Hélène Cixous, née le 5 juin 1937 à Oran en Algérie, est une écrivaine et universitaire française.
Elle se fait connaitre par son roman autobiographique Dedans (1969, Prix Médicis) et son essai Le Rire de la Méduse (1975), œuvre-phare de l'« écriture féminine » dont elle devient une figure majeure, aux côtés notamment de Julia Kristeva et Luce Irigaray. Également auteure dramatique, elle écrit plusieurs pièces pour le Théâtre du Soleil, où sa collaboration avec Ariane Mnouchkine dure depuis 1984.
La carrière académique d'Hélène Cixous est principalement associée au Centre universitaire de Vincennes, dont elle est l'une des fondatrices en 1968 et où elle créé en 1974 le Centre d'études féminines, premier du genre en Europe. Elle est lauréate de nombreux prix pour ses pièces et pour ses textes, théoriques ou de fiction, et docteure honoris causa d'une dizaine d'universités dans le monde.
Hélène Cixous est née à Oran d'un père médecin (Georges Cixous, également né en Algérie, 1908-1948), et d'une mère allemande devenue sage-femme en 1952 (Eve Klein,1910-2013), au sein d'une famille juive, ashkénaze par la mère, séfarade par le père .
En 1955, elle se marie, quitte l'Algérie et donne naissance à trois enfants, Anne-Emmanuelle, Stéphane, Pierre-François.
Hélène Cixous est reçue à l'agrégation d'anglais en 1959.
Proche de Jean-Jacques Mayoux, elle rédige une thèse sur James Joyce, devenant docteur ès lettres (1968).
Elle est professeure à l'université de Nanterre en 1967.
En 1969, elle participe à la fondation de la revue Poétique, avec Tzvetan Todorov et Gérard Genette.
Elle est à l'origine, avec Raymond Las Vergnas, de la création du centre universitaire de Vincennes, après Mai 68. Elle y occupe dès 1969 une chaire de littérature anglaise, et elle y fonde en 1974 le Centre d'études féminines et d'études de genre, pionnier en Europe.
À partir de 1983, elle anime un séminaire au Collège international de philosophie.
À partir de 1967, Hélène Cixous publie une œuvre considérable, composée d'une soixantaine de titres essentiellement parus aux éditions Grasset, Gallimard, Des femmes et Galilée. Elle est en outre dramaturge et ses pièces sont mises en scène par Simone Benmussa au théâtre d'Orsay, par Daniel Mesguich au Théâtre de la Ville et par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil.
Elle publie des textes sur Jacques Derrida et sur James Joyce, mais aussi sur les œuvres de Clarice Lispector, qu’elle contribue à faire connaître en France, Maurice Blanchot, Franz Kafka, Heinrich von Kleist, Montaigne, Ingeborg Bachmann, Thomas Bernhard, Marina Tsvetaeva, Jean Genet et Samuel Beckett.
Elle a beaucoup écrit sur l'œuvre d'artistes, tels Simon Hantaï, Pierre Alechinsky, ainsi que deux livres sur Adel Abdessemed.
Elle est la marraine de la Société européenne des auteurs et traducteurs.
Engagement militant et amitié avec Derrida
« Elle a partagé toutes les “guerres de libération” : celle de l’Algérie, pays où elle est née, celle de l’université, minée par les archaïsmes, celle des femmes, alors sous la coupe masculine. Avoir été jeune dans cette décennie, dit-elle, était une chance…. »
En 1963, Hélène Cixous rencontre Jacques Derrida, « avec qui elle partage un vécu commun de juifs d'Algérie » selon France Culture. Elle entretient avec lui une longue amitié et partage de nombreuses activités à la fois politiques et intellectuelles, comme la création de l'université Paris-VIII, le Centre national des lettres (aujourd'hui Centre national du livre) — 1981-1983 —, le Parlement international des écrivains, le Comité antiapartheid, des colloques, ou encore des séminaires au Collège international de philosophie. Ils partagent certaines publications communes ou croisées, comme Voiles, avec des dessins d'Ernest Pignon-Ernest, (Galilée, 1998), Portrait de Jacques Derrida en jeune saint juif (Galilée, 2001), H.C. pour la vie, c’est-à-dire… (Galilée, 2002).