Gustave de Molinari, né le 3 mars 1819 à Liège et mort le 28 janvier 1912 à Adinkerque (La Panne), est un économiste belge. Disciple de Frédéric Bastiat, partisan du libre-échange laissé à sa propre impulsion, il est considéré comme le fondateur de l'anarcho-capitalisme.
Gustave de Molinari est le fils du comte de Molinari, médecin officier de l’armée de Napoléon, installé à Liège.
Gustave de Molinari part s'installer à Paris en 1840 où il se rapproche de la Société d'économie politique. En 1842, il publie son premier essai sur l'essor du chemin de fer et sur son influence sur l'économie européenne. Il prend part à la « Ligue pour la Liberté des Échanges » de Frédéric Bastiat où il devient secrétaire adjoint de l'Association pour la liberté des échanges et rédacteur du journal de cette Ligue : Le libre échange. Il participe également au Journal des économistes.
En 1851, le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte le conduit à quitter la France pour la Belgique. Il y fonde le journal L'économiste en 1855. Durant cette période, outre ses activités de journaliste économique et l'écriture d'ouvrages d'économie, il enseigne également au Musée royal de l’industrie à Bruxelles et à l’Institut supérieur de commerce d’Anvers. Il revient en France dans les années 1860 où il devient éditeur du Journal des débats de 1871 à 1876. De 1881 à 1909, il est rédacteur en chef du Journal des économistes, le journal de la société d'économie politique.
Il s'intéresse en particulier :
aux règles naturelles d’organisation du marché. Sur la base d'une analyse de l'organisation des marchés des produits et des capitaux, Molinari perçoit le rôle essentiel joué par les intermédiaires des échanges (commerçants et banquiers) et les bourses dans le recueil et la diffusion de l'information. Il expose alors une esquisse de l'organisation du marché du travail qui incorpore ces deux éléments. L'originalité du point de vue de Molinari réside dans l'importance qu'il accorde à l'émergence progressive d'une « organisation naturelle » des marchés. Il n'envisage pas comme les économistes néoclassiques la concurrence comme un ensemble d'hypothèses mais comme un organisme qui se développe pour répondre aux différents problèmes, obstacles qui gênent son fonctionnement. Contrairement aux économistes libéraux de son époque, il insiste avant tout sur le fait que l'instauration du libre échange et de la liberté économique ne suffisent pas mais sont un point de départ. Ce qu'on appelle aujourd'hui une économie décentralisée ne peut fonctionner correctement que lorsque certaines institutions se sont pleinement développées. Molinari insiste en particulier sur les commerçants au sens large et les bourses qui doivent permettre de résoudre les difficultés qu'éprouvent les agents économiques à obtenir les informations sur l'état des différents marchés sur lesquels ils agissent ;
aux moyens pour les ouvriers d'agir sur le marché du travail, et au rôle des syndicats ;
aux domaines « non marchands » comme la religion, l’éducation, etc. ;
à la place et au rôle de l’État.
De nationalité belge, né le 3 mars 1819, il était le fils du Comte de Molinari, officier de l'armée de Napoléon installé à Liège en qualité de médecin. Son enfance et son adolescence, sur lesquels nous disposons de très peu d’information, si ce n’est son goût marqué pour les lettres, se déroulent dans cette ville.
Comme pour beaucoup de jeunes européens de cette époque, Paris constitue un centre artistique et culturel incontournable. Aussi en 1840, à 21 ans, il quitte sa famille et son pays pour s’installer à Paris.
Sa physionomie commune, sa taille moyenne, sa myopie et ses problèmes d'audition étaient compensés, et bien au-delà, par une énergie à toute épreuve et un système capillaire abondant prolongé, comme il se doit à cette époque, par la moustache et l'impériale. Ce qui constituait probablement son projet le plus cher, devenir journaliste et exercer son activité dans le domaine de l’économie, allait vite prendre corps, probablement grâce d'une part à son exceptionnelle énergie, à sa capacité à convaincre et à une « plume » qui en fait encore un maître de la langue française par la justesse de l'expression, le sens de la formule et la clarté du mot.
Sa première « campagne » française (1840-1851)
En 1842, il se rapproche de la Société d'économie politique et un an plus tard il publie son premier essai portant sur l'essor du chemin de fer et ses effets sur l'industrie en Europe. Sa voie est trouvée et son goût pour l'économie politique ne le quittera plus.
Il se rapproche de Frédéric Bastiat en devenant secrétaire adjoint de l'Association pour la liberté des échanges et rédacteur son journal, Le libre échange.
Dans le même temps, il défend ses idées dans divers journaux parisiens dont le Journal des économistes dont il devient l'une des figures les plus marquantes et publie ses premiers ouvrages d’économie politique.
Lors de la révolution de 1848, opposés à la propagande socialiste comme aux conservateurs, Molinari et ses amis du Club de la liberté ne parviennent pas à faire émerger leurs idées. De la même manière, la tentative de rallier ses masses populaires à ces idées via le journal Jacques Bonhomme publié avec son ami le Dunkerquois Charles Coquelin fut un échec.
Le seul point positif fut l'élection de Frédéric Bastiat comme député mais cela ne changea rien, tant la radicalisation des positions à cette époque rendait inaudibles leur conceptions sur la liberté du travail et celle des échanges.