Le Groenland (en groenlandais Kalaallit Nunaat, en danois Grønland) est un pays constitutif du royaume du Danemark et un territoire d'outre-mer associé à l'Union européenne. Il se situe à l'est de l'archipel Arctique dans le nord-est de l'Amérique du Nord, entre la mer de Baffin et le détroit de Davis à l'ouest, la mer du Groenland à l'est et l'océan Atlantique au sud-est. La côte septentrionale (entre le cap Bryant (en) et le cap Morris Jesup) borde la mer de Lincoln.
Ce sont les anciens colons scandinaves qui ont donné au pays le nom de Groenland. Dans les sagas islandaises, il est dit que l'Islandais d'origine norvégienne Erik le Rouge fut chassé d'Islande pour meurtre. Avec sa famille élargie et ses esclaves (thrall), il partit à bord de navires pour explorer la terre glacée connue pour se situer au nord-ouest. Après avoir trouvé une zone habitable et s'y être installé, il l'a nommée Grœnland, littéralement « terre verte », prétendument dans l'espoir que le nom serait agréable pour attirer des colons. Le nom du pays en groenlandais est Kalaallit Nunaat (« terre des Kalaallit »).
Bien qu'appartenant physiographiquement à l'Amérique du Nord, le Groenland a été politiquement et culturellement associé à l'Europe — en particulier à la Norvège et au Danemark, les puissances coloniales, ainsi qu'à l'île voisine d'Islande — pendant plus d'un millénaire. Avec une superficie de 2 166 086 km2 (y compris quelques îles côtières mineures), le Groenland est la plus grande île du monde. Plus des trois quarts de son territoire (1 710 000 km2) est couvert par la deuxième calotte glaciaire contemporaine après celle de l'Antarctique.
Le Groenland est situé dans le nord-est de l'Amérique du Nord, entre les latitudes 59° et 83° N et les longitudes 11° et 73° O. Il est bordé à l'est par la mer du Groenland, au sud-est par l'océan Atlantique, au sud-ouest par le détroit de Davis, à l'ouest par la baie de Baffin et au nord par la mer de Lincoln. L'océan Arctique ne touche le Groenland qu'en un seul point, le cap Morris Jesup. Ce cap, qui est le plus septentrional d'Amérique, est situé à seulement 709 kilomètres du pôle Nord. Le Groenland est frontalier du Canada à l'ouest, de l'autre côté de la mer de Baffin, et de l'Islande, de l'autre côté du détroit de Danemark.
La superficie totale du Groenland est de 2 166 086 km2 (y compris d'autres îles côtières mineures), dont la calotte glaciaire couvre 1 755 637 km2 (soit 81 % du territoire) et a un volume de glace d'environ 2,85 millions de kilomètres cubes.
Le Groenland est la plus grande île non continentale du monde (à l'exception donc de l'Australie continentale et de l'Antarctique considérés comme des continents), le troisième pays d'Amérique du Nord en superficie ainsi que le plus grand territoire dépendant dans le monde. Il possède également le plus grand parc national au monde.
Le Groenland est très éloigné des autres territoires. À l'est, il se situe à 287 kilomètres environ de l'Islande et à l'ouest, sa capitale — Nuuk — se situe à 819 kilomètres à l'est de la ville d'Iqaluit, au Nunavut, Canada. Au nord, les rares territoires étrangers les plus proches sont la terre François-Joseph, annexée en 1926 par l'Union soviétique, l'île norvégienne Spitzberg (Svalbard), à 447 kilomètres du Nordostrundingen, et l'île d'Ellesmere canadienne.
Géologie, topographie et hydrographie
L'île est recouverte à 80 % par un inlandsis de 1 710 000 km2 de superficie et d'une épaisseur atteignant près de trois kilomètres de glace au centre, correspondant à l'altitude la plus élevée. Cet inlandsis est bordé de reliefs montagneux modérés entre lesquels s'écoule la glace par des glaciers. De certains d'entre eux se détachent des icebergs qui sont entraînés au large par les courants marins. C'est le cas à Ilulissat où les plus gros icebergs de l'hémisphère nord sont produits. En 1912, c'est l'un d'eux que le Titanic heurta.
Sous cet inlandsis se trouve le Grand Canyon du Groenland. Découvert en 2013 grâce à des observations satellitaires, ce canyon, qui traverse toute la partie nord-ouest de l'île, mesure au moins 750 kilomètres de long et 800 mètres de profondeur par endroits, ce qui en fait le plus grand au monde.
Une étude menée par le scientifique français Paul-Émile Victor en 1951 concluait que sous la calotte glaciaire, le Groenland est composé de trois grandes îles. Cette hypothèse est contestée, mais si elle est vérifiée, ces îles seraient séparées par de fins détroits atteignant la mer au fjord glacé d'Ilulissat, au Grand Canyon du Groenland et au sud de Nordostrundingen.
Les glaciers et la couche de glace présentent une certaine élasticité, mais les avancées différenciées et périodiques (rythme saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent des cassures dont les ondes élastiques génèrent des tremblements de terre, enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le monde. Ces « tremblements de terre glaciaires » du Groenland sont caractérisés par une forte saisonnalité. Une étude publiée en 2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de 2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à l'évolution des conditions climatiques dans l'Arctique.
Les sommets les plus hauts du pays sont situés sur la côte est. Le point culminant est le mont Gunnbjørn, haut de 3 660 mètres. Sa position écartée lui vaut une importante isolation topographique de 3 254 km, distance qui le sépare du mont Mittelhorn, dans l'Oberland bernois (Suisse). Le plus connu est le mont Forel (3 377 mètres). Il porte le nom du professeur suisse François-Alphonse Forel qui, en 1912, organisa une souscription pour financer une expédition suisse au Groenland. Un autre mont proche porte le nom de Paul-Émile Victor, l'explorateur et ethnologue français. Deux autres Français ont contribué à la connaissance de ce pays : Jean-Baptiste Charcot et Jean Malaurie.
Entre 1992 et 2018, le Groenland a perdu environ 3 900 milliards de tonnes de glace, une perte proche de la prévision associée au scénario le plus pessimiste du cinquième rapport d'évaluation du GIEC. Cette perte s'accélère et, selon les mots du premier auteur de l'étude, Andrew Shepherd, « pourrait exposer 100 millions de personnes dans le monde à des inondations annuelles d'ici la fin du siècle ».
D'après l'Institut technique du Danemark, la vitesse de la fonte des glaciers du Groenland a été multipliée par quatre entre 2003 et 2013. Le 1er août 2019, « Le Groenland vient de connaître les taux de fonte parmi les plus élevés de tous les temps » selon Ruth Rottman, car celui-ci a perdu et va commencer à perdre régulièrement entre 11 et 12,5 milliards de tonnes de glace en un jour, alors que, même dans le scénario le plus pessimiste, une perte de glace si rapide n'était pas attendue avant 2050.
La calotte s'est formée il y a 4,1 millions d'années, durant le Pliocène, par la fermeture de l'isthme de Panama. Les précipitations neigeuses qui s'accumulent au centre de l'île se transforment progressivement en glace et assurent théoriquement la pérennité de cette calotte. Les scientifiques s'intéressent de près à l'évolution de l'épaisseur de la glace et aux apports d'eaux douces engendrés par la fonte (impact sur la circulation thermohaline) dans le cadre du réchauffement climatique. Ce désert de glace, représentant 80 % de la surface de l'île, est très inhospitalier. On y trouve des températures extrêmes été comme hiver, des vents violents dits catabatiques et un sol fait de glace, impropre au développement d'une vie animale et à la plupart des espèces végétales (à l'exception des tardigrades).
En hiver, dans le nord du Groenland, le soleil disparaît presque totalement pendant plus de trois mois. La température moyenne avoisine −30 °C et il souffle un vent violent. Tandis que l'intérieur du Groenland connait un climat d'inlandsis, les températures moyennes en bord de mer varient de −15 °C dans le nord à 0 °C dans le sud. La côte sud-ouest bénéficie d'étés assez longs et assez doux. Les maximales y avoisinent les 10 °C en été, avec un record de chaleur de 28 °C. Alors que le nord connaît un climat très sec, le sud bénéficie d'un climat beaucoup plus humide. Les précipitations tombent majoritairement sous forme de neige en hiver sur la côte orientale alors que sur la côte occidentale elles tombent majoritairement en été sous forme de pluie. Narsarsuaq, dans le sud-ouest du Groenland, a un climat non polaire puisqu'en juillet on y mesure une température moyenne supérieure à 10 °C.