Ce Jour-là

Gustave Houver

Résistant français pendant la Seconde Guerre mondiale

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Gustave Houver, né le 14 juin 1919 à Rémelfing et mort le 4 novembre 1998 à Thionville, est un instituteur, résistant et déporté français durant la Seconde Guerre mondiale. Il est l'un des 300 déportés survivants de la tragédie de la baie de Lübeck où près de 8 000 personnes meurent noyées.

Gustave Houver grandit dans une famille de cheminots. Il effectue sa scolarité à l'école primaire supérieure (EPS) de Saint-Avold, où il obtient le brevet supérieur avant de préparer le concours d'entrée à l'école normale d'instituteurs. Reçu à l'école normale de Montigny-lès-Metz en 1935, il y développe une amitié durable avec Ferdinand Diener, frère cadet d'Antoine Diener, qui deviendra résistant sous le pseudonyme d'« Ancel ».

Carrière d'instituteur et mobilisation

Nommé instituteur en août 1938 à Woustwiller, Gustave Houver prend en charge la classe unique de l'école de garçons (élèves de 6 à 14 ans). Il cumule cette fonction avec celle de secrétaire de mairie et anime l'équipe de football locale, s'intégrant pleinement dans la vie communautaire.

Après la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, la zone frontalière de Sarreguemines étant évacuée, il accompagne les habitants de Woustwiller dans leur exil vers la Charente, près de Confolens, organisant leur installation dans des conditions précaires.

Sursitaire, Gustave Houver rejoint l'école des élèves officiers de réserve (EOR) du camp d'Auvours, près du Mans, le 15 novembre 1939. Après une formation accélérée de six mois, il est promu aspirant le 1er mai 1940 et prend le commandement d'une compagnie déployée à Orléans. Son unité stationne à Ingré jusqu'au 14 juin 1940, puis effectue une retraite stratégique vers le sud (Gien, Vierzon, Châteauroux, Bellac, Limoges).

Après l'armistice du 22 juin 1940, il s'engage au 26e régiment d'infanterie à la caserne Bugeaud de Périgueux. En octobre 1940, il retrouve fortuitement Ferdinand Diener et noue des relations étroites avec la famille Diener, établie à Périgueux et dans le village de Ligueux, où il rencontre sa future épouse.

Après l'invasion de la zone libre par l'armée allemande, en novembre 1942, l'armée française d'armistice est dissoute. Démobilisé et affecté comme secrétaire à l'inspection académique d'Alsace-Lorraine repliée à l'école Jules-Ferry de Périgueux, Gustave Houver maintient le contact avec ses anciens supérieurs militaires.

En janvier 1943, contacté par Bernard Metz, agent recruteur de Marcel Kibler alias « commandant Marceau » de la 7e colonne d'Alsace, Gustave Houver entre en résistance active. Il se charge de recruter des hommes pour constituer trois centuries (des compagnies d'environ 100 hommes) à Périgueux, Bergerac et Brantôme, destinées à former le Groupe Mobile Alsace (GMA) Sud. C'est par son intermédiaire qu'Antoine Diener, alias « Ancel », rejoint également la Résistance.

Le 15 juin 1943, Gustave Houver épouse Marie-Louise Diener, sœur de Ferdinand et Antoine, alors institutrice à l'orphelinat Parrot de Périgueux.

Face à l'intensification des attaques de la Gestapo contre les résistants périgourdins, Gustave Houver entre en clandestinité en janvier 1944 : il adopte le pseudonyme de Christophe et dirige le réseau Martial pour le département avec Adelphe Peltre. Il s'installe dans une ferme près de Saint-Astier, d'où il effectue de fréquents déplacements vers Lyon, Clermont-Ferrand, Limoges et les centuries.

Le 12 février 1944, la Gestapo effectue une descente dans le quartier Saint-Georges à Périgueux, fouillant notamment les domiciles de Houver et de ses beaux-parents. Le lendemain, Gustave Houver et Antoine Diener rejoignent un maquis de l'Armée secrète en formation dans la forêt de la Double.

Le 6 avril 1944, lors d'une réunion à Limoges réunissant les responsables du GMA Sud pour discuter des moyens d'armement, Gustave Houver est arrêté avec trois autres chefs départementaux par la Gestapo, menée par Greber, agent infiltré ou « retourné ». Interrogé et torturé, il demeure emprisonné plusieurs semaines sans autres interrogatoires, Greber ayant été exécuté par les FTP. Il échange quelques lettres avec son épouse qui lui apprend la naissance de leur fils Jean-Christophe le 26 avril 1944.

Le 12 mai 1944, Gustave Houver est transféré au camp de transit de Compiègne, puis déporté le 21 mai 1944 vers l'Allemagne. Il arrive le 24 mai au camp de concentration de Neuengamme, dans le premier convoi de Français (1 986 personnes) à atteindre ce camp.

Durant deux mois, il est affecté successivement au Kommando Klinkerwerk (briqueterie) puis au Kommando Metalwerk (fabrication d'armes) dans des conditions extrêmement pénibles. Grâce à sa maîtrise de l'allemand, il intègre ensuite le Schreibstube (« secrétariat ») du camp comme traducteur, bénéficiant de conditions de vie moins difficiles.

La tragédie de la baie de Lübeck

Après l'évacuation du camp de Neuengamme en avril 1945, Gustave Houver fait partie du dernier convoi qui, parti en train le 26 avril 1945, arrive le 2 mai dans le port de Lübeck après un bombardement. Les déportés sont embarqués sur le cargo Thielbeck, remorqué en baie de Lübeck où stationnent déjà le Deutschland IV et le paquebot Cap Arcona, tous chargés de déportés.

Le 3 mai 1945 à 14 h 30, une escadrille de la Royal Air Force bombarde les navires et mitraille les rescapés, dans l'ignorance de leur véritable nature. Cette tragédie, l'une des plus meurtrières de la fin de la guerre, cause la mort de près de 8 000 personnes. Gustave Houver fait partie des 300 survivants environ : il parvient à s'extraire du Thielbeck qui coule et à nager vers la rive, où il est secouru par une vedette allemande puis libéré par des soldats anglais à Neustadt.

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