La guerre anglo-zouloue (en anglais Anglo-Zulu War, ou simplement Zulu War, en zoulou Impi yamaNgisi namaZulu) est un conflit militaire qui oppose les forces de l'Empire britannique et celles de l'empire zoulou en 1879 dans l'actuelle Afrique du Sud.
Elle fut marquée par des batailles particulièrement sanglantes et constitua une étape importante dans la colonisation de la région du Natal. La guerre annonça le début du déclin du royaume zoulou qui sera annexé définitivement en 1897.
À la suite d'une campagne par laquelle le secrétaire d'État aux Colonies, Henry Herbert, transforme la province du Canada en une fédération, des partisans de l'extension de l'empire britannique pensent que des actions militaires et politiques combinées pourraient réussir avec les différents royaumes africains, les zones tribales et les républiques Boers en Afrique du Sud. En 1874, Henry Bartle Frere est envoyé en Afrique du Sud en tant que haut-commissaire de l'Empire britannique pour mettre le plan en action. Parmi les obstacles étaient la présence des États indépendants de la République sud-africaine du Transvaal et du Royaume zoulou et son armée. Bartle Frere, de sa propre initiative, sans l'approbation du gouvernement britannique et avec l'intention de déclarer une guerre avec les Zoulous, envoie un ultimatum le 11 décembre 1878 au roi zoulou Cetshwayo, lequel ne pouvait pas s'y conformer. Cetshwayo n'obtempère pas et Bartle Frere envoie Lord Chelmsford envahir le Zoulouland. La guerre est remarquable pour plusieurs batailles particulièrement sanglantes, y compris une victoire des Zoulous à Isandlwana, ainsi que pour être un point de repère dans la chronologie de l'impérialisme dans la région. La guerre a finalement abouti à une victoire britannique et la fin de l'indépendance de la nation zouloue.
Dans les années 1870, l'Empire britannique possède des colonies dans le sud de l'Afrique, riveraines de diverses colonies boers, de royaumes indigènes africains tels que celui des Zoulous et de nombreuses zones tribales et États autochtones. Les interactions avec ceux-ci conduisent à une politique expansionniste. La colonie du Cap est formée après le traité anglo-néerlandais de 1814 qui cède de façon permanente la colonie néerlandaise du Cap aux Britanniques, et son territoire s'élargit très nettement dans les années 1800. La colonie du Natal était une colonie britannique dans le sud-est de l'Afrique qui avait été proclamée colonie britannique le 4 mai 1843, après que le gouvernement britannique ait annexé la république Boer de Natalia.
La découverte de diamants en 1867 près de la rivière Vaal, quelque 890 km au nord-est du Cap, met fin à l'isolement des Boers de l'intérieur et change l'histoire sud-africaine. La découverte déclenche une « ruée vers le diamant » qui attire des gens du monde entier, ce qui transforme Kimberley en une ville de 50 000 habitants en cinq ans et attire l'attention des intérêts impériaux britanniques. Dans les années 1870, les Britanniques annexent le Griqualand Occidental, site des découvertes de diamants de Kimberley.
En 1874, Henry Herbert, secrétaire d'État aux Colonies, qui avait implanté la fédération avec succès au Canada en 1867, pense qu'un régime semblable pourrait fonctionner en Afrique du Sud. Le plan pour l'Afrique du Sud appelle à la domination d'une minorité dirigeante blanche sur une majorité noire subjuguée fournissant un grand réservoir de main-d'œuvre bon marché pour les fermiers boers et les plantations de sucre et mines britanniques. Carnarvon, dans une tentative d'étendre l'influence britannique en 1875, approche les états Boer de l'État libre d'Orange et la république du Transvaal et essaye d'organiser une fédération des territoires britanniques et Boer, mais les chefs boers refusent.
En 1877, Sir Henry Bartle Frere est fait haut-commissaire pour l'Afrique australe par Lord Carnarvon. Carnarvon incite Bartle Frere à faire respecter son plan de confédération, en retour, Bartle Frere pourrait alors devenir le premier gouverneur britannique du dominion fédéré d'Afrique australe. Bartle Frere avait été envoyé en Afrique du Sud en tant que haut-commissaire pour y parvenir. Un des obstacles à un tel régime était la présence des états indépendants de la République sud-africaine du Transvaal et du Royaume du Zoulouland. Bartle Frere ne perd pas de temps à mettre le régime de l'avant et crée un casus belli contre les Zoulous en exagérant l'importance du nombre d'incidents récents.
En 1877, Sir Theophilus Shepstone, le ministre britannique délégué aux affaires autochtones dans le Natal, annexe la République du Transvaal pour la Grande-Bretagne grâce à un mandat spécial.
Les Boers du Transvaal s'y opposent mais tant que la menace zouloue est là, ils se retrouvent entre les deux. Ils craignent que s'ils prennent les armes pour résister à l'annexion britannique activement, le roi Cetshwayo et les Zoulous profitent de l'occasion pour attaquer. Les annexions successives britanniques, en particulier l'annexion du Griqualand Occidental, cause un climat de malaise larvé dans les républiques Boers.
Shepstone, en sa qualité de gouverneur britannique du Natal, exprime ses préoccupations au sujet de l'armée zouloue du roi Cetshwayo et sa menace potentielle pour le Natal, en particulier compte tenu de l'adoption par certains Zoulous de vieux fusils et d'autres armes à feu dépassées. Dans son nouveau rôle d'administrateur du Transvaal, il est maintenant responsable de la protection du Transvaal et a une implication directe dans le différend frontalier zoulou avec le Transvaal. Les manifestations continuelles des Boers et les manœuvres diplomatiques de Paul Kruger ajoutent de la pression. Il y a des incidents impliquant des actions paramilitaires zouloues des deux côtés de la frontière Transvaal/Natal et Shepstone commence à considérer de plus en plus le roi Cetshwayo, qui n'avait jusqu'à présent trouvé aucun défenseur dans le Natal à part l'évêque Colenso, comme ayant permis de tels « outrages » et ayant une « attitude défiante ».
Colenso plaide pour les Africains indigènes du Natal et du Zululand qui sont traités injustement par le régime colonial dans le Natal. En 1874, il prend parti pour Langalibalele (en) et les tribus Hlubi et Ngwe pour les représenter auprès du Secrétaire aux Colonies, Lord Carnarvon. Langalibalele avait été faussement accusé de rébellion en 1873 et reconnu coupable à la suite d'une mascarade de procès et emprisonné à Robben Island. En prenant le parti de Langalibalele contre le régime colonial du Natal et Shepstone, Secrétaire aux Affaires autochtones, Colenso se trouve encore plus séparé de la société coloniale du Natal.
Les préoccupations de l'évêque Colenso sur l'information trompeuse qui est fournie au Secrétaire des Colonies à Londres par Shepstone et le gouverneur du Natal l'incitent à défendre la cause des Zoulous contre l'oppression des Boers et les empiétements officiels. Il est un critique éminent des efforts de Sir Bartle Frere pour dépeindre le royaume zoulou comme une menace pour Natal.
Ses campagnes révèlent l'obscure fondement raciste que sous-tend le régime colonial du Natal et lui fait des ennemis parmi les colons.
L'administration tory du Premier ministre du Royaume-Uni Benjamin Disraeli à Londres ne voulait pas d'une guerre avec les Zoulous. « Le fait est », écrit Sir Michael Hicks Beach, qui remplace Carnarvon comme secrétaire d'État aux Colonies en novembre 1878, « que la situation en Europe de l'Est et en Inde […] sont si graves que nous ne pouvons pas avoir une guerre zouloue en plus d'autres problèmes plus importants et trop probables ». Cependant Bartle Frere est déjà haut-commissaire et gouverneur de la colonie du Cap depuis 1877 avec le mandat de créer une Confédération d'Afrique du Sud à partir des diverses colonies britanniques, républiques boers et des états indigènes et ses plans sont bien avancés. Il conclut que le puissant royaume zoulou était sur son chemin et est donc réceptif aux arguments de Shepstone que le roi Cetshwayo et son armée zouloue constitue une menace pour la paix de la région. Les préparatifs d'une invasion britannique du royaume zoulou avait été en cours depuis des mois. En décembre 1878, malgré la réticence du gouvernement britannique pour se lancer dans une autre guerre coloniale, Frere présente à Cetshwayo l'ultimatum que l'armée zouloue doit être dissoute et que les Zoulous acceptent la résidence des Britanniques. Ceci est inacceptable pour les Zoulous et si Cetshwayo avait accepté, il aurait perdu son trône.