Gustáv Husák, né le 10 janvier 1913 à Dúbravka (banlieue de Bratislava) et mort le 18 novembre 1991 à Bratislava, est un homme d'État slovaque, président de la République socialiste tchécoslovaque de 1975 à 1989.
Engagé dès sa jeunesse au sein du mouvement communiste tchécoslovaque, il est un membre actif de la résistance à la dictature pro-nazie de Jozef Tiso pendant la Seconde guerre mondiale. Il est ainsi l'un des organisateur du soulèvement national slovaque en août 1944 face à l'entrée de la Wehrmacht en Slovaquie.
Après la guerre, il préside de 1946 à 1950 le Conseil des commissaires (qui fait office de gouvernement régional) de Slovaquie. Il est dans les années 1950 l'une des victimes des purges staliniennes, étant exclu du Parti communiste tchécoslovaque, puis condamné à la prison à vie, avant d’être finalement réhabilité en 1960 dans le contexte de la déstalinisation.
Il soutient à la fin des années 1960 les mesures de libéralisation politique adoptées par Alexander Dubček mais, devant les avertissements de l'Union soviétique, prône la modération. Il devient premier secrétaire du Parti communiste en avril 1969, quelques mois après l'intervention des troupes du Pacte de Varsovie dans le pays, représentant une voie médiane au sein du parti entre sa frange conservatrice et son aile réformiste. Il cumule cette fonction avec celle de président de la République à partir de mai 1975.
Fils d'un ouvrier agricole, Gustáv Husák perd sa mère alors qu'il n'est âgé que d'un an. Il devient très tôt communiste. Il rejoint les rangs de l'Union des jeunesses socialistes alors qu'il est lycéen à Bratislava. En 1933, alors qu'il commence ses études, il devient membre du Parti communiste tchécoslovaque (KSČ). Il devient avocat à Bratislava. Durant la guerre, il est à plusieurs reprises interné pour activités communistes illégales (le parti a été interdit par le gouvernement « clérical-fasciste » de Jozef Tiso). En 1944, il est l'un des meneurs de la résistance contre les nazis et le régime totalitaire et corporatiste de Mgr Tiso, lié à l'Allemagne.
Après-guerre, il est membre du gouvernement régional slovaque et dirigeant du Parti communiste tchécoslovaque. En tant que quasi Premier ministre de Slovaquie (président du Conseil des commissaires), il prend une part active dans la « liquidation » du Parti démocratique slovaque qui avait gagné les élections en 1946 avec 62 % des voix : cette victoire était de nature à empêcher la prise de pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie. Après cette « liquidation », la voie est libre pour le Coup de Prague qui aura lieu en février 1948.
En 1950, dans le contexte de la rupture Tito-Staline, il est victime des « purges » au sein du parti, étant accusé de privilégier les intérêts nationaux de la Slovaquie à ceux du mouvement communiste international. Il est exclu du Parti communiste en 1951 et condamné en 1954 à la prison à vie pour « nationalisme bourgeois ».
Communiste convaincu, il fait appel de sa condamnation et demande une révision de son procès. Le président de la République, Antonín Novotný, rejette toute clémence. Husák est finalement libéré en 1960 et réintégré au sein du parti dans le cadre du processus de déstalinisation. Il devient vice-président du gouvernement et il dirige alors une commission d'experts composée de 36 historiens membres du parti communiste. En 1968, il est membre du bureau politique du KSČ et soutient initialement la politique de son compatriote Alexander Dubček.
Alors que l'Union soviétique et d'autres pays du Pacte de Varsovie sont de plus en plus inquiets des réformes du Printemps de Prague, Husák appelle à la « modération ». Membre de la délégation tchécoslovaque qui se rend à Moscou, il devient le leader de ceux qui, voyant l'équipe de Leonid Brejnev se raidir, souhaitent stopper les réformes de Dubček. En avril 1969, il devient premier secrétaire du parti, en remplacement de Dubček, et se définit d'abord comme un centriste, entre les partisans des réformes et les conservateurs. Ensuite, il s'aligne peu à peu sur la position soviétique.
Bénéficiant du soutien de Moscou, il domine rapidement l'appareil du Parti communiste tchécoslovaque avant de devenir président de la République en 1975. Les deux décennies du leadership de Husák sont connues sous le nom de « normalisation » : les relations avec Moscou sont plus étroites que jamais et Prague devient l'élève modèle. La domination du PCT est totale grâce, entre autres, à l'omniprésence de la StB, la police politique qui contrôle étroitement les activités des citoyens, réprime toute tentative d'association indépendante et surveille sans relâche les dissidents (qui signent la Charte 77).
En 1987, Husák laisse la direction du parti aux leaders issus d'une génération plus jeune. Le 10 décembre 1989, il démissionne de son poste de président à la suite de la Révolution de velours. En février 1990, il est exclu du parti et meurt le 18 novembre 1991.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico, accompagné des deux vice-présidents du Parlement slovaque, dépose une gerbe de fleurs sur la tombe de Gustáv Husák le 11 janvier 2024 à l'occasion des 111 ans de la naissance de l'ancien chef de l’État, insistant surtout sur son rôle pendant la Seconde guerre mondiale. Andrej Danko, président du parti nationaliste SNS, lui a également rendu hommage : « Il (Gustáv Husák) a eu une vie difficile et a commis de nombreuses erreurs, mais il a laissé un héritage dont les générations actuelles continuent de profiter ».
Parti communiste tchécoslovaque (KSČ illégal en 1938, auto-dissous en 1939-1945)
1933-1938/1939 et de décembre 1989 à février 1990 : simple membre
printemps 1945 : membre du Comité central provisoire (actif dans la partie de la Tchécoslovaquie libérée par l'Armée Rouge)
1949-1951 et du 31 août 1968 à 1989 : membre du Comité central et (a l'exception de 1949-1951), membre du présidium
Avril 1969 - 1987 : Premier secrétaire du présidium et à partir de 1971 secrétaire général
17 décembre 1987 : démission du poste de secrétaire général (remplacé par Miloš Jakeš)