Hélène Carrère, dite Hélène Carrère d'Encausse, née Zourabichvili le 6 juillet 1929 à Paris 16e et morte le 5 août 2023 à Paris 15e, est une historienne et femme politique française d'origine géorgienne.
Membre de l'Académie française à partir de 1990, elle occupe le poste de secrétaire perpétuel de l'institution de 1999 à sa mort : elle est la première femme à occuper cette fonction.
Elle est députée européenne de 1994 à 1999, élue sur la liste d'union RPR-UDF.
Spécialiste renommée de la Russie et du monde slave, elle a été critiquée pour sa proximité avec Vladimir Poutine et son cercle de pouvoir, avant qu'elle ne finisse par s'opposer fermement à l'invasion de l'Ukraine.
Hélène Zourabichvili est la fille de l'économiste et philosophe géorgien Georges Zourabichvili, issu de la famille Zourabichvili (qui émigre vers la France après la révolution russe), et de Nathalie von Pelken, d'origine germano-russe. Elle naît le 6 juillet 1929 dans le 16e arrondissement de Paris. Elle a un frère, Nicolas. Elle est par ailleurs la cousine de Salomé Zourabichvili, fille de son oncle Lévan et 5e présidente de Géorgie.
Elle apprend d'abord le russe, puis, à partir de quatre ans et demi, le français, chez des amis de ses parents, en Bretagne. D'abord installée à Bordeaux, elle quitte la ville pour Paris avec sa mère après l'assassinat de son père en 1944. Elles y logent d'abord à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, rue Daru. Elle prend des cours de russe et de littérature russe à la paroisse.
Née apatride, elle devient française en 1950, à l'âge de 21 ans.
Hélène Carrère d'Encausse est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1952), docteur (1963) et docteur ès lettres (1976). Dirigée par Maxime Rodinson, sa thèse porte sur les « émirats ouzbeks, d'Alexandre II à Lénine ». Hélène Carrère d'Encausse envisage ensuite de présenter le concours d'entrée à l'École nationale d'administration, avant d'y renoncer.
Le 5 juillet 1952, elle épouse, à Paris, Louis Édouard Carrère, dit Carrère d'Encausse (né en 1927 et décédé en 2023), assureur, fils de Georges Carrère et de Paule Dencausse. Ils ont trois enfants : Emmanuel (1957), Nathalie (1959) et Marina (1961).
Hélène Carrère d'Encausse est d'abord professeur d'histoire à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, puis à l'Institut d'études politiques de Paris. Lors des évènements de Mai 68, elle est élue déléguée des professeurs et directeurs de séminaires de l'IEP et participe à la commission paritaire constituée à l'occasion, aux côtés d'Alfred Grosser, Jacques Fournier, Georges Lavau, Pierre Viot. Elle est directrice d'études à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et administratrice de l'EastWest Institute (en).
Professeur invité dans plusieurs établissements nord-américains et japonais, elle est docteur honoris causa de l'université de Montréal et de l'université catholique de Louvain.
Elle se fait remarquer, en 1978, en annonçant « la fin de l'URSS » dans son livre L'Empire éclaté, non pas grâce aux entreprises délibérées de Ronald Reagan ou de Jean-Paul II, mais, selon elle, à cause de la forte natalité des républiques musulmanes d'Asie centrale. Cette annonce s'est révélée partiellement non fondée : l'URSS implosa certes, mais le mouvement sécessionniste partit des pays baltes, la partie la plus européanisée de l'Union soviétique, alors que les républiques musulmanes restèrent globalement calmes jusqu'à leur accession à l'indépendance. Le Monde note toutefois que « la nouveauté du propos et la clarté de l’expression imposent Hélène Carrère d’Encausse sur la scène médiatique. Qu’elle ne quittera plus ».
Hélène Carrère d'Encausse est présidente du conseil d'administration de Radio Sorbonne de 1984 à 1989 et membre de la Commission de la nationalité en 1987-1988.
Lors de l'élection présidentielle de 1988, elle est membre du comité de soutien à la candidature de Raymond Barre.
Le 25 août 1992, elle devient présidente du Comité national pour le « oui » à Maastricht, créé par Jack Lang. Elle se revendique à cette occasion de la « mouvance libérale » et décrit le traité comme « le portillon que l'on doit franchir pour aller plus loin ». Durant cette même année, elle crée, avec Kofi Yamgnane et Claude Sérillon, la Fondation pour l'intégration républicaine et occupe le poste de conseillère spéciale auprès de Jacques Attali, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), participant ainsi à l’élaboration d’une politique d’assistance à la transition économique dans les anciens États communistes.
Le 26 avril 1994, elle accepte, sur les instances de Jacques Chirac, d'être candidate aux élections européennes de juin suivant. Elle occupe, derrière Dominique Baudis, la deuxième position sur la liste UDF-RPR et, bien qu'étant plus proche des positions de l'UDF, doit adhérer au RPR à l'occasion de sa candidature.
Élue députée européenne, elle est vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Sécurité et de la Politique de défense durant son mandat entier, qui échoit en juillet 1999.
Nommée par décret en date du 2 août 1993 vice-présidente de la Commission des archives diplomatiques, elle préside la commission des sciences de l'homme au Centre national du livre (CNL) de 1993 à 1996. En 1996, elle fait partie des personnes dont le nom circule pour succéder à Jean Favier à la tête de la Bibliothèque nationale de France, mais Pierre-Jean Remy lui est préféré.