Ce Jour-là

Gus Van Sant

Réalisateur de cinéma, producteur, photographe et musicien américain

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Gus Van Sant, né le 24 juillet 1952 à Louisville (Kentucky), est un réalisateur, scénariste, producteur, monteur, photographe et musicien américain. Il a longtemps vécu à Portland dans l'Oregon, ville qui sert de cadre à nombre de ses films. Après des débuts comme cinéaste indépendant avec notamment le film My Own Private Idaho, il se rapproche de l'industrie hollywoodienne avec des films de commande comme Prête à tout ou Will Hunting, récompensé aux Oscars.

Il revient, ensuite, à un cinéma éloigné des pressions financières et artistiquement indépendant, avec ce que des critiques ont appelé sa « tétralogie de la mort », comprenant Elephant, librement inspiré de la tuerie de Columbine (Palme d'or au Festival de Cannes 2003), et Last Days qui conte sa vision des derniers jours du chanteur Kurt Cobain.

Sa carrière connaît un nouveau tournant en 2008 avec Harvey Milk, un film très personnel (il reprend le thème de l'homosexualité) mais qui se veut populaire. Il est couronné par plusieurs oscars et connaît un grand succès public.

Gus Van Sant est né à Louisville, Kentucky, aux États-Unis. Il est le fils de Betty Seay et Gus Green Van Sant Sr, un descendant de colons belges. Son père gagne sa vie en confectionnant des vêtements, tout en voyageant régulièrement en tant qu'agent commercial.

Gus Van Sant sort diplômé de la Rhode Island School of Design en 1970.

Durant ces années de découverte, il peint et réalise des courts-métrages autobiographiques. Parmi ses camarades de classe, se trouvent David Byrne et d’autres membres du groupe de rock Talking Heads.

Gus Van Sant est ouvertement homosexuel depuis les années 1990.

Débuts comme cinéaste indépendant

En 1977, Gus Van Sant se trouve à Portland, où il travaille comme preneur de son sur le premier film de la réalisatrice franco-américaine Penny Allen, Property, qui met en scène, dans leurs propres rôles, des artistes de la Beat generation. Il y découvre Walt Curtis (en), écrivain dont Penny Allen lui offre le livre Mala Noche, un court récit semi-autobiographique. Gus Van Sant revient, ensuite, vivre à Los Angeles, où il tourne un court-métrage librement inspiré de William S. Burroughs, The Discipline of DE (1978). En 1981, il tourne un long-métrage qu'il est contraint de ramener à une durée de 45 minutes, Alice in Hollywood, histoire d'illusions perdues par une jeune fille tentant de percer à Hollywood. Aucun de ces films n'est remarqué par la critique ou le public.

Van Sant s'installe à New York, pendant plus de deux ans, et y travaille comme assistant de production dans une agence de publicité. Il décide, alors, d'adapter Mala Noche, notamment parce qu'il cherche une raison de revenir vivre à Portland. Il économise 22 000 dollars pour le financer. Filmé en 16 mm et en noir et blanc, le film, rattaché à la mouvance underground, raconte l'histoire d'un amour non réciproque entre un américain et un jeune clandestin mexicain. Van Sant se fait remarquer grâce à la présentation du film dans de nombreux festivals et à l'enthousiasme du Los Angeles Times qui nomme Mala Noche « Meilleur Film indépendant » de l'année 1985.

Il écrit, ensuite, ce qui deviendra le scénario de My Own Private Idaho : de nouveau, un film sur des personnages qui habitent Portland, qui seront, cette fois, des prostitués, interprétés par des acteurs non professionnels. Le coût estimé est vingt fois supérieur à celui de Mala Noche, mais, néanmoins, sous les 500 000 dollars, ce qui reste un petit budget pour un film indépendant. Pourtant, le milieu de la prostitution, tout comme certains choix de scénario (les plans oniriques présents dans le film), rebute la plupart des producteurs. Gus Van Sant écrit, alors, un scénario de secours, celui de Drugstore Cowboy, qui est financé beaucoup plus facilement. Le film, un road movie où quatre jeunes drogués à la recherche d'argent braquent des pharmacies afin de combler leur état de manque, est réalisé en 1989. Il connaît un grand succès et relance la carrière de Matt Dillon.

À la sortie de Drugstore Cowboy, Gus Van Sant est approché par Universal : on lui propose de choisir un film dans le catalogue de la compagnie pour en faire un remake. Le cinéaste n'aimant pas l'idée de partir d'un film existant pour, en se détachant du travail effectué par le réalisateur d'origine, « refaire le film à sa propre sauce », il propose de prendre le célèbre film d'Alfred Hitchcock Psychose pour le refaire en couleur et plan par plan. L'idée parait ridicule à la production qui en reste là. Par la suite Gus Van Sant envisagera de nouveau, régulièrement, cette idée avec Universal : la production ne s'intéressera pas à cette idée, le cinéaste refusera toute autre proposition, jusqu'au succès de Will Hunting qui lui permettra enfin de faire ce film en 1998.

Par ailleurs, pendant la post-production de Drugstore Cowboy, s'est répandue la rumeur que Gus Van Sant serait « le « new hot director » du cinéma indépendant, alors en pleine explosion ». Il cherche, alors, de nouveau à faire financer le scénario de My Own Private Idaho. Comme sa collaboration avec Matt Dillon s'est révélée fructueuse sur Drugstore Cowboy, il décide de tourner avec de jeunes acteurs professionnels qui commencent à être connus : Keanu Reeves vient de jouer dans le succès commercial Point Break et a déclaré vouloir opter pour des films indépendants. Gus Van Sant le contacte et l'acteur donne rapidement son accord. Le réalisateur a plus de difficultés avec River Phoenix, à qui il doit transmettre le scénario sans passer par son agent et qui ne consent à jouer dans le film qu'une fois certain que Reeves l'a aussi accepté. En 1991, sort donc My Own Private Idaho, produit par New Line Cinema. Le film explore une relation complexe entre deux prostitués masculins, tout en s'interrogeant sur les notions d'identité, d'amitié amoureuse et de famille. Il remporte le Prix du meilleur scénario aux Independent Spirit Awards et vaut à River Phoenix la Coupe Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise.

Fort de ce succès grandissant, Van Sant entreprend en 1993 d'adapter le roman de Tom Robbins, Even Cowgirls Get the Blues, avec Uma Thurman, John Hurt et Keanu Reeves. Plus gros budget du réalisateur à l'époque avec 8,5 millions de dollars (trois fois celui de ses deux précédents films), le film est un échec critique et commercial qui compromet, un temps, sa carrière.

D'après Stéphane Bouquet et Jean-Marc Lalanne, il est possible de voir la filmographie de Gus van Sant comme une série de cycles structurés non pas par des thèmes ou des questions stylistiques mais par un positionnement par rapport au cinéma des États-Unis (cela, sans que le réalisateur ait jamais revendiqué travailler par cycles). Ce début de carrière (les quatre premiers longs métrages) est donc celui d'un cinéaste indépendant : dans ce cycle, se retrouvent les thèmes de l'abandon, de la route, de l'homosexualité masculine ou féminine. Le style de ces quatre films a en commun de comporter beaucoup d'effets de montage. Ce terme de cinéaste indépendant doit se comprendre, néanmoins, dans le sens du courant du cinéma indépendant nord-américain qui est un système très organisé « avec son circuit, ses instances de légitimation (Sundance…) propres ».[pas clair]

Après l'échec de Even Cowgirls Get the Blues, Gus Van Sant se lance dans ce qui sera l'un de ses projets les plus lourds en termes de production : une biographie d'Harvey Milk, homme politique homosexuel assassiné en 1978 à San Francisco. Il développe le projet pour la Warner Bros., en collaboration avec Oliver Stone, sur un scénario adapté de la biographie de Randy Shilts, The Mayor of Castro, publiée en 1982. C'est alors Robin Williams, particulièrement « bankable » après son rôle dans le grand succès commercial Madame Doubtfire, qui doit tenir le rôle-titre. Mais, après plusieurs mois de travail, Van Sant n'arrive pas à se mettre d'accord sur un scénario avec Oliver Stone et la production. Le projet est abandonné plusieurs années de development hell.

Gus Van Sant, venant de subir un important échec commercial, et devant de plus surmonter sa déception quant à l'arrêt de la production de son film sur Harvey Milk, ressent alors le besoin de faire un nouveau film rapidement. Il accepte une commande de Columbia Pictures, Prête à tout (To Die For), adaptation d'un roman de Joyce Maynard, lequel est inspiré d'un fait divers célèbre aux États-Unis, ayant occasionné le premier procès intégralement retransmis à la télévision. Il s'agira de son premier film avec un budget important réalisé pour un grand studio. C'est aussi la première fois que Gus Van Sant réalise un film à partir d'un fait divers (même s'il s'inspire d'un livre où les noms des personnages ont été changés et où des éléments de fiction ont été ajoutés) ; les films basés sur des événements réels, même s'ils sont vus à travers plusieurs filtres et réécrits, formeront une forte proportion de l'œuvre ultérieure de Gus Van Sant. Il s'agit ici d'une comédie grinçante sur les ambitions sans limites d'une jeune présentatrice météo, jouée par Nicole Kidman. On retrouve également Matt Dillon dans le rôle du mari et un jeune frère de River Phoenix, Joaquin Phoenix, dans l'un de ses premiers rôles. Le film est un immense succès qui permet ensuite au réalisateur de choisir les projets qui lui plaisent. Cette « métamorphose » en réalisateur hollywoodien est l'une des premières transformations de ce cinéaste dont l'œuvre va connaître souvent des changements radicaux. Ce nouveau cycle, qui va de Prête à tout à À la rencontre de Forrester, voit Gus van Sant devenir un cinéaste en lien avec l'industrie du cinéma nord-américaine : il travaille sur des commandes, à partir de scénarios écrits par d'autres, et réalise des films de genre (comédie, thriller). « L'auteur mue en artisan », et une partie de la critique qui avait aimé ses premières œuvres se détourne de lui, estimant que ces nouveaux films manquent de personnalité.

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