La guerre d'indépendance du Mexique est une guerre qui dura de 1810 à 1821, au terme de laquelle le Mexique devint indépendant du royaume d'Espagne et de l'Empire espagnol. Elle fut menée principalement par des Espagnols nés au Mexique : les criollos (à ne pas confondre avec le terme français créoles) contre les Espagnols vivant dans le pays mais nés en Espagne, les peninsulares.
Situation économique et sociale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne
La société est divisée aussi bien sur les plans économiques, que culturels et politiques.
Un groupe restreint, les espagnols nés en Espagne, contrôle le pouvoir politique. Les Espagnols, les criollos et métis présentent de nombreuses oppositions, notamment sur des questions liées au partage des terres ou de l'eau. Pendant les trois siècles de colonisation espagnole, il y eut plusieurs révoltes, parmi elles la rébellion des pericúes de 1734 à 1737 en Vieille Californie, la rébellion maya de 1761 dirigée par Jacinto Canek et les rébellions seris et pimas pendant le XVIIIe siècle.
Un système de castes, basé sur les origines ethniques, est alors en place, au sein d'une population, pour l'ensemble de la Nouvelle-Espagne en 1803, de 5 837 100 personnes. Du métissage entre les origines espagnoles, indigènes et africaines résultent nombre de positions sociales déterminées uniquement selon le pourcentage de « sang espagnol ». La population qui n'était pas née en Espagne était marginalisée.Certains indigènes tels les Tlaxcaltèques jouissaient de privilèges car ce sont eux qui permirent la victoire sur les aztèques, en fournissant des troupes aux conquérants espagnols,
Les mines étaient l'activité économique principale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne, et notamment la production d'or et d'argent. Celle-ci atteint un sommet au XVIIIe siècle, avec une production qui triple entre 1740 et 1803. À la fin du XVIIIe siècle, la Nouvelle-Espagne produit plus de 2 500 000 marcos d'argent. Les principales régions minières sont Guanajuato, Zacatecas et le Nord de Mexico. L'apogée de l'exploitation minière favorise le développement d'autres activités économiques, particulièrement le commerce et l'agriculture.
L'économie de la Nouvelle-Espagne entre en crise à la fin du XVIIIe siècle, en même temps que la mise en place des réformes bourboniennes. Ces réformes avaient pour but de moderniser l'administration coloniale et de la rendre plus rentable. La Nouvelle-Espagne rencontrait en effet une pénurie de capitaux, liée à la fois au monopole de l'argent exercé par les marchands de Mexico, et à la politique économique de la métropole. De plus, une part importante des richesses produites par les colonies était détournée par les corporations et n'arrivait pas dans les finances royales. Cette réforme touche les intérêts des classes supérieures, alors que le libre échange commercial favorise le pouvoir économique et politique des créoles et des métis qui commencent à prendre part à l'administration de la vice-royauté. Les dernières décennies du XVIIIe siècle sont marquées par la banqueroute de la Nouvelle-Espagne, principalement causée par le pillage des richesses au profit de la métropole.
Patriotisme créole et expulsion des jésuites
La deuxième moitié du XVIIIe siècle voit l'émergence de revendications politiques de la part des créoles de Nouvelle-Espagne. Ce phénomène arrive en réaction à la domination des péninsulaires (Espagnols d'Espagne) dans les domaines politiques, économiques, sociaux et culturels. Ces revendications proviennent d'une minorité qui a accès à l'éducation, possible uniquement à travers les établissements contrôlés par l'Église catholique.
Les jésuites étaient une congrégation fortement implantée dans la vice-royauté de Nouvelle-Espagne, chargée notamment de l'évangélisation des indigènes, et de la diffusion de la culture et de la connaissance, notamment par l'utilisation de l'imprimerie. Leur influence permet d'établir un réseau de relations, notamment auprès de l'élite agricole, commerciale et minière.
En 1767, l'Espagne décide l'expulsion des jésuites de son territoire, y compris les colonies, dont le Mexique actuel.
Révolutions aux États-Unis et en France
La fin du XVIIIe siècle est marquée par la Révolution française et l'indépendance des Treize Colonies anglaises d'Amérique. Ces deux révolutions sont marquées par les idées des Lumières, et notamment l'égalité de chaque citoyen devant la loi, ainsi que les libertés offertes aux citoyens. Ces idées se diffusent en Nouvelle-Espagne, et au moment de la guerre d'indépendance, les principes du libéralisme sont plus ou moins connus dans l'actuel Mexique. Miguel Hidalgo est considéré comme le père de la patrie mexicaine.
La guerre en Europe qui s'ensuit affecte l'Espagne, avec une augmentation des impôts. La bataille de Trafalgar en 1805 est marquée en Nouvelle-Espagne par des mutineries et un mécontentement par rapport à l'inutilité des impôts payés.
Guerres napoléoniennes en Espagne et conséquences sur ses colonies
En 1808, Napoléon place son frère Joseph Bonaparte à la place de Ferdinand VII sur le trône d'Espagne. Bien qu'il n'y eut pas de conséquences directes sur l'administration de la Nouvelle-Espagne, les colonies étaient divisées sur la conduite à tenir quant aux événements péninsulaires. Une partie soutenait les Français, l'autre refusait de reconnaître Joseph Bonaparte comme souverain, et enfin un troisième groupe, influencé par l'indépendance américaine, pensait détacher la colonie de sa métropole.
Dans plusieurs villes des colonies espagnoles, des juntes se forment afin de conserver la souveraineté sur l'Amérique espagnole jusqu'à ce que Ferdinand VII revienne sur le trône. C'est ainsi le cas à Montevideo en 1808, à La Paz en 1809, ou à Quito, encore 1809. Quasiment toutes ont pour origine les structures municipales, les plus enracinées du monde hispanique, et sont dominées par des créoles, alors que les péninsulaires s'opposaient à la formation de gouvernements souverains.
Crise politique de 1808-1810 en Nouvelle-Espagne