Guillaume Marie Joseph Labouré, né le 27 octobre 1841 à Achiet-le-Petit (Pas-de-Calais) et décédé le 21 avril 1906 à Rennes, est un ecclésiastique et évêque français qui fut archevêque et cardinal.
Il appartient à une modeste famille paysanne d'Achiet, qui avant la Révolution vivait dans une relative aisance. Devenue acquéreur d'une grande partie des biens d'une famille émigrée, sa famille les remit à leurs anciens possesseurs après la Révolution : François Philippe Ladislas, 2e comte et 4e baron de Diesbach Belleroche, vicomte d'Ervillers.
La tante de Guillaume Labouré lui donna une éducation simple et très pieuse, d'une piété austère proche du jansénisme. Ses parents, s'apercevant des dispositions de leurs fils pour les études, le confient au curé de la paroisse du Sars qui lui enseigna le latin.
Il fait des études au petit séminaire d'Arras, que Pierre-Louis Parisis venait de confier à la Société de Saint Bertin, et où il se lie d'amitié avec l'abbé Catteau, futur évêque de Luçon. Envoyé par Pârisis compléter sa formation, il poursuit ses études à Paris, où il entre au séminaire Saint-Sulpice. Il reçoit l'ordination sacerdotale le 22 septembre 1865 pour le diocèse d'Arras et entre ensuite dans l'enseignement ecclésiastique.
Nommé professeur de seconde au petit séminaire d'Arras, le 1er octobre 1865, puis directeur le 30 octobre 1869, Labouré en devient le supérieur le 21 juin 1872, jusqu'à l'année 1882. Sous son influence, le séminaire d'Arras va acquérir un niveau d'étude plus élevé : tâche qui lui est facilitée par l'amélioration progressive du corps professoral. En effet, il change les manuels de théologie, abandonnant ceux de Jean-Baptiste Bouvier au profit des ouvrages du sulpicien Raymond Bonal qui insistent sur les prérogatives pontificales récemment mises en valeur lors du premier concile œcuménique du Vatican.
Son enseignement laisse une place aux doctrines de saint Thomas d'Aquin et de Francisco Suárez. À partir du supériorat de Labouré, l'histoire prend une plus grande part dans l'enseignement dispensé à Arras. Les nécessités de préparer au baccalauréat et aux études supérieures, l'obligent à accroître la part des langues et des sciences.
Parallèlement à ses activités au petit séminaire d'Arras, l'abbé Labouré fait partie du Comité diocésain des associations catholiques pour la classe ouvrière tout comme Louis-François Sueur, futur archevêque d'Avignon.
Vicaire général du diocèse d'Arras
Vicaire général pendant l'épiscopat de Guillaume Meignan
Le 1er mars 1882, l'abbé Labouré quitte le séminaire d'Arras pour faire partie du conseil de l'évêque d'Arras en qualité de vicaire général du diocèse d'Arras, appelé à ce poste important par son évêque, Jean-Baptiste Joseph Lequette, celui-ci meurt peu de temps après, le 13 juin 1882.
La succession ouverte laisse un chapitre divisé sur la question de l'élection des vicaires capitulaires. À cette occasion, l'abbé Labouré est tour à tour présenté lors du vote du 14 juin 1882 comme modéré face aux libéraux et aux ultramontains déclarés ; puis, dans une lettre datée du 24 d'un mois d'été 1882, Laurent-Marie-Étienne Monnier, futur évêque de Troyes, écrivant au nonce, le classe dans la majorité ultramontaine ; pourtant le préfet Bilhourd, dans une lettre au ministre des Cultes, après la nomination de Guillaume Meignan, évêque d'Arras, range Labouré parmi les libéraux. Ces différents avis laissent apparaître que la position de Labouré, peu tranchée, était l'objet de l'attention de tous, puisqu'elle pouvait faire basculer la majorité du chapitre capitulaire du diocèse d'Arras.
Le 1er décembre 1882, le conseil épiscopal provisoire réuni, nomme trois grands doyens dont Labouré pour Saint-Omer et Béthune.
Nommé au siège d'Arras, Meignan songe à désigner un deuxième vicaire général et avait pensé à l'abbé Labouré. Après un avis favorable du préfet le 14 octobre 1882, il préfère attendre ne pouvant se résoudre à réclamer un canonicat pour Roussel — une éminence noire du diocèse — à laquelle Labouré succéderait. Pourtant, quelques mois après, Labouré est nommé vicaire général par Meignan et fait partie de cette équipe d'ecclésiastiques de valeur que le nouvel évêque constitue autour de lui.
Vicaire général pendant l'épiscopat de Désiré Dennel
L'épiscopat de Meignan constitue pour le futur évêque un exemple de la politique que doit être capable de tenir un évêque. Tant dans la gestion des affaires religieuses du diocèse, que dans la conduite à suivre dans ses relations avec le Gouvernement : plus tard Labouré saura rester fidèle aux conceptions modérées, mais fermes de Meignan ; préparant ainsi Labouré à figurer parmi les artisans du Ralliement. Très apprécié du pape, Meignan est nommé archevêque de Tours et ne reste que deux ans à Arras. Son successeur, Désiré-Joseph Dennel, un intransigeant, permet à Labouré de comprendre tout l'intérêt que peut apporter une position modérée.
Ce changement de nomination épiscopale permet à Labouré d'administrer pendant presque toute l'année 1884 le diocèse d'Arras. Lorsque Dennel se décide, après six mois, à proposer Labouré comme vicaire général le 16 décembre 1884, celui-ci est agréé sans difficulté après avis très favorable le 23 décembre 1884, et nommé le 29 décembre 1884.
Pourtant déjà une autre carrière se dessinait pour Labouré, puisque remarqué par Meignan, l'archevêque de Tours, qui écrivait à son sujet au ministre le 8 octobre 1884, puis à son directeur des Cultes les 21 et 31 octobre 1884 pour lui faire obtenir un siège épiscopal.
Nommé évêque du Mans le 31 décembre 1884, il est préconisé le 27 mars 1885, il est sacré en la cathédrale de Luçon le 31 mai suivant par Guillaume René Meignan, archevêque de Tours, Nicolas-Clovis-Joseph Catteau, évêque de Luçon et Donnel, évêque d'Arras.