La guerre des Six Jours s'est déroulée du lundi 5 au samedi 10 juin 1967 et a opposé Israël à l'Égypte, la Syrie, l’Irak, et la Jordanie, après une offensive israélienne contre l’Égypte.
Les relations entre Israël et ses voisins arabes étaient restées conflictuelles depuis les accords d’armistice de 1949 qui ont mis fin à la guerre israélo-arabe de 1948-1949. En 1956, les tensions régionales se sont intensifiées lors de la crise de Suez, lorsque Israël a envahi l’Égypte en réaction à la fermeture du détroit de Tiran aux navires israéliens.
Les tensions israélo-arabes s’intensifient à nouveau au printemps 1967. La crise débuta le 7 avril, lorsqu'à la suite d'un incident mineur à la frontière israélo-syrienne, un combat aérien aboutit à la destruction de sept avions syriens. La montée des tensions fut exacerbée par les actions des commandos palestiniens opérant sur le territoire israélien, tandis que Israël menaça la Syrie d'une guerre en raison de son soutien aux Palestiniens. Le chef d'État égyptien, Gamal Abdel Nasser, répondit en fermant le détroit de Tiran, et en déployant des troupes aux frontières.
Le 5 juin 1967, Israël lança une série de frappes aériennes contre des aérodromes égyptiens et d'autres installations dans le cadre de l'opération Focus. Les forces égyptiennes furent prises par surprise et la quasi-totalité des moyens aériens militaires égyptiens furent détruits au sol, donnant à Israël la suprématie aérienne. Simultanément, l'armée israélienne lança une offensive terrestre dans la péninsule du Sinaï ainsi que dans la bande de Gaza. Les chars de l'armée israélienne prirent l'ascendant sur leurs adversaires. Après une résistance initiale, Nasser ordonna l'évacuation de la péninsule du Sinaï. La Jordanie, qui avait conclu un pacte de défense avec l'Égypte, a mené des attaques contre les forces israéliennes afin de ralentir leur avancée. Le cinquième jour, la Syrie est entrée en guerre en bombardant les positions israéliennes dans le nord.
La guerre des Six Jours a entraîné plus de 15 000 morts coté arabe et moins de 1 000 coté israélien. En outre, 15 casques bleus de l’ONU ont été tués par des frappes israéliennes dans le Sinaï et 34 soldats américains ont été tués lors de l’incident du USS Liberty, au cours duquel les forces aériennes israéliennes ont attaqué un navire américain pour des raisons qui restent controversées.
En moins d'une semaine, l'Égypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Israël prit le contrôle de la vieille ville de Jérusalem. Environ 280 000 à 325 000 Palestiniens ont été expulsés de la Cisjordanie et 100 000 Syriens ont fui ou ont été expulsés du plateau du Golan. La victoire d'Israël l'a placé au rang de puissance militaire au Moyen-Orient.
Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore aujourd'hui la géopolitique de la région. Si Israël s'est depuis retiré d'un de ces territoires occupés, à savoir le Sinaï, deux autres ont été annexés, Jérusalem-Est et le plateau du Golan, — deux actes non reconnus par la communauté internationale — une grande partie de la Cisjordanie est toujours occupée, et la bande de Gaza était depuis 2005 sous embargo maritime, terrestre et aérien jusqu'au début de la guerre de Gaza d'octobre 2023 à aujourd'hui. Ces territoires annexés sont considérés comme une occupation illégale selon le droit international.
Le 16 mai 1967, l'Égypte déclare l'état d'alerte, procède à d'importants mouvements de troupes dans le désert du Sinaï et exige le départ des forces de maintien de l'ordre de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui s'y trouvent depuis 1957. Elle impose aussi le blocus du détroit de Tiran qui donne accès à la mer Rouge, via le golfe d'Aqaba, aux navires israéliens. Israël rappelle que le blocus constitue un acte de guerre en violation du droit international. Face à ce blocus, aux propos belliqueux de dirigeants arabes et à la mobilisation des armées arabes, Israël décide de lancer une attaque préventive aérienne et terrestre le 5 juin 1967 contre l'Égypte au sud. Israël demande par voie diplomatique à la Jordanie de rester neutre, mais celle-ci attaque Israël dès le premier jour. À la suite du succès éclair dans le Sinaï, Israël lance une contre-attaque contre la Jordanie puis le 9 juin contre la Syrie sur le plateau du Golan.
Après six jours de combats, de nouvelles lignes de cessez-le-feu remplacent les anciennes, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza et le plateau du Golan passant sous contrôle israélien (voir Territoires occupés). La navigation des navires israéliens par le détroit de Tiran est désormais assurée et Jérusalem, qui était divisée entre Israël et la Jordanie depuis 1949, est réunifiée sous contrôle israélien.
À l'issue de la guerre des Six Jours, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 242 (1967) qui réclame la fin immédiate de l'occupation militaire. Cette résolution, fréquemment invoquée depuis dans les négociations de paix au Proche-Orient, reste encore inappliquée. Elle ne précise pas comment devraient être restitués les territoires dont elle demande l'évacuation par Israël, les territoires aujourd'hui dits « palestiniens » étant avant 1967 sous contrôle jordanien ou égyptien.
La précédente guerre israélo-arabe de 1956 lors de la crise du canal de Suez s'était soldée par une défaite militaire, mais une victoire politique capitale pour l'Égypte. À la suite du renoncement des États-Unis et du Royaume-Uni à soutenir financièrement la construction du barrage d'Assouan, le président égyptien, Gamal Abdel Nasser, avait nationalisé le canal de Suez en 1956. La France et le Royaume-Uni avaient alors soutenu ensemble une attaque israélienne dans le Sinaï jusqu'au canal de Suez. Mais la condamnation fut unanime dans le monde. Les États-Unis, l'Union soviétique et l'ONU s'accordèrent sur le retrait israélien et l'URSS menaça même Paris et Londres d'une frappe nucléaire.
Durant la période menant à la guerre, les attaques des fedayin palestiniens et les contre-attaques israéliennes augmentent les tensions interfrontalières.
Le succès de Nasser avait donc été d'obtenir cette pression diplomatique des États-Unis et de l'Union soviétique pour pousser Israël à se retirer de la totalité du Sinaï. En échange, Israël obtint le maintien de Casques bleus de l'ONU dans le Sinaï pour veiller à garder cette frontière démilitarisée. L'Égypte avait également accepté de mettre un terme à la guérilla menée sur le sol israélien. Ainsi, la frontière israélo-égyptienne put connaître une période de calme sans précédent depuis 1948.
Aucun pays arabe n'avait pourtant reconnu l'existence de l'État d'Israël, mais la région était dans un équilibre incertain depuis 1956, maintenu davantage par la compétition entre Égypte, Syrie et Jordanie que par une résolution réelle des problèmes. En pleine guerre froide, l'Égypte et la Syrie étaient désormais alliées à l'URSS de Nikita Khrouchtchev et au bloc de l'Est tandis que la Jordanie était soutenue par les Britanniques.
Plusieurs années après le conflit, Israël construisit un réseau de transport de l'eau en puisant dans les eaux du lac de Tibériade. En réponse, la Syrie initia un plan de dérivation des sources du Jourdain des eaux de certaines rivières (Dan/Baniyas) afin qu'elles n'alimentent plus le lac. Des attaques à l'artillerie lourde, depuis les hauteurs du Golan, se répétèrent aussi contre les civils israéliens du Nord-Est de la Galilée. Avec le bombardement des voies et le détournement de l'eau en 1964, la frontière israélo-syrienne resta le théâtre de tensions permanentes.
En 1966, l'Égypte et la Syrie signèrent une alliance militaire qui les engageait réciproquement dans le cas d'une guerre impliquant l'un des deux pays. Le 7 avril 1967, un incident mineur à la frontière israélo-syrienne se transforma rapidement en une bataille aérienne de grande échelle au-dessus du Golan. Le résultat fut la destruction de sept MiG-21 syriens et le survol menaçant des avions de l'armée israélienne au-dessus de Damas. Les incidents frontaliers se multiplièrent et nombre de dirigeants arabes politiques et militaires appelèrent à la fin des représailles israéliennes. En Égypte, Nasser, toujours en quête d'une position centrale dans le monde arabe, surenchérit par la déclaration selon laquelle il prévoyait de remilitariser le Sinaï. La Syrie encouragea l'Égypte dans ce sens, mais ne se prépara pas immédiatement à l'éventualité d'un nouveau conflit. L'Union soviétique soutint les besoins militaires des pays arabes. On apprit plus tard qu'un rapport soviétique du 13 mai avait prétendu que les troupes israéliennes se regroupaient le long de la frontière syrienne alors qu'il n'en était rien.