Ce Jour-là

Guerres arabo-byzantines

Série de conflits du VIIe au XIIe siècles

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Les guerres entre les Arabes et les Byzantins sont une série de guerres entre les califats arabes et l'Empire byzantin entre le VIIe et le XIIe siècle. Celles-ci débutent en même temps que les premières conquêtes musulmanes, puis sous les califes bien guidés et omeyyades, et se poursuivent sous la forme d'un bras de fer frontalier permanent jusqu'au début des croisades. À la suite de celles-ci, les Byzantins (les Romains ou Rûm dans les chroniques historiques musulmanes) perdent une importante partie de leur territoire.

Les conflits initiaux se déroulent de 629 à 718, finissant avec le second siège de Constantinople par les Arabes, qui arrête la progression rapide de l'empire arabe à travers l'Anatolie. Cependant, les batailles continuent entre les années 800 et 1169. L'occupation des territoires d'Italie du Sud par les armées aghlabides aux IXe et Xe siècles ne rencontre pas le même succès qu'en Sicile. Mais sous la dynastie macédonienne, les Byzantins reprennent les territoires du Levant et progressent avec leur armée dans le sud, menaçant même Jérusalem. L'émirat d'Alep ainsi que ses voisins deviennent des vassaux des Byzantins en Orient, où émerge la menace encore plus grande du royaume de l'Égypte fatimide. Les Arabes restent la préoccupation majeure de l'Empire jusqu'à la montée en puissance des Seldjoukides qui prennent possession de la plupart des terres et refoulent les Abbassides à l'intérieur de l'Anatolie. Aussi, l'empereur byzantin Alexis Comnène se voit obligé de demander une aide militaire au pape Urbain II lors du concile de Plaisance ; ces événements sont souvent considérés comme des signes avant-coureurs de la première croisade.

Les guerres intenses et prolongées entre les Sassanides et les Byzantins des VIe et VIIe siècles laissent les deux empires épuisés et vulnérables face à l'émergence soudaine et rapide de l'expansion arabe. La dernière de ces guerres est une victoire pour les Byzantins. L'année 622, où l'empereur Héraclius lance son offensive contre la Perse, est également marquée par le commencement de l'Hégire.

Néanmoins, aucun des empires n'a eu la possibilité de récupérer : quelques années plus tard seulement, ils sont touchés par l'assaut des Arabes nouvellement unis par l'islam qui, selon Howard-Johnston, « peuvent seulement être assimilés à un raz-de-marée humain ». D'après Georges Liska, le « conflit inutilement prolongé entre Byzantins et Perses ouvrit la voie pour l'islam ».

En 628, le prophète Mahomet est déjà parvenu à unifier la plus grande partie de l'Arabie sous la domination musulmane. En octobre, il envoie selon la tradition islamique une liste de lettres aux chefs d'État, dont l'empereur Héraclius :

« Au nom d'Allah, le Clément le Miséricordieux. Lettre de Moh̲ammad le serviteur et Messager d'Allah à Hercules, le roi des Byzantins. Que la paix soit sur ceux qui observent la droiture. Accepte de te soumettre. Embrasse l'Islam et Allah te récompensera deux fois. Si tu te détourne et refuses, tu porteras les péchés des Romains. Dis : Ô gens des Écritures ! Convenons les uns et les autres de ce point commun entre nous, à savoir de n'adorer qu'Allah Seul, sans lui adjoindre d'associé, de ne pas nous prendre les uns et les autres pour divinités en dehors d'Allah. S'ils se détournent dites-leur : Soyez témoins qu'à Allah Seul nous nous soumettons. »

Héraclius aurait émis une réponse négative. Dans le même temps, il convient avec le général persan Schahr-Barâz du retrait des troupes perses des provinces orientales occupées de l'Empire byzantin, et restaure la Vraie Croix en 629.

En septembre 629, les troupes arabes et byzantines s'affrontent pour la première fois lors de la bataille de Mu'tah.

D'après les biographies musulmanes, en 630, le prophète Mahomet dirige une force de plus de 30 000 hommes au nord de Tabouk (au nord-est de l'Arabie saoudite actuelle), avec l'intention d'y combattre l'armée byzantine. Cet événement historique, dit bataille de Tabouk, ne s'apparente toutefois pas à un véritable affrontement militaire. Il n'existe pas de récit byzantin contemporain de ces évènements, et la plupart des détails viennent d'écrits arabes postérieurs à ceux-ci.

Mahomet meurt en 632, peu après une expédition d'Usama bin Zayd en Palestine. Abou Bakr lui succède, devenant le premier calife bien guidé, ainsi que l'indiscutable dirigeant de la péninsule arabique tout entière grâce au succès des guerres de Ridda, qui conduisent à la création d'un État musulman puissant. Les accrochages continuent sous la forme d'escarmouches contre les États arabes clients de l'Empire byzantin et sassanide : les Ghassanides et les Lakhmides d'Al-Hira. Ces escarmouches dégénèrent bientôt en une guerre à grande échelle menée simultanément contre les deux empires avec pour conséquence la conquête du Levant et de la Perse par les deux généraux du califat des Rachidoune, Khalid ibn al-Walid et 'Amr ibn al-'As.

Conquête arabe de la Syrie romaine : 634-638

Au Moyen-Orient, l'armée des califes rachidoune se confronte à l'armée byzantine, composée aussi bien de troupes impériales que de conscrits locaux. Du fait de leur mécontentement envers le pouvoir byzantin, les monophysistes et les Juifs de la Syrie accueillent à bras ouverts les conquérants arabes. Les tribus arabes ont également d'importants liens économiques, culturels et familiaux avec les citoyens arabes prédominants du Croissant fertile.

L'empereur byzantin Héraclius tombe malade et est incapable de diriger ses armées pour résister à la poussée arabe en Syrie et en Palestine en 634. Dans une bataille disputée près d'Adjnadayn (en Syrie) au cours de l'été 634, l'armée du Califat des Rachidoune remporte une victoire décisive. Après leur victoire à Fahl, les forces musulmanes prennent Damas la même année sous le commandement de Khalid ibn al-Walid. La réaction byzantine se manifeste par le recrutement et l'envoi du maximum de soldats disponibles sous la direction de commandements compétents, à l'instar de Théodore Trithyrius et du général arménien Vahan, pour expulser les musulmans de leurs territoires nouvellement gagnés. Mais à la bataille du Yarmouk, les musulmans, bien informés des détails du terrain, s'appuient sur les profonds ravins et falaises pour former un piège mortel, engageant alors les Byzantins dans une série de coûteux assauts. L'exclamation d'adieu d'Héraclius (rapportée par l'historien du IXe siècle Al-Baladhuri), lors de son départ d'Antioche pour Constantinople, est représentative de sa déception : « Paix à toi, Ô Syrie, et quel excellent pays es-tu pour l'ennemi ! » Les conséquences de la perte de la Syrie par les Byzantins sont illustrées par les mots de Jean Zonaras : « […] depuis lors [après la chute de la Syrie] la race des Ismaëlites ne cesse d'envahir et de piller l'ensemble du territoire des Romains ».

Bientôt, en 637, les Arabes capturent et occupent Jérusalem, qui est cédée par le patriarche Sophrone. Au cours de l'été de la même année, les musulmans s'emparent de Gaza, et, au même moment, les autorités byzantines de l'Égypte réussissent à négocier une coûteuse trêve, qui prend fin trois années plus tard. En 638, les musulmans occupent le nord de la Syrie, à l'exception de la Mésopotamie supérieure, à laquelle on octroie une trêve d'une année. À l'expiration de celle-ci en 639-640, les Arabes envahissent la Mésopotamie byzantine, et achèvent la conquête de la Palestine en prenant d'assaut la ville de Césarée et en capturant finalement Ashkelon. En décembre 639, les musulmans quittent la Palestine pour envahir l'Égypte au début de l'année 640.

Conquêtes arabes du nord de l'Afrique : 639-717

Conquête de l'Égypte et de la Cyrénaïque

Malgré le fait qu'Antioche soit repassée temporairement sous contrôle byzantin, vers 637-638, peu avant la mort d'Héraclius, l'ensemble de la Syrie tombe aux mains des musulmans. Avec 3 500 - 4 000 hommes sous son commandement, 'Amr ibn al-'As passe en Égypte depuis la Palestine entre la fin de l'année 639 et le début de 640. Il est progressivement rejoint par des renforts supplémentaires, en particulier 12 000 soldats commandés par Al-Zubayr. 'Amr ibn al-'As assiège et capture d'abord les forteresses du delta du Nil, avant d'attaquer Alexandrie. Les Byzantins, divisés et scandalisés par la perte d'une si grande portion de leur territoire, acceptent d'abandonner la cité en septembre 642. Les Égyptiens accueillent les Arabes en libérateurs. La chute d'Alexandrie met fin à la domination byzantine en Égypte, et permet aux musulmans de poursuivre leurs activités militaires au nord de l'Afrique ; en 643-644, Amr parachève la conquête de la Cyrénaïque. Durant la même période, les Arabes s'emparent de Chypre, et Uthman succède au calife Omar, décédé.

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