Pour la première fois des tourelles modèle mk2 furent montées sur un bâtiment, la principale différence est l'augmentation de l'élévation de 20° à 30° permettant l'augmentation de la portée à 26 500 m contre 21 700 pour les anciennes montures, avec une amélioration légère de la rotation et l'élévation des canons, respectivement 5°/s et 2°/s.
L'armement secondaire du navire se composait de douze canons BL de 5,5 pouces (140 mm) Mk I, chacun avec 200 obus. Ils étaient expédiés sur des supports blindés à pivot unique installés le long du pont supérieur et du pont-abri avant. Cette position haute leur a permis de travailler par gros temps, car ils étaient moins affectés par les vagues et les embruns par rapport à la casemate. Ces canons furent montés uniquement sur le HMS Hood, HMS Furious et plus tard sur le porte-avions Hermes. Il n'est pas connu pour des performances supérieures aux canons de 152 mm en service à l'époque dans la marine britannique mais ses obus plus légers et donc plus faciles à manipuler furent préférés.
Deux de ces canons ont été temporairement remplacés par des canons anti-aériens (AA) QF 4 pouces (102 mm) Mk V entre 1938 et 1939. Puis tous les canons de 5,5 pouces ont été retirés lors d'une autre modification en 1940 au profit de canons en affût double ; les canons de 102 m sont reconnus comme raisonnablement bons en tant que canon AA (Le HMS Carlisle, un croiseur AA converti armé de canons de 102 mm, a abattu 11 avions pendant la guerre, le score le plus élevé parmi les croiseurs britanniques) mais leurs calibres relativement réduit a longtemps remis en cause leurs efficacités contre des cibles navales ; néanmoins ils se révéleront à la hauteur notamment sur les plus gros destroyers britanniques. Ils pouvaient être utilisés en mode de tir rapide (QF) ou semi-automatique (SA). En mode QF, la culasse était ouverte manuellement après le tir en déplaçant un levier qui éjectait également la douille utilisée. En mode SA, la culasse s'ouvrait automatiquement après le tir et éjectait la douille utilisée. Pendant le chargement, le mécanisme de culasse se fermait automatiquement lorsque le bord de la cartouche heurtait les éjecteurs, le canon pouvait alors atteindre la cadence de tir de 20 coups par minute, un obus toutes les trois secondes. Il y avait trois types de munitions : une HE classique, un obus SAP et un obus chronométrique (remplacé par un obus à détonation de proximité) pour lutter contre les avions à l'aide du radar.