Ce Jour-là

Guerre russo-japonaise

Conflit armé entre le Japon et la Russie, de 1904 à 1905

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La guerre russo-japonaise (en japonais : 日露戦争 ; en russe : ру́сско-япóнская войнá) se déroule du 8 février 1904 au 5 septembre 1905. Elle oppose l'Empire russe à l'empire du Japon, lequel, victorieux, obtient par le traité de Portsmouth la moitié méridionale de l'île de Sakhaline (et une péninsule).

Sur le plan militaire, ce conflit préfigure les guerres du XXe siècle par sa durée (un an et demi)[pourquoi ?], par les forces engagées et les pertes, ainsi que par l'emploi des techniques les plus modernes de l'art de la guerre (logistique, lignes de communications et renseignements ; opérations combinées terrestres et maritimes ; durée de préparation des engagements).

Sur le plan politique, l'affrontement trouve son origine dans une triple interaction :

l'opposition directe des impérialismes japonais et russe — ce dernier a pour objectif stratégique d'obtenir un accès permanent à l'océan Pacifique et l'annexion de la Mandchourie et de la Corée ;

la démarche propre de l'empire du Japon qui vise :

d'abord à préserver son indépendance et ses intérêts face aux impérialismes européens de plus en plus présents dans la région depuis la seconde moitié du XIXe siècle,

ensuite à s'affirmer et à se faire reconnaître en tant que puissance régionale à part entière, c'est-à-dire comme un acteur développant sa propre stratégie impériale et coloniale, notamment à l'égard de la Corée.

Présence russe en Extrême-Orient sibérien

La Russie poursuit son expansion continentale au-delà du lac Baïkal en Extrême-Orient sibérien en atteignant le détroit de Béring en 1648. Cependant, cette expansion est en partie stoppée en 1689 par le traité de Nertchinsk qui est signé avec la Chine de la dynastie des Qing. Ce traité fixe la frontière entre les deux pays sur les monts Stanovoï et le fleuve Argoun. De 1689 à 1725, la Russie prend possession de la presqu'île du Kamtchatka et maîtrise alors tous les rivages continentaux de la mer d'Okhotsk. Cependant, l'extension maximale des glaces océaniques hivernales bloque ces rivages durant plusieurs mois chaque année et ne permet donc pas à la Russie d'avoir un accès libre de glaces toute l'année à l'océan Pacifique.

Pour réaliser cet objectif stratégique traditionnel de sa diplomatie, la Russie doit impérativement disposer d'un accès à la mer du Japon, accès qui lui est refusé durant deux siècles par le traité de Nertchinsk qui a sanctuarisé le bassin du fleuve Amour. Dès le milieu du XVIIIe siècle, la poussée russe reprend dans toute cette zone : installation d'avant-postes militaires, de colons et commerçants, de négociants et trappeurs, etc. dans une région faiblement contrôlée par la Chine, en périphérie du principal territoire mandchou. Cette période (première moitié du XIXe siècle) correspond aussi au début de l'affaiblissement de la Chine des Qing.

La Russie réalise son objectif d'obtenir un accès à la mer du Japon (et donc de disposer d'une façade maritime en mer libre sur l'océan Pacifique) par le traité d'Aïgoun (1858) et la Première convention de Pékin (1860) conclus avec la Chine. Parallèlement, la Russie négocie avec le Japon au sujet des îles Kouriles et de Sakhaline en concluant les traités de Shimoda (1855) et le traité de Saint-Pétersbourg de 1875, la Russie obtenant ainsi le contrôle de Sakhaline et le Japon celui des îles Kouriles.

Présence européenne en Extrême-Orient au début du XIXe siècle

L’expansion européenne en Asie s'est d'abord exercée en direction :

de l'Indochine avec les Français ;

des Philippines avec les Espagnols ;

de l'Indonésie avec les Néerlandais ;

de la Malaisie avec les Britanniques ;

des Indes avec les Britanniques, les Portugais et les Français ;

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