Ce Jour-là

Guerre civile du Sri Lanka

Conflit armé au Sri Lanka (1983-2009)

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La guerre civile du Sri Lanka opposa, officiellement de 1983 à 2009, le gouvernement du Sri Lanka, dominé par la majorité cinghalaise bouddhiste, aux Tigres de libération de l'Îlam tamoul (LTTE), organisation séparatiste luttant pour la création du Tamil Eelam, un État indépendant dans l'Est et le Nord du pays, majoritairement peuplé de Tamouls (les Tamouls sri lankais). Le conflit fait 80 000 à 100 000 morts entre 1972 et 2009 selon l'ONU.

Cette période de l'histoire est hautement sensible au Sri Lanka : les Tamouls ont toujours clamé leur présence historique sur l'île, alors que les Cingalais annoncent avoir été présents avant les Tamouls. Chacun s'entre-accuse d'avoir été envahi par l'autre, mais aucune preuve historique actuelle ne donne raison à un groupe. D'un coté la proximité géographique avec le continent (notamment avec l'existence du Pont d'Adam) permet aux tamouls d'affirmer avoir été les premiers en contact avec l'île, de l'autre les cinghalais avancent avoir les premières traces et donc preuves écrites avec les premiers écrits historiques relatant l'arrivée sur l'île du premier roi cingalais, le Prince Vijaya, en -543, qui sont retranscrites dans 4 chroniques écrites en pali : le Mahavamsa, le Dipavamsa, le Culavamsa et le Rajaveliya. Ces livres racontent l'histoire du pays de façon mystique, et sont liés à la religion bouddhiste theravada, ce qui est un point sensible de discorde sachant que les Tamouls sont majoritairement hindouistes et que l'hindouisme mentionne l'île de Lanka dans ses écrits avant même l'apparition du bouddhisme.

Les 2 points de discordes sont :

Le Prince Vijaya a envahi l'ile en -543, en massacrant et colonisant le peuple indigène. Les Tamouls annoncent être ce peuple victime, alors que les Cingalais s'en tiennent à ce qu'il y a écrit dans le Mahavamsa : Vijaya a tué et expulsé les esprits yakshas de l'île ;

Selon les Cingalais, les Tamouls du Sri Lanka sont arrivés sur l'île pendant les invasions de la dynastie Chola dans les années 100 av. J.-C.. À cela, les Tamouls répondent qu'ils sont les descendants du peuple Naga qui vivait sur l'île bien avant l'arrivée de Vijaya et des descendants issue des premières invasions Chola de l'île et qu'ils étaient présents au Sri Lanka depuis bien longtemps.

Ceylan était partagé par plusieurs royaumes locaux, les rois cingalais vivront un âge d'or avec les royaumes d'Anuradhapura et de Polonnaruwa. Quelques guerres entre les Cingalais et les Tamouls auront lieu, comme les fameuses batailles du roi tamoul Ellalan contre le prince cingalais Dutugemunu. Des rois tamouls dirigeront par intermittence les royaumes cingalais entre 100 et 70 av. J.-C., ou encore entre l'an 436 à 459 apr. J.-C..

Toute la période qui a suivi le royaume de Polonnaruwa entre 1220 et 1600, est un long déclin pour les Cingalais. Les royaumes de Dambadeniya, Kurunegala et Gampola contrastent fortement avec celui Polonnaruwa en l'absence de vestiges structurels, hormis les deux temples de Lankatilaka et de Gadaladeniya. Même le temple de la Dent érigé par Parakramabahu V dans ses premières années a dû être reconstruit avant la fin de son règne. Cela contraste avec le royaume de Jaffna, qui gagne en puissance vers la fin du XIVe siècle. Le déclin de la monarchie cingalaise est enrayé par le premier roi de Kotte, Parakramabahu VI.

Le royaume cingalais de Kotte s'était allié au royaume du Portugal. Ensemble, ils mettront fin au royaume de Jaffna en 1624. Dès lors, les territoires tamouls ont successivement fait partie des colonies du Ceylan portugais, du Ceylan néerlandais et du Ceylan britannique.

Les Tamouls ont bénéficié d'un traitement préférentiel de la part des Britanniques pendant le Ceylan britannique entre 1796 et 1948. Avant l'indépendance, il y avait davantage d'écoles construites par des missionnaires à Jaffna (principale ville majoritairement tamoule) que dans le reste du pays. En conséquence, le nombre de Sri lankais tamouls était bien plus élevé dans le service public, les postes de médecins et d'avocats, que leur représentation dans la société après l'indépendance. Les nationalistes cinghalais y ont vu la preuve d'un favoritisme colonial. Plusieurs historiens considèrent que le conflit entre Cinghalais et Tamouls a pour origine une politique visant à « diviser pour régner » sous le Ceylan britannique.

Les Tamouls d'origine indienne

Une petite partie des Tamouls du Centre de l'île est issue des ouvriers travaillant dans les plantations britanniques qui ont émigré du Sud de l'Inde, à l'initiative des colons au XIXe siècle. Ces Tamouls indiens (encore fréquemment nommés ainsi au Sri Lanka), continuent à travailler dans les plantations de thé, dans des conditions de vie précaires. Bien que parlant la même langue, ils sont considérés comme une communauté distincte des Tamouls sri-lankais du Nord et de l'Est du pays. Ainsi une grande partie des Tamouls vivant au Sri Lanka est originaire du Sri Lanka. Initialement, ce sont les Tamouls indiens qui ont été la principale cible du nationalisme cinghalais. En 1949, le gouvernement de Don Stephen Senanayake instaure une législation leur retirant la citoyenneté sri-lankaise, faisant ainsi d'eux des apatrides. En conséquence, le poids des Tamouls dans le corps électoral a diminué, passant de 33 % à 20 %. La majorité cinghalaise au Parlement a donc rendu impossible toute opposition efficace des Tamouls contre les politiques nationalistes les desservant.

Par la suite, les différents gouvernements sri-lankais ont essayé d'expulser les « Tamouls indiens » du pays. En 1964, la Première ministre sri-lankaise Sirimavo Bandaranaike signe un accord avec le Premier ministre indien Lal Bahadur Shastri. Un deuxième accord est signé en 1967 avec Indira Gandhi. Ces accords prévoyaient le rapatriement en Inde de 600 000 Tamouls apatrides en 15 ans, et la naturalisation par le Sri Lanka de 375 000 autres apatrides. La plupart d'entre eux sont cependant restés au Sri Lanka.

La colonisation cinghalaise de zones traditionnellement habitées par des Tamouls, au nord, et surtout à l'est du pays, par les gouvernements sri-lankais successifs, a toujours été une source de tension entre les groupes ethniques. L'un des premiers contentieux s'est déroulé en 1947, après la construction du barrage de Gal-Oya dans la région de Batticaloa. Les terres autour du réservoir créé par le barrage auraient dû, selon une loi, être attribuées aux familles tamoules déplacées par sa réalisation. Cependant, le gouvernement de l'époque accorda ces terres cultivables à des colons cinghalais, originaires du Sud de l'île, bouleversant ainsi la composition ethnique de cette région. Traditionnellement habitée par des Tamouls, cette zone devint majoritairement cinghalaise.

En 1956, à la suite de la campagne Sinhala Only menée par le nouveau Premier ministre Solomon Bandaranaike, le gouvernement abandonne l'anglais en tant que langage officiel du Sri Lanka au profit du cinghalais. Tous les postes de fonctionnaires de l'administration gouvernementale ont donc été réservés aux Sri-lankais parlant cinghalais, y compris dans les zones majoritairement peuplées de Tamouls. Le Federal Party of Sri Lanka, un parti tamoul, protesta lors de manifestations pacifiques (satyagraha), brisées par des gangs armés cinghalais, sans intervention de la police. Des émeutes éclatèrent à travers le pays, 150 Tamouls furent tués et de nombreux commerces et maisons incendiées. Le gouvernement et des représentants tamouls s'accordèrent en 1957, pour faire du tamoul une langue de travail de l'administration dans les régions habitées par les Tamouls, au nord et à l'est du pays. Sous la pression des nationalistes cinghalais, le gouvernement n'appliqua pas cette mesure.

En 1958, de nouvelles émeutes sont provoquées par des nationalistes cinghalais, après l'installation par le gouvernement de quelques centaines de Tamouls dans une zone cinghalaise. Elles font entre 150 et 200 victimes parmi les Tamouls, et 25 000 d'entre eux émigrent vers le nord, à la suite de nombreux pillages. Ces événements marquèrent une rupture nette entre les communautés tamoule et cinghalaise.

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