Guy Lux (/gi lyks/), né le 21 juin 1919 à Paris 12e et mort le 13 juin 2003 à Neuilly-sur-Seine, est un producteur et un animateur de jeux et de divertissements télévisés français. Il conçoit et lance à l'antenne de nouvelles formules de jeux et plus de cinquante émissions de variétés et de divertissement à la radio et à la télévision dont Intervilles, Jeux sans frontières, Le Palmarès des chansons, Cadet Rousselle, Ring Parade ou encore Cadence 3.
Avec son compère Léon Zitrone, il incarne l'une des personnalités les plus emblématiques et populaires de la télévision française des années 1960 à 1990.
Fils de Eugène Lux, trente six ans, inspecteur chimiste à l'institut Pasteur et de Pauline Charlotte Gérard, trente sept ans, sans profession, Guy Maurice Lux nait le 21 juin 1919 au domicile de ses parents au no 4 rue Marie-Benoist dans le 12e arrondissement de Paris.
La famille Lux est originaire de Haute-Alsace (Sundgau) et plus précisément, selon les propres mots de Guy Lux, du canton d'Altkirch.
Il effectue de médiocres études secondaires au lycée Voltaire à Paris puis entame des études supérieures à l'école Estienne, spécialisée dans les arts et industries graphiques. Après des études à l'école des arts appliqués et aux Beaux-Arts, Guy Lux s'oriente vers la chanson comme parolier, mais il éprouve des difficultés à trouver preneur pour ses textes.
Au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, il est mobilisé, affecté comme ambulancier et chargé d'assurer le transport des blessés entre les postes de première ligne et les hôpitaux. Fait prisonnier lors de la bataille de France, Guy Lux parvient à s'évader et rejoint la Résistance en 1943 avant de s'engager dans les troupes alliées. Pour ces faits, il est décoré de la Médaille des évadés et de la Croix de guerre.
En 1948, il s’installe comme quincaillier à Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne. Il conçoit dès lors ses premiers jeux qu'il teste sur ses clients, tout en animant les activités de la paroisse Saint-Joseph d'Asnières.
Sa carrière télévisuelle débute en 1952 à Télé Luxembourg avec l'appui de Pierre Bellemare, après avoir lancé l'idée originale de jeux radiophoniques et télévisés à la RTF.
En 1960, Guy Lux présente, sur la RTF, sa première émission intitulée Contact, qui devient La Roue tourne dont il est le créateur et l'animateur, en collaboration avec l'animatrice Marina Grey et l'historien Jean-François Chiappe. L'animateur en dresse un bilan dans son premier livre Inter-Lux (Solar, 1966) : 900 000 kilomètres parcourus par Guy Lux et son équipe, 99 départements visités, 145 émissions filmées et diffusées, 153 candidats dont 25 « grands gagnants » et 28 perdants.
L'une de ces émissions du jeu diffusée en mai 1961 évoque, pour la première fois à la télévision (sous la forme d'un reportage ludique), l'hypothétique trésor de Rennes-le-Château, avec l'aide bienveillante du restaurateur Noël Corbu.
Il conçoit ou anime ensuite plusieurs émissions de jeux ou variétés qui ont marqué l'histoire de la télévision française, dont le célèbre Intervilles, créé avec Pierre Brive en 1962 et qu'il anime avec Simone Garnier et Léon Zitrone, Interneige à partir de 1964 et les Jeux sans Frontières à partir de 1965. À la radio, après RTL, il passe sur Europe n° 1 en 1972.
Animateur d'émissions de variétés, il présente le Palmarès des chansons de 1965 à 1968 avec Anne-Marie Peysson, suivi à la rentrée 1968 par Si ça vous chante, puis Chansons champions et Les Étoiles de la chanson en compagnie de Jacqueline Alexandre, puis Sophie Darel.
Il participe aussi régulièrement à Télé-Dimanche et anime à partir du 4 novembre 1971 Cadet Rousselle, toujours en compagnie de Sophie Darel, et ce jusqu'au 21 juin 1973. Suit une trêve de plusieurs mois où il est remplacé par Jacques Martin et son Taratata. Guy et Sophie reviennent le 7 mars 1974 avec Domino et French cancan, de la rentrée 1974 jusqu'à fin décembre, qui marque la fin de l'ORTF.
Lors de la création d'Antenne 2 le 6 janvier 1975, il revient le dimanche soir 19 janvier 1975 pour la première du Ring parade et Système 2 qui durera jusqu'à l'été 1976. Cette même année, il revient le dimanche midi avec Midi Ring. L'édition Interneige de 1977 verra la création de la première version de La Classe. Le 14 juillet, il présente une émission unique intitulée La Bastille en chantant, suivie à l'automne 1977 par une série de quatre émissions intitulées Un taxi en or... en compagnie de Sophie Darel. En janvier 1978, il anime, à 19 h 45, les Six jours d'Antenne 2, qui sera suivi par le Top Club et le Top Club dimanche — le Top Club verra la seconde version de ce qui va devenir La Classe. À la même époque, il anime aussi Loto-chansons le samedi après-midi, une émission qui fut tristement célèbre après son annonce en direct, le samedi 11 mars 1978, du décès de Claude François.
Il profite de sa trêve télévisuelle pour réaliser à l'automne 1976 le film Drôles de zèbres, qui sort en mars 1977, avec Sim, Alice Sapritch et toute une pléiade d'artistes, ainsi que le chanteur Claude François. Le film est un échec cuisant, il reçoit les foudres de la critique cinématographique. Guy Lux souhaite, malgré tout, tourner un second film intitulé Les Charlots dans l'espace, mais abandonne ce projet et met un terme à cette activité éphémère dans le cinéma. Il participe également à différents journaux spécialisés en tant que pronostiqueur de courses hippiques.
Lors d'un Système 2 diffusé le 14 septembre 1975, il participe à un sketch de Coluche, Le Schmilblick, qui parodie le jeu du même nom, dont il est justement l'animateur. En 1979, quand vient l'heure de prendre sa retraite, il refuse de la prendre car il est engagé sur plusieurs projets. Guy Lux est l'un des premiers animateurs issus de l'ORTF à souhaiter travailler au-delà de 60 ans, avec Léon Zitrone. Son souhait de rester à la télévision au-delà de 60 ans ne fait cependant pas trop de vagues et il reste encore en poste pendant toute une décennie. À l'automne 1979, succède à Top Club dimanche, le Palmarès 79, émission de variétés d'abord mensuelle puis diffusée tous les quinze jours le mercredi soir ; lui succèdent ensuite le Palmarès 80 puis le Palmarès 81, et ce jusqu'à la dernière du 16 décembre 1981.
En 1981, avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, il est renvoyé par une décision d'Antenne 2 alors qu'il est à la tête de quatre émissions. Son dernier Palmarès réunit les plus grands noms de la chanson française : Dalida, Julien Clerc, Michel Sardou, Mireille Mathieu, Serge Gainsbourg, Serge Lama, Sheila, Sylvie Vartan, Tino Rossi, Johnny Hallyday, tous ceux qu'il a reçus dans ses émissions depuis seize ans. Sa disgrâce est provisoire après que le président François Mitterrand a prononcé une petite phrase, lors d'un dîner avec des pontes de la télévision : « Ceux qui ont voté pour moi n'ont pas voté contre Guy Lux ».
Ainsi, à la suite des Élections municipales françaises de 1983, le président François Mitterrand demande à Serge Moati, président de la chaîne publique FR3 de faire revenir à l'antenne Guy Lux, pour « redonner le moral aux Français ».