Ce Jour-là

Guerre des Malouines

Guerre entre l'Argentine et le Royaume-Uni en 1982 au sujet des îles Malouines

Anúncio

La guerre des Malouines ou guerre de l'Atlantique Sud (Falklands War en anglais, Guerra de las Malvinas en espagnol) est un conflit militaire opposant l'Argentine au Royaume-Uni dans les îles Malouines et dans la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud en 1982.

Cette guerre commence le 2 avril 1982 avec le débarquement de l'armée argentine aux Malouines, suivi le lendemain par l'invasion de la Géorgie du Sud, et se termine le 14 juin 1982 par un cessez-le-feu. Elle se conclut par une victoire du Royaume-Uni qui affirme ainsi sa souveraineté sur ces territoires.

C'est la première guerre conventionnelle entre deux puissances importantes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le conflit est causé par la volonté de la dictature militaire argentine de faire valoir par la force ses prétentions sur la souveraineté de ces archipels, placés par les Nations unies sur la liste des territoires contestés. Ce conflit s'inscrit dans la continuité des controverses qui commencent dès la découverte de ces îles qui ont été occupées successivement par la France, l'Espagne puis le Royaume-Uni.

Sur le plan humain, le bilan de cette guerre est de 907 tués dont 649 militaires argentins, 258 militaires britanniques et trois insulaires. Politiquement, la déroute argentine a de lourdes conséquences puisqu'elle précipite la chute de la junte militaire qui gouvernait jusqu'alors le pays. Elle est remplacée par un gouvernement démocratiquement élu. De son côté, le gouvernement de Margaret Thatcher sort renforcé de cette victoire et le parti conservateur remporte les élections en 1983.

En 2012, l'Argentine vote la déclaration d'Ushuaïa demandant le respect des résolutions de l'ONU.

Depuis, malgré les tentatives répétées de conciliation, l’Organisation des Nations unies considère toujours les archipels comme des territoires « non autonomes », dont la souveraineté n'a pu être départagée entre l'Argentine et le Royaume-Uni.

Conflits diplomatiques autour d'un archipel oublié qui passe de main en main

Les îles apparaissent sur des portulans dès 1502. Le 7 avril 1502, Amerigo Vespucci passe par un archipel qui semble être les Malouines. La première carte complète des îles est réalisée en 1520 par Andrés de San Martín, lors de l'expédition de Magellan. Le 4 février 1540, un bateau espagnol commandé par Alonso de Camargo accoste aux Malouines et y reste jusqu'au 3 décembre de la même année.

Cinquante ans plus tard, en 1592, les îles sont abordées par le navigateur anglais John Davis qui voyage sur le Desire (en). John Strong explore les îles en 1690 et baptise le détroit Falkland Sound. Des Malouins fréquentent l'archipel de 1700 à 1716 puis en 1749, un amiral britannique, George Anson, publie un récit de son voyage dans l'archipel et évoque leur position stratégique. Une expédition est conduite par le capitaine de vaisseau français Louis-Antoine de Bougainville qui débarque à Port Louis en 1764. Il est suivi l'année suivante par celle de l'officier de marine et navigateur britannique John Byron qui débarque à Port Egmont.

La souveraineté sur ces îles, qui figurent aujourd'hui sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU, est depuis lors disputée. La France est la première à les revendiquer. Mais en 1765, la cour d'Espagne, informée de la colonisation de ces îles situées dans sa zone d'influence, fait valoir ses droits auprès de la cour de France. En 1766, le ministre des Affaires étrangères français Étienne-François de Choiseul confie une mission diplomatique à Bougainville pour se rendre en Espagne et essayer de conserver les îles ou, à défaut, de les remettre à l'Espagne à la condition qu'elles soient physiquement occupées, pour que les Britanniques ne puissent pas les reprendre et de ce fait contrôler la route de la mer du Sud. Finalement, en 1767, la France les cède à l'Espagne qui les renomme Malvinas. L'année précédente, l'Espagne avait créé une vice-royauté du Rio de la Plata en Uruguay dont le territoire englobait le nord de la future Argentine, les deux tiers de la future Bolivie, le nord du Chili, le Paraguay et l'Uruguay.

Dans le contexte de la guerre d'indépendance américaine, de la Révolution française et des campagnes napoléoniennes, les guerres d'indépendance hispano-américaines permettent l'émergence de nouveaux États dont l'Argentine indépendante de l'Espagne en 1810. Celle-ci reprend alors à son compte les revendications sur l'archipel. Une révolution éclate en Uruguay avec l'arrivée en mai d'une junte qui décide d'évacuer les îles Malouines qui demeurent inoccupées jusqu'en novembre 1820, avec l'arrivée de la frégate argentine La Heroína (en) commandée par le colonel corsaire David Jewett (en) qui hisse le pavillon argentin sur les ruines de Port Louis.

La colonisation argentine commence en 1823 et un gouverneur est nommé trois ans plus tard. En 1833, des colons britanniques débarquent de la frégate Clio (en), expulsent les colons argentins et rétablissent la souveraineté britannique. Depuis 1833, l'Argentine maintient sa revendication territoriale.

Le conflit diplomatique est discuté à l'ONU à partir de 1960 après l'adoption par l'Assemblée générale, de la « déclaration sur la garantie d'indépendance des pays et peuples colonisés ».

En 1965, l’ONU reconnaît que la situation des Malouines constitue une forme de colonialisme qui doit prendre fin et demande aux deux pays de s’asseoir à la table des négociations. Londres a cependant toujours refusé tout dialogue.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, marquée par plusieurs coups d’État successifs en Argentine, une junte militaire s’arroge un rôle politique de plus en plus grand et finit par prendre officiellement le pouvoir en 1966. Cependant, un accord est conclu en 1971 pour la construction par les Britanniques d'un aéroport et la création d'une ligne aérienne permanente entre les Malouines et l'Argentine, permettant ainsi aux 1 800 insulaires britanniques d'accéder aux écoles et aux hôpitaux argentins. Juan Perón revient au pouvoir en 1972 et le conflit pour la souveraineté sur les îles Malouines est à nouveau soumis aux Nations unies par l'Argentine. En mai 1976, un rapport rédigé par Lord Shackleton confirme les potentialités de développement économique des îles Malouines et de leur environnement naturel (pêche, pétrole, traitement industriel des algues…), après qu'en février 1976 et dans les eaux britanniques, le destroyer argentin ARA Almirante Storni a ouvert le feu sur le navire de recherches RRS Shackleton et tenté sans succès de l'arraisonner. En conséquence de cet incident, la Royal Navy détache temporairement à Port Stanley la frégate HMS Chichester et diffère le désarmement de l'aviso HMS Endurance.

En mars 1976, une nouvelle junte d'officiers généraux des trois armées chasse du pouvoir Isabel Martínez de Perón, veuve de l'ancien président Perón et établit une dictature militaire dont la politique est de plus en plus autoritaire et répressive, avec à son actif plus de 30 000 assassinats. L'Argentine fait face à des problèmes économiques graves et lorsque le général Leopoldo Galtieri parvient au pouvoir en 1981, l'inflation est de 140 % par an. Le gouvernement est très impopulaire et en avril 1982, pour redorer son blason, le général Galtieri ordonne à son armée d'envahir les îles Malouines ce qui place l'Argentine en situation de guerre ouverte avec le Royaume-Uni, l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, membre de l'OTAN et quatrième puissance nucléaire mondiale.

Du côté britannique, le gouvernement conservateur, dirigé par la « Dame de fer » Margaret Thatcher, refuse tout compromis. Le tempérament de la Première ministre n'explique pas tout car le parti souhaite remporter les élections législatives qui doivent avoir lieu l'année d'après.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Guerre des Malouines | World in Stories