José Miguel Ramón Adaucto Fernández y Félix, connu sous le nom de Guadalupe Victoria, né le 29 septembre 1786 à Tamazula et mort le 21 mars 1843 à Perote, est un général et homme d'État mexicain ayant combattu pendant la guerre d'indépendance. Général sous le Premier Empire de Agustín de Iturbide, il est, après la chute de l'Empire, député et membre du Pouvoir exécutif suprême qui dirige le Mexique de 1823 à 1824. Après l'adoption de la Constitution fédérale, qui établit la Première République, il est élu premier président du Mexique en octobre 1824.
En tant que président, il établit des relations diplomatiques avec le Royaume-Uni, les États-Unis, la République fédérale d'Amérique centrale et la Grande Colombie. Il a également aboli l'esclavage, fondé le Musée national, promu l'éducation, et ratifié la frontière avec les États-Unis. Il a décrété l'expulsion des Espagnols restés dans le pays et a obtenu la reddition la dernière place forte espagnole au Mexique : le fort de San Juan de Ulúa.
Victoria est le seul président à achever un mandat complet en plus de 30 ans, en 1829.
Né à Tamazula dans l'actuel État de Durango, il est le fils de Manuel Fernández de Victoria et de María Alejandra Félix Niebla. Son nom de baptême est José Miguel Ramón Adaucto Fernández y Félix mais il choisit en 1811 le nom de Guadalupe Victoria en hommage à Notre-Dame de Guadalupe, apparition mexicaine de la Vierge Marie, et Victoria signifiant « victoire ». Il fut baptisé par son oncle paternel Agustín Fernández, alors prêtre de Tamazula, avec qui il vécut après la mort de ses parents.
Il commença à étudier au séminaire de Durango. N'ayant pas les moyens de payer de quoi vivre, il fit des copies d'un texte de grammaire latine pour le vendre à d'autres étudiants.
En 1807, il étudie le droit au collège San Ildefonso de Mexico où il obtient son baccalauréat en 1811.
En 1812, il se joint à la révolution proclamée par Miguel Hidalgo et se bat aux côtés de José María Morelos y Pavón. Après la capture et l'exécution de Morelos, il participe à l'assaut sur Oaxaca et rejoint les soldats de Nicolás Bravo à Veracruz.
L'assaut sur Oaxaca eut lieu le 25 novembre 1812. Les insurgés défirent les forces royalistes espagnoles du lieutenant-général Gonzalez Saravia. Les autres membres des forces insurgées ayant participé à l'assaut d'Oaxaca étaient Nicolás Bravo, Mariano Matamoros et Vicente Guerrero.
Guadalupe Victoria s'engagea ensuite dans la bataille du Juego de Pelota, entouré d'un fossé que les soldats insurgés n'osaient pas franchir ; Victoria jeta alors son épée à travers le fossé et dit : « Va mi espada en prenda, voy por ella ! » (Voilà mon épée en gage, je vais la chercher ! ). Il nagea à travers le fossé et coupa la corde d'un pont pour permettre aux troupes insurgées d'entrer dans la ville.
La perte d'Oaxaca fut un coup dur pour le gouvernement colonial, car elle donnait un grand prestige militaire aux insurgés, ainsi qu'une position géographique privilégiée en raison des routes et des villes pouvant être contrôlées à partir de ce site. En raison de son succès à Oaxaca, et sur ordre du Congrès de Chilpancingo, Victoria obtint le commandement de l'armée des insurgés à Veracruz. En même temps, il décida de changer de nom, en raison de sa dévotion à la Vierge de Guadalupe et à Victoria pour la victoire.
En 1815, Victoria commandait des insurgés dans la région de Veracruz. Utilisant des tactiques de guérilla, il obtint le contrôle du Puente del Rey ("pont du roi"), position stratégique reliant Xalapa au port de Veracruz. Lorsqu'il apprit que des troupes royalistes venaient en sa direction, il renforça les défenses du pont, mais fut néanmoins contraint de se retirer à Nautla en juillet de la même année.
Pour s'approvisionner dans le golfe du Mexique, Victoria a pris le contrôle de Boquilla de Piedras, un port situé entre Tuxpan et le port de Veracruz. Ce port était équipé de quais, d'entrepôts et de batteries pour la défense et resta sous le contrôle de Victoria jusqu'en novembre 1816, date à laquelle il fut repris par l'armée royaliste. Peu de temps après, Naolinco devint le quartier général des insurgés et, de là, ils contrôlèrent les régions de Misantla, Puente Nacional et Huatusco.
Également en 1816, lorsque le nouveau vice-roi Juan Ruiz de Apodaca est arrivé en Nouvelle-Espagne, Victoria attaqua son convoi à destination de Mexico, avec pour objectif de le capturer, mais sans succès.
À la fin de l'année, Victoria regagna Nautla et battit la garnison royaliste. Il a également occupé Barra de Palmas, Barra Nueva et La Laguna. La forte offensive royaliste, ainsi que le manque de matériel militaire, ont permis aux Espagnols de récupérer les positions occupées en février 1817.
Au milieu de l'année 1817, Guadalupe Victoria avait perdu toutes les villes sous son commandement. Après sa défaite à Palmillas, il a été abandonné par ses hommes et a fait face à une persécution intense. Il s'est caché dans la jungle, où il a survécu en mangeant des herbes, des fruits et des animaux. Il a refusé d'accepter une grâce de la part du vice-roi pour ses actes et est resté caché dans la jungle de Veracruz, où il a développé une épilepsie.
Après sa défaite près de la ville de Palmillas dans l'actuel État de Veracruz, il se cache dans les montagnes jusqu'à la promulgation du plan d'Iguala, le 24 février 1821, par Agustín de Iturbide et Vicente Guerrero, les deux chefs insurgès, qui appelle à un Mexique indépendant. Iturbide a rencontré Juan O'Donojú, le nouveau vice-roi, et a négocié à la hâte un traité, appelé le Traité de Córdoba. Similaire au Plan d'Iguala, ce document a essayé de garantir une monarchie indépendante pour la Nouvelle-Espagne sous la maison de Bourbon. Cet état successeur inviterait Ferdinand VII à régner en tant qu'« empereur » ou, à défaut, son frère Don Carlos. Si les deux refusaient, un monarque convenable serait recherché parmi les diverses maisons royales européennes. En attendant, une régence remplacerait le vice-roi. Toutes les lois existantes, y compris la Constitution de 1812, resteraient en vigueur jusqu'à ce qu'une nouvelle constitution soit rédigée pour le Mexique. Un élément clé a été ajouté à la suggestion d'O'Donojú : si l'Espagne refusait son droit de nommer un régent pour l'Empire mexicain, alors le congrès mexicain aurait la liberté d'élire celui qu'il jugerait digne de diriger le pays. Cette clause cruciale était inexistante dans le Plan d'Iguala, un point qui soutient qu'Iturbide n'a pas eu l'idée de devenir un dirigeant quand il a commencé sa campagne pour l'indépendance du Mexique.
Le 27 septembre 1821, l'armée des Trois Garanties entre dans la ville de Mexico, formant une colonne dirigée par Agustín de Iturbide. Le 28 septembre 1821, la déclaration d'indépendance du Mexique est signée.
Guadalupe Victoria a rencontré Agustín de Iturbide le 17 juin 1821 à San Juan del Río et lui a demandé d'adopter le plan d'Iguala afin de créer un gouvernement républicain. Victoria recommanda comme dirigeant un ancien insurgé qui n'était pas marié, qui épouserait une femme guatémaltèque autochtone pour unir les deux territoires en une seule nation. Iturbide a refusé la proposition. Les deux hommes ont soutenu l'indépendance, mais ont ressenti une méfiance réciproque.