La Grande Loge unie d'Angleterre (abrégé en GLUA) (en anglais : United Grand Lodge of England, UGLE) est la principale obédience maçonnique d'Angleterre. Sous sa juridiction, on compte aussi des ex-colonies britanniques et quelques pays du Commonwealth. Héritière directe de la « Grande Loge de Londres et de Westminster » de 1717, c'est également la plus grande obédience au monde quant aux effectifs (loges et membres), ce qui lui confère un rôle particulièrement important dans la question de la régularité maçonnique.
La Grande Loge de Londres et de Westminster
La Grande Loge unie d'Angleterre est parfois désignée comme la « loge mère », en référence à son origine qui remonte au 24 juin 1717, quand les quatre loges de Londres réunies dans la taverne « Goose and Gridiron Ale-House » ont fusionné à l'initiative de Jean Théophile Désaguliers, du pasteur anglican James Anderson et d'autres francs-maçons, pour former la première grande loge. Ses quatre loges portaient le nom des tavernes où elles se réunissaient : Goose and Gridiron (L'Oie et le Gril) située quartier Saint-Paul, The Crown (La Couronne) située Parker's Lane à la sortie de Drury Lane, The Apple-Tree (Le Pommier) située sur Charles Street à Covent Garden, The Rummer and Grapes (Le Gobelet et les Raisins), située Channel Row, Westminster. Les quatre loges avaient également l'habitude de former convent à The Apple-Tree.
Cette grande loge était un organe supérieur chargé de la régularité des groupes existants et de l'ouverture de nouvelles loges.
La querelle des Anciens et des Modernes
En 1751, un groupe de francs-maçons formèrent à leur tour une seconde grande loge rivale sous prétexte que la Grande Loge de Londres s'était écartée des anciens devoirs ou landmarks.
Ils se désignèrent eux-mêmes sous le terme d'« anciens » (Antients dans l'orthographe de l'époque), réservant l'appellation alors péjorative de moderns aux membres de la première Grande Loge de Londres. Le nom de cette obédience était « Grande Loge des francs et acceptés maçons selon la vieille institution ». Les rivalités entre les deux grandes loges persistèrent pendant soixante-deux ans, affaiblissant et divisant les francs-maçons anglo-saxons en deux groupes irréductibles.
Ainsi, pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, la Grande Loge des « modernes » de 1717 n’était pas reconnue par ses deux sœurs d’Écosse et d’Irlande qui lui reprochaient d’avoir modifié les règles traditionnelles, ce qu’elle reconnut le 12 avril 1809 : « les membres de la Grande Loge s'accordent avec la Commission de bienfaisance pour penser qu'il n'est plus nécessaire de maintenir les mesures prises autour de l'année 1739 envers les maçons non réguliers et demandent instamment à toutes les loges de revenir aux anciennes règles » « this Grand Lodge do agree in opinion with the Committee of Charity that it is not necessary any longer to continue those Measures which were resorted to or about the year 1739 respecting Irregular Masons, and do therefore enjoin the several Lodges to revert to the Ancient Land Marks of the Society ».
Elle constitua six mois plus tard une nouvelle loge, The Special Lodge of Promulgation, dont la patente spécifiait le but : en application de la résolution précédente, faire connaître et rendre exécutoires les anciens landmarks auxquels il convenait de revenir : « for the purpose of Promulgating the Ancient Land Marks of the Society and instructing the Craft in all such matters and forms as may be necessary to be known by them in Consequence of and Obedience to the said Resolution and Order » (celle du 12 avril 1809, citée ci-dessus).
Naissance de la Grande Loge unie d'Angleterre
En 1809, des commissaires furent nommés afin de négocier les modalités qui permirent le 27 décembre 1813 de fusionner les deux obédiences en une Grande Loge unie de l'Angleterre. Aujourd'hui, la Grande Loge unie d'Angleterre est organisée en grandes loges provinciales qui correspondent à peu près aux provinces ou comtés traditionnels de l'Angleterre. Ceux-ci forment l'administration locale de l'organisation. À Londres, la province est connue comme grande loge métropolitaine[réf. nécessaire].
Influence de la Grande Loge unie d'Angleterre sur la maçonnerie
La Grande Loge unie d'Angleterre, qui est la plus importante avec quelque 600 000 membres dans le monde, est sans autres actions directes sur le plan international que celle d'accorder, refuser ou retirer sa « reconnaissance ». Mais le soin scrupuleux qu'elle met à respecter et à faire respecter les principes qu'elle a été la première à codifier, donne à ses décisions en ce domaine un poids et un prestige particuliers[réf. souhaitée].
En revanche, la Grande Loge d'Angleterre n'entretient pas de rapports avec le Grand Orient de France et le courant adogmatique en général, puisqu'il y a eu une rupture entre les deux organisations à la fin du XIXe siècle dans le cadre de la Querelle du Grand Architecte de l'Univers[réf. souhaitée].
La Grande Loge unie d'Angleterre et ses « landmarks »
La GLUA n'a jamais établi elle-même de véritable liste de « landmarks », comme le font certaines grandes loges nord-américaines. En revanche, elle a établi en 1929, puis modifié en 1989, une liste de principes que doivent respecter les grandes loges qui demandent sa reconnaissance. Ces deux textes sont d'une telle importance qu'il est probablement nécessaire de les citer in extenso:
Le texte de 1929 est parfois nommé « règle en huit points ». En voici le texte :
« Le T∴ R∴ (Très Respectable) Grand Maître ayant exprimé le désir que le Bureau établisse une déclaration des Principes de Base sur lesquels cette Grande Loge puisse être invitée à reconnaître toute Grande Loge qui demanderait à être reconnue par la Juridiction Anglaise, le Bureau des Propositions Générales a obéi avec joie. Le résultat, comme suit, a été approuvé par le Grand Maître et formera la base d'un questionnaire qui sera retourné à l'avenir à chaque Juridiction qui demandera la reconnaissance Anglaise. Le Bureau souhaite que non seulement ces obédiences, mais plus généralement l'ensemble de tous les Frères de la Juridiction du Grand Maître, soient entièrement informés de ces principes de base de la franc-maçonnerie auxquels la Grande Loge d'Angleterre s'est tenue tout au long de son histoire. »