Guillaume III (Willem III en néerlandais et William III en anglais), né le 14 novembre 1650 (24 novembre grégorien) à La Haye et mort le 8 mars 1702 (18 mars grégorien) à Londres, stathouder des provinces de Hollande, de Zélande, d'Utrecht, de Gueldre et d'Overijssel, appartenant aux Provinces-Unies à partir du 9 juillet 1672, devient roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Guillaume III et roi d'Écosse sous le nom de Guillaume II du 13 février 1689 jusqu'à sa mort.
Issu de la maison d'Orange-Nassau et titré prince d'Orange dès sa naissance, son père étant mort quelques jours auparavant, Guillaume est confronté aux responsables politiques des Provinces-Unies qui veulent empêcher son accès aux fonctions de stathouder (gouverneur provincial) détenues par ses ascendants depuis le prince Guillaume Ier d'Orange-Nassau, son arrière-grand-père. À partir de 1668 il parvient cependant à obtenir des charges publiques et en 1672, lorsque les Provinces-Unies doivent affronter une coalition menée par la France et l'Angleterre, il est enfin nommé stathouder et parvient ensuite à sauvegarder les intérêts de son pays dans les différents traités de paix.
Petit-fils par sa mère du roi d'Angleterre Charles Ier, décapité en 1649 au cours de la première révolution anglaise, Guillaume épouse en 1677 sa cousine germaine la princesse Marie, fille aînée du prince héritier Jacques, duc d'York. Lorsque ce dernier devient roi en 1685, son catholicisme et ses conceptions absolutistes lui aliènent l'opinion anglaise. À la suite de la naissance en juin 1688 d'un fils de Jacques II, la tension est à son comble. Guillaume intervient alors en Angleterre en débarquant avec un corps expéditionnaire qui obtient rapidement la reddition du roi (décembre 1688). Les Parlements d'Angleterre et d'Écosse réunis en 1689 accordent à Guillaume les deux couronnes, conjointement avec son épouse Marie II, avec qui il gouverne jusqu'à la mort de celle-ci le 28 décembre 1694. Mais ils imposent aussi un certain nombre de limites à ses pouvoirs, énoncées dans la Déclaration des droits (Bill of Rights) de 1689 et son règne marque la transition entre le pouvoir personnel des Stuart et le pouvoir contrôlé par le Parlement de la maison de Hanovre.
À l'intérieur, il se heurte à l'opposition des partisans de Jacques II, les jacobites, qui se soulèvent en Irlande, où Guillaume remporte la victoire de la Boyne (12 juillet 1690), aujourd'hui emblème des protestants orangistes d'Irlande du Nord, et en Écosse, où il est impliqué dans le massacre de Glencoe.
À l'extérieur, son règne est marqué par la poursuite de la guerre avec la France jusqu'en 1697, puis par une tentative de rapprochement autour de la question de la succession du roi d'Espagne Charles II. Finalement, en 1701, une nouvelle guerre éclate, la guerre de Succession d'Espagne, mais Guillaume III n'en voit que les débuts, mourant l'année suivante à la suite d'une chute de cheval.
Les dates de cet article sont données dans le calendrier julien, en retard de dix jours sur le calendrier grégorien.
Guillaume-Henri d'Orange-Nassau nait à La Haye, aux Provinces-Unies, dans la province de Hollande, le 14 novembre 1650, deux ans après la reconnaissance de la république des Provinces-Unies par le roi d'Espagne, à la fin de la guerre de Quatre-Vingts Ans, par le traité de Münster (janvier 1648).
Il est le seul enfant de Guillaume II d'Orange-Nassau (1626-1650), stathouder de Hollande, de Zélande, d'Utrecht, de Gueldre, de Groningue, de Drenthe et d'Overijssel depuis 1647.
Il est le petit-fils de Frédéric-Henri d'Orange-Nassau (1584-1647) et l'arrière-petit-fils de Guillaume le Taciturne (1533-1584), premier prince d'Orange de la maison de Nassau, qui, nommé vers 1560 stathouder de Hollande et de Zélande par Philippe II, a pris à partir de 1568 la tête de l'insurrection à l'origine des Provinces-Unies (1581).
Son père étant mort (de la variole) le 6 novembre 1650, Guillaume devient prince d'Orange dès sa naissance. En revanche, les fonctions de stathouder, qui impliquent de pouvoir conduire l'armée en guerre, ne sont pas héréditaires, bien que presque toujours attribuées au chef de la maison d'Orange-Nassau.
Sa mère est Marie Henriette Stuart (1631-1660), fille aînée du roi d'Angleterre Charles Ier, exécuté en 1649 par le Parlement de la révolution anglaise de 1641-1660, et sœur de ses successeurs à partir de 1660, les futurs Charles II et Jacques II d'Angleterre.
Immédiatement, un désaccord apparait entre sa mère et sa grand-mère paternelle, Amélie de Solms-Braunfels, à propos du nom à donner à l'enfant. Marie veut le nommer Charles comme son frère, mais Amélie préfère Guillaume (Willem en néerlandais) afin de marquer son lien avec Guillaume le Taciturne et augmenter ainsi ses chances de devenir stathouder.
Dans son testament, Guillaume II a nommé son épouse tutrice de son fils, mais n'a pas apposé sa signature avant de mourir, rendant le document invalide.
Le cas ayant été porté devant les juges, la Cour suprême de Hollande, Zélande et Frise occidentale (Hoge Raad van Holland, Zeeland en West-Friesland) décide le 13 août 1651 que le tutorat sera partagé entre sa mère, sa grand-mère paternelle et l'électeur de Brandebourg et duc de Prusse Frédéric-Guillaume Ier, dont l'épouse, Louise-Henriette d'Orange est la sœur aînée du père de Guillaume.
La mère de Guillaume montre peu d'intérêt pour son fils ; parfois absente durant des années, elle se tient délibérément en dehors de la société hollandaise.
L'éducation de Guillaume est d'abord assurée par plusieurs gouvernantes hollandaises, dont certaines d'ascendance anglaise comme Walburg Howard. À partir d'avril 1656, le prince reçoit un enseignement quotidien dans la religion réformée, assuré par le pasteur calviniste Cornelius Trigland, partisan du théologien Gisbertus Voetius.
L'éducation idéale pour Guillaume est décrite dans le Discours sur la nourriture de S. H. Monseigneur le Prince d'Orange, écrit par un des tuteurs de Guillaume, Constantin Huygens. Dans ces leçons, le prince doit notamment apprendre qu'il est prédestiné par la divine providence pour accomplir la destinée historique de la maison d'Orange-Nassau.
Études et formation (1659-1667)