Guillaume Couillard, sieur de L'Espinay (né vers le 11 octobre 1588 à Saint-Servan en France et mort le 4 mars 1663 à Québec), fut le premier colon français de Nouvelle-France anobli par le roi Louis XIV.
Guillaume Couillard naquit le 11 octobre 1588 à Saint-Servan, aujourd'hui un quartier de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Bretagne, France. Il y fut baptisé le même jour. Il est le fils de Guillaume Couillard et d'Élisabeth de Vésins, ou selon d'autres, d'André Couillard et Jehanne Basset.
Guillaume Couillard fut inhumé dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Québec le 5 mars 1663.
Guillaume Couillard émigre en 1613 en Nouvelle-France, à 25 ans. Il est alors charpentier, matelot et calfat pour la Compagnie de Caen (Compagnie de Montmorency) à Québec
À l'époque, le commerce étant interdit aux particuliers, Guillaume Couillard réside à Québec non pas comme colon indépendant, mais à titre d'employé salarié et d'homme de confiance pour les compagnies à monopole successives.
En 1638, la Compagnie lui promet verbalement une terre d'une cinquantaine d'arpents le long de la rivière Saint-Charles, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, à Québec. (Le titre écrit n'arrivera toutefois que trente ans plus tard, au nom de sa veuve).
Guillaume Couillard fut l'un des premiers habitants à s'établir officiellement dans la colonie.
Guillaume Couillard et Guillemette Hébert, fille de Louis Hébert et de son épouse Marie Rollet, prononcèrent leurs vœux de mariage le jeudi 26 août 1621 à l'église Notre-Dame de Québec en présence de Samuel de Champlain et d'Eustache Boullé, frère d'Hélène. Ce mariage est le premier indiqué sur les registres paroissiaux de Notre-Dame de Québec.
Il est le premier arrivant à avoir eu une postérité en Nouvelle-France; il aura dix enfants. Il succède à son beau-père dans sa ferme et devient un notable de la Nouvelle-France, étant par exemple marguillier de la paroisse de Québec. Il serait le premier à avoir utilisé le 27 avril 1627 une charrue sur le sol canadien ; la culture donnait de bons résultats, mais jusque-là très insuffisants pour la petite colonie.
Bien que l'historiographie retienne que Samuel de Champlain évoque ses compétences agricoles avec intérêt en 1628, les relations entre les deux hommes s'avèrent plus conflictuelles durant les crises politiques et religieuses de la colonie.
Lors de la prise de Québec par les frères Kirke de 1629, face à l'imminence de l'arrivée des navires anglais, Guillaume Couillard refuse d'obéir aux directives d'évacuation vers Tadoussac :
« Enfin je lui dis qu'il estoit necessaire, n'ayant personne en nostre habitation, qu'il allait à Tadousac accommoder cette barque, il chercha toutes les excuses qu'il peut pour s'en exempter,assez mal à propos, sans raison, qui me fit lui tenir quelques propos facheux. Bref, pour toute conclusîon dit qu'il avoit peur des Sauvages qu'ils ne l'assomment pour le relever de cette appréhension. Je lui fis offre de lui donner une chaloupe bien esquippée d'hommes et d'armes, et envoyer mon beau- frère pour l'assurer, tout cela ne servit de rien, sinon que pour accommoder deux chaloupes qui étaient en nostre habitation, qu'il le férait volontiers, mais d'y aller il craignait sa peau, & ne vouloit abandoner fa femme, pour la conserver, je lui dis vous aviez tant de fois laissée seule Avec sa mère par le passé, allez lui dit-je alors, vous perdez toutes les conditions que l'on pouvoit espérer d'un homme de bien, si ce n'etait pour peu je vous fairois mettre prisonnier, pour la désobéissance que vous faite en une nécéssité, vous deservez le Roy en tout ceci, néanmoins on advisera ce que l'on aura à faire. »
Puis, Couillard annonce qu'il restera à Québec avec les frères Kirke.
« [...] Au moment où Champlain allait partir, Guillaume Couillard, gendre de la veuve Hébert, et quelques autres qui avaient leur famille, voyant que les Anglais les traitaient bien et voulaient les engager à rester à Québec[...] »
Guillaume Couillard demeure à Québec sous l'occupation, ce qui lui permet de préserver ses terres jusqu'au retour des Français en 1632.
C'est également durant cette période d'occupation anglaise que Guillaume Couillard prend en charge Olivier Le Jeune des mains d'Olivier Le Baillif ancien employé de la Compagnie de Caen (Compagnie de Montmorency), peut-être insatisfait d'être subitement devenu employé de la Compagnie des Cent-Associés (Compagnie de la Nouvelle-France), et qui choisit de collaborer avec les Anglais.
Bien que le statut exact d'Olivier Le Jeune, le premier afrodescendant à résider en Nouvelle-France, demeure flou, sa présence au sein de la maisonnée de Guillaume et Guillemette Couillard, cette prise en charge représente une forme potentielle de collaboration avec les Anglais.
Néanmoins, les autorités religieuses ne semblent pas s'en être formalisées : le père Paul Le Jeune n'exprime aucun grief à cet égard dans ses écrits et décrit même Couillard comme un homme issu d'une « bonne famille ».