Ce Jour-là

Gustave Le Rouge

Écrivain français

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Gustave Lerouge, dit Gustave Le Rouge, né à Valognes le 22 juillet 1867 et mort à Paris le 24 février 1938, est un écrivain et journaliste français.

Polygraphe, il signe de nombreux ouvrages sur toutes sortes de sujets : un roman de cape et d'épée, des poèmes, une anthologie commentée de Brillat-Savarin, des Souvenirs, des pièces de théâtre, des scénarios de films policiers, des ciné-romans à épisode, des anthologies, des essais, des ouvrages de critique, et surtout des romans d'aventure populaires dont la plupart incorporent une dose de fantastique, de science-fiction ou de merveilleux.

Dans les pas de Jules Verne et de Paul d'Ivoi dans ses premiers essais dans ce genre (La Conspiration des milliardaires, 1899-1900 ; La Princesse des Airs, 1902 ; Le Sous-marin « Jules Verne », 1902), il s'en démarque nettement dans les ouvrages plus aboutis du cycle martien (Le Prisonnier de la planète Mars, 1908 ; La Guerre des vampires, 1909) et dans Le Mystérieux Docteur Cornélius (1912-1913, 18 fascicules), considéré comme son chef-d'œuvre, un roman dont le héros maléfique est le docteur Cornélius Kramm, « le sculpteur de chair humaine » inventeur de la carnoplastie, une technique qui permet à une personne de prendre l'apparence d'une autre. Le Rouge y récuse tout souci de vraisemblance scientifique au profit d'un style très personnel, caractérisé par une circulation permanente entre le plan du rationalisme et celui de l'occultisme, et par l'imbrication fréquente entre l'aventure et l'intrigue sentimentale (à la différence de Jules Verne). Ses romans de science-fiction évoquent Maurice Leblanc, Gaston Leroux et surtout Maurice Renard.

Ses thématiques personnelles s'appuient sur un anti-américanisme viscéral, nourri d'un puissant anti-capitalisme (La Conspiration des Milliardaires, Todd Marvel, détective milliardaire), fruit d'une sensibilité politique qui oscille entre anarchisme et socialisme.

La puissance de l'imagination fertile de Gustave Le Rouge, ses pittoresques et attachantes créations, son style parfois délirant, ont fait de lui un auteur reconnu par les surréalistes. Longtemps profondément méconnu, il jouit aujourd'hui d'une notoriété relative grâce au portrait qu'en a donné Blaise Cendrars dans L'Homme foudroyé et aux rééditions faites à l'instigation de Francis Lacassin depuis la fin des années 1970.

Gustave Le Rouge est le fils d'un petit entrepreneur de peinture en bâtiment spécialisé dans les travaux de dorure, également prénommé Gustave, et de sa femme née Sophie Rouxel. Son frère cadet, Paul, sera magistrat. La famille est de bonne bourgeoisie, avec un grand-père longtemps maire de Réville.

Il fait ses études primaires à l'école communale de garçons puis au collège de Valognes, dirigé par des Eudistes, avant d'entrer au collège de Cherbourg (1881). Il obtient son baccalauréat de philosophie en juin 1886. Après avoir envisagé un instant l'École navale, il fait son droit à la Faculté de Caen, obtenant sa licence en septembre 1889. Parallèlement, il est secrétaire de rédaction à l'hebdomadaire local Le Matin Normand (5000 exemplaires) et publie dans de petites revues littéraires comme Les Abeilles Normandes.

Venu à Paris poursuivre ses études, il mène une existence artiste et bohème, publiant des articles et des poèmes dans de petites revues (La Revue septentrionale qui accueille en 1890 ses premiers articles signés de son nom, L'Art social, La Revue rouge, Le Procope, La Revue d'un passant), faisant jouer des saynètes au Procope ou au cabaret montmartrois Le Chat rouge, et exerçant toute sorte de métiers : employé d'une compagnie de chemins de fer, secrétaire au cirque Priami, marionnettiste, chansonnier, acteur, directeur du Théâtre d'étude (qui ne commença jamais ses activités), secrétaire de rédaction de la revue L'Épreuve (en 1895) puis, avec son ami Adolphe Gensse, de La Revue d'un passant (de 1896 à 1903). C'est une période de soucis d'argent perpétuels, provisoirement soldés par des expédients.

En mars 1890, il rencontre Paul Verlaine, dont il devient un intime, allant jusqu'à partager le dernier repas du poète le jour de la mort de celui-ci.

« Lerouge ! Et vous ? Tout cœur et toute flamme vive,

Qu'allez-vous faire en notre exil ainsi qu'il est,

Vous, une si belle âme en un monde si laid ? »

— Extrait de À Gustave Lerouge Paul Verlaine, Broussais, décembre 1891.

En 1899, il publie, sans doute à compte d'auteur, son premier livre, un recueil de poésies intitulé Le Marchand de nuages, entame une collaboration plus alimentaire avec Gustave Guitton pour le cycle de La Conspiration des milliardaires. Elle se poursuivra dans la même veine avec Les Conquérants de la mer (1902), La Princesse des airs (1902), Le Sous-marin « Jules Verne » (1903). Les deux hommes se brouilleront en 1903, sans doute à la suite de la réédition sous le seul nom de Gustave Guitton, des Conquérants de la mer.

À la même époque, Gustave Le Rouge fait deux séjours en Tunisie, en 1901 et 1902 où il s'essaye à l'agriculture en Kroumirie et publie un journal, La Voix de la France, qui n'a que quatre numéros mais lui vaut une condamnation judiciaire à 6000 francs d'amende.

Après un séjour de trois mois à Jersey à l'été 1902, il épouse, le 8 novembre 1902, Juliette Henriette Torri (1874-1909), dite « Riri », couturière et modèle du sculpteur Emile Bourdelle. Le couple habite d'abord au 1 (ou 21) bis, rue Lacaille puis s'installe au 17, rue des Apennins. « Riri » mourra prématurément, en 1909, à 35 ans.

Après un projet avorté de collaboration avec Hugues Rebell pour une histoire romancée de la flibuste, Le Rouge commence en 1904 à publier sous son nom seul des romans d'aventure comme La Reine des éléphants, L'Espionne du Grand Lama, Le Prisonnier de la planète Mars (1908), La Guerre des vampires (1909) puis, à partir de novembre 1912, les 18 fascicules mensuels qui composent Le Mystérieux Docteur Cornélius, dont Blaise Cendrars tirera la matière de son recueil Kodak en 1924.

En 1911, Le Rouge publie avec F.-A. Cazals un document intitulé Les Derniers Jours de Paul Verlaine, préfacé par Maurice Barrès.

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