Ce Jour-là

Guillaume Colletet

Poète, membre de l’Académie Française

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Guillaume Colletet est un poète et essayiste français, né et mort à Paris (12 mars 1598 - 11 février 1659). Appartenant au groupe littéraire des Illustres Bergers, il fait partie des premiers membres de l'Académie française.

Dans sa jeunesse, il fait partie des Illustres Bergers, groupe de jeunes poètes libertins qui entourent Théophile de Viau ; il est l'auteur du sizain placé en tête du recueil du Parnasse des poetes satyriques et d'un autre qui en dévoile le contenu :

Son fils François Colletet naît en 1628.

Avocat au Parlement et au Conseil, il fréquente l'Hôtel de Rambouillet et le parti des « barbares ». Il a une bonne réputation en son temps et jouit de la protection de grands personnages, entre autres de Richelieu, dont il est quelquefois le collaborateur, et qui lui donne une fois 600 livres pour six mauvais vers.

Il est un des premiers membres de l'Académie française, au fauteuil 23 ; il y entre avant le 13 mars 1634 et y prononce le 18e discours, De l'imitation des anciens. Admirateur de la Pléiade et surtout de Ronsard, il s'engage dans un travail d'histoire de la littérature, notamment par son ouvrage Vie des poëtes françois.

Très épris de sa dernière femme Claudine Le Hain, il tente de la faire passer aussi pour poétesse, et compose des écrits signés d'elle. Se sentant mourir, il lui rédige une dernière pièce où elle déclare vouloir renoncer à la poésie avec la mort de son époux. Personne n'est dupe, et surtout pas Jean de La Fontaine, qui rime une épigramme à ce sujet.

Il meurt le 10 ou 11 septembre 1659, dans un grand dénuement, s'il faut en croire la lettre que son collègue Jean Chapelain adresse le 7 mars suivant à Nicolas Heinsius :

« Notre pauvre M. Colletet mourut il y a un mois, et mourut véritablement pauvre, ayant fallu quêter pour le faire enterrer. S'il a avancé ses jours par ses noces, ç'a été plutôt par ses troisièmes que par ses secondes ; car il s'est marié jusqu'à trois fois, et toutes les trois à ses servantes. C'est la seule tache de sa vie, laquelle d'ailleurs il a passée dans l'innocence entre Apollon et Bacchus, sans souci du lendemain, au milieu de ses fâcheuses affaires. Je ne le plains pas trop d'être mort, puisqu'il n'avait pas moyen de vivre. Je plains ses amis, qui ont perdu en lui un homme de bien et qui était d'agréable conversation. »

Quelques semaines plus tard, Gilles Boileau lui succède au fauteuil 23 de l'Académie française, au terme d'un processus électoral tumultueux.

des poésies (tragédies, pastorales, etc.), parmi lesquelles on remarque le Banquet des poètes, 1646, et de nombreuses épigrammes ;

des traités assez estimés sur la poésie morale, le sonnet, l'églogue, réunis sous le titre d'Art poétique, 1658 ;

des traductions, entre autres, celles des Couches sacrées de la Vierge, de Jacopo Sannazaro (De partu Virginis), et de Scévole de Sainte-Marthe.

Guillaume Colletet a composé tout au long de sa vie un ouvrage intitulé Vies des poëtes françois par ordre chronologique depuis 1209 jusqu'en 1647 dont le manuscrit, recueil autographe constitué de cinq volumes in-quarto, a disparu au cours de la nuit du 23 au 24 mai 1871 dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre . Grâce aux recherches de Léopold Pannier et à la publication de son Essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet, on en connaît partiellement le contenu.

L'intérêt principal de l'ouvrage réside dans les renseignements rassemblés sur de nombreux contemporains. Malgré l'intérêt suscité par son œuvre, quoique incomplète, personne ne l'a jamais éditée. En 1730, écrit Léopold Pannier, le libraire Gabriel Martin a obtenu un privilège royal pour l'impression, mais que l'entreprise n'a pas été achevée. Fort heureusement, le manuscrit a été fréquemment consulté, copié et reproduit, notamment en tête de certaines nouvelles éditions de poètes. De plus, une copie partielle manuscrite, dans laquelle les noms sont rangés par ordre alphabétique, copie due probablement à François Colletet, a permis de sauver une partie de l'ouvrage.

Le nombre de notices que contenait le manuscrit reste incertain. On sait que Colletet n'a pas eu le temps de rédiger des notices sur les plus illustres de ses contemporains, tels que Malherbe ou d'Aubigné, mais qu'il y a ajouté sa propre autobiographie. L'étude de Léopold Pannier, rééditéé en 1872, liste l'ensemble des « Vies publiées, copiées ou analysées », en mentionnant chacune de ses sources. Une deuxième liste fait état des « Vies » non conservées. L'appel lancé par l'auteur, à la fin de son article, a toutefois permis de retrouver d'autres copies manuscrites. C'est le cas notamment de la Vie de François Perrin, publiée par Anatole de Charmasse en 1887.

Desespoirs amoureux, avec quelques lettres amoureuses, & poësies, par le sieur Colletet, Paris, Gervais Alliot, 1622 ;

Le Trébuchement de l'yvrongne, Paris, 1627, lire en ligne ;

Chant de victoire sur la réduction de La Rochelle en l'obéissance du Roy, par le sieur Colletet, Paris, 1628, lire en ligne ;

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