Hô Chi Minh-Ville ou Hồ Chí Minh-Ville (/o.tʃi.min.vil/ ou /o.ʃi.min.vil/ (en vietnamien : Thành phố Hồ Chí Minh /tʰan˨˩ fo˧˥ ho˨˩ t͡ɕi˧˥ mɨn˧˧/ ), également connue sous les noms de Saïgon (/saj.gɔ̃/ (en vietnamien : Sài Gòn /ʂaːj˨˩ ɣɔŋ˨˩/ ) et Prey Nokor (en khmer : ព្រៃនគរ), est la ville la plus peuplée du Vietnam. Elle constitue le principal centre économique et de divertissement du pays, ainsi que l’un de ses deux principaux pôles culturels et éducatifs, avec Hanoï. Hô Chi Minh-Ville est une municipalité et fait partie des deux municipalités type urbain zone classées spéciales du Vietnam, avec la capitale Hanoï. Sur le plan administratif, la ville compte 168 unités administratives, réparties entre 113 quartiers, 54 communes et 1 zone spéciale. Elle couvre une superficie de 6,772.59 km² et 14,052,713 habitants en 2026, soit la population la plus importante du pays. Sa densité de population s’élève à 2,067 hab/km², ce qui en fait la deuxième plus élevée du Vietnam. Le centre administratif de Hô Chi Minh-Ville se trouve dans le quartier de Saïgon.
Elle se trouve sur les rives de la rivière de Saïgon. Située à proximité du delta du Mékong, cette ville est la métropole du Sud du pays. Elle est emblématique du processus de métropolisation en Asie du Sud-Est. Elle n'était à l'origine qu'un village de pêcheurs khmer et devint à partir du XVIIe siècle une ville de peuplement vietnamien (et chinois) sous l'impulsion de la cour impériale des Nguyên à Hué. Pendant la colonisation française, elle fut d'abord la capitale de la colonie de Cochinchine, puis celle de l'Indochine française de 1887 à 1901. Après la partition du pays à la fin de la guerre d'Indochine, Saïgon devint en 1955 la capitale de la république du Viêt Nam.
Pendant la guerre du Vietnam, Saïgon était le siège du commandement américain ; son activité économique fut portée par la présence de centaines de milliers de soldats américains et son port était embouteillé par l'arrivée d'énormes importations de matériel. Sa prise par l'armée nord vietnamienne et le Viet Cong le 30 avril 1975 (chute de Saïgon), marqua la fin du conflit. Les vainqueurs débaptisèrent la ville au profit du nom de leur chef historique, Hô Chi Minh, mort plus de cinq années auparavant.
De nombreux Vietnamiens continuent de désigner l'ensemble de la ville sous le nom de « Saïgon », même si, officiellement, cette dénomination ne correspond plus qu'au seul centre de Hô Chi Minh-Ville.
Les Khmers, premiers habitants des lieux, désignaient cette ville sous le nom de Prey Nokor (ព្រៃនគរ : la « ville de la forêt »). Ce nom est toujours d'usage pour les Cambodgiens ainsi que pour la minorité Khmer Krom vivant dans le delta du Mékong.
À l'arrivée des Viêts au XVIIe siècle, la ville prit le nom usuel de Sài Gòn, dérivé de l'hydronyme Sông Sài Gòn, la rivière qui la traverse, tandis que le nom officiel, en usage jusqu'à la colonisation française, était Gia Định (« maison, bâtisse »).
L'odonyme Gia Định désigne ensuite la vieille ville de Saïgon avec sa citadelle construite par Olivier de Puymanel en 1790.
L’appellation Saïgon désigne le quartier de Cholon (Chợ Lớn, « grand marché »). D'autres appellations sont utilisées par les mandarins : Dong Nai, Phan Yen, Gia Dinh, et par les commerçants locaux : Ben Nghe et Ben Thanh.
Les Français, quant à eux, pérennisent le nom Sài Gòn, avec une orthographe francisée (qui se prononçait « Sa-ï-gon ») jusque dans les années 1920. De 1931 à 1956, ce nom sera officiellement associé à celui de Cholon, la ville limitrophe à forte communauté chinoise, avec laquelle elle sera fusionnée : Saïgon-Cholon, avant de reprendre le seul nom de Saïgon.
Après la révolution d'Août, le 23 septembre 1945, l'armée française reprit la ville. En août 1946, le Département du Centre-Sud a tenu une réunion, Tran Huu Nghiep proposa de changer le nom de Saïgon en Hô Chi Minh-Ville. Une résolution fut émise puis envoyée à l'Assemblée nationale ainsi qu'au gouvernement de la république démocratique du Vietnam cette proposition. Toutefois, en raison de nombreuses questions urgentes à résoudre, elle n'a pas été officiellement décidée.
Le 30 avril 1975, la république du Vietnam fut dissoute et le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la république du Sud Vietnam prit le contrôle. La capitale, Saïgon, ainsi que la province de Gia Dinh et les deux districts voisins de Cu Chi et Phu Hoa sous la république du Vietnam furent fusionnés en une seule unité administrative nommée Saïgon-Gia Dinh. Le 2 juillet 1976, alors que la première Assemblée nationale du Vietnam unifié décida de changer le nom du pays en république socialiste du Vietnam, elle a en même temps changé une nouvelle fois le nom de la ville en Hô Chi Minh-Ville, en hommage au père de l'indépendance vietnamienne ainsi que premier président de la république démocratique du Vietnam : Hô Chi Minh.
Durant la dynastie des rois Lê entre 1428 et 1789 au Vietnam, la route des épices attire les premiers missionnaires et commerçants européens vers le XVIe siècle. Le pays était divisé et concurrencé par deux forces seigneuriales, les Trinh au nord du pays et les Nguyễn au sud. Les Occidentaux appelaient la basse Cochinchine la partie gouvernée par les Nguyễn, dont Saïgon devient la capitale.
La première présence vietnamienne dans l'actuelle Ho Chi Minh-Ville remonte au début du XVIIe siècle lorsque le seigneur Nguyễn établit une station fiscale en 1623, et quand un officier des seigneurs Nguyễn établit un poste militaire à Tan My, dans la région actuelle de Saïgon en 1679. Le gouverneur des nouvelles terres, le général Nguyen Huu Kinh, crée la préfecture de Gia Định en 1698. La région de Saïgon devient le district de Tan Binh où se retrouve le siège de l'administration et d’où l’autorité des Nguyễn rayonne sur la Cochinchine.
Le nom de Saïgon a été mentionné pour la première fois par le philosophe et encyclopédiste Le Quy Don en 1776 dans son œuvre Phủ Biên Tạp Lục (Chroniques de la frontière). Après la prise de la ville le 17 février 1859 par une flotte franco-espagnole sous le commandement de l'amiral Charles Rigault de Genouilly, les forces vietnamiennes de l'empereur Tự Đức assiègent Saïgon sans succès de mars 1860 à février 1861. Gia Dinh ou Saïgon est le chef-lieu d’une des trois provinces, avec celles de Mytho et de Biên Hòa, qui, avec l’archipel de Côn Đảo, ont été cédées aux Français par l’empereur d’Annam Tự Đức, dans le cadre du traité de Saïgon en 1862.
L’urbanisme est repensé, le plan de Saïgon concernant les constructions nouvelles, en pierres, est celui d’une ville de colonisation, géométrique comme les villes romaines ou les villes américaines du Nouveau Monde. La ville moderne possède bientôt tous les bâtiments qui suivent les progrès scientifiques de l’époque, avec l’hôpital de la marine dès 1873, la cathédrale Notre-Dame de Saïgon construite entre 1877 et 1880, la gare de Saïgon en 1881 avec l'arrivée du premier train entre Mytho et Saïgon, un hôtel des postes en 1891, le théâtre municipal en 1900, l’hôtel de ville en 1907. Les Français surnomment la ville « la Perle de l’Extrême-Orient ».
L'Armée japonaise occupe la ville entre août 1941 et août 1945. Après la capitulation japonaise, les Français reprennent facilement le 23 septembre 1945 le contrôle de Saïgon, tenue par le Viêt Minh, mais ne peuvent empêcher le massacre des civils français par les Vietnamiens qui va suivre. Le 25 septembre 1945, dans le quartier de Héraud situé dans la banlieue nord de Saïgon, une centaine de civils français, européens, ainsi que des métis sont massacrés par des Vietnamiens armés qui prennent d'assaut le quartier. Pendant plusieurs heures, hommes, femmes, enfants, sont tués, violés et mutilés. Les assaillants prennent également en otage une centaine de Français. Il s'agit du plus important massacre commis contre des civils français en Indochine, avec celui de Hanoï en décembre 1946 où 43 civils sont massacrés par des Vietnamiens.
La ville devient ensuite le théâtre d'un important procès (en) destiné à juger les criminels de guerre japonais.