Ce Jour-là

Gracchus Babeuf

Homme politique et révolutionnaire français

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Gracchus Babeuf, de son vrai nom François Noël Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort guillotiné le 27 mai 1797 à Vendôme, est un protagoniste de la Révolution française, à l'origine d'une tentative d'orientation démocratique contre le régime du Directoire, la « conjuration des Égaux », dont l'échec aboutit à son exécution par la guillotine.

Le courant de pensée correspondant à ses idées, le « babouvisme », préfigure le communisme et l'anarchisme.

Origines familiales et formation

Baptisé le 24 novembre 1760 en la paroisse Saint-Nicaise (Saint-Quentin), François Noël Babeuf est le fils de Claude Babeuf, employé dans les fermes du Roi, et de Marie Catherine Ancherel.

Dès l’âge de 12 ans, il travaille comme terrassier au canal de Picardie. À 17 ans, il réussit à se faire engager comme apprenti chez un notaire feudiste à Flixecourt. Babeuf devient alors un spécialiste du droit féodal. En 1781, âgé de 21 ans, il commence à exercer pour son propre compte à Roye comme géomètre. Il y est également commissaire à terrier.

Le 13 novembre 1782, il épouse à Damery (Somme) Marie Anne Victoire Langlet (baptisée à Amiens le 13 février 1757, morte après 1840), fille d’un quincaillier d’Amiens et ancienne femme de chambre, avec laquelle il a cinq enfants : Catherine-Adélaïde-Sophie, née en septembre 1783, morte à Roye le 13 novembre 1787 ; Robert, dit Émile, né le 29 septembre 1785 à Roye ; Catherine-Adélaïde-Sophie, née le 3 septembre 1788 à Roye, morte le 18 messidor an III (6 juillet 1795); Jean-Baptiste-Claude, dit Camille, né le 26 novembre 1790, interné comme fou en 1808, mort le 24 août 1815 en se jetant du quatrième étage de la maison où il logeait et travaillait, chez le bijoutier Lirot ; Caïus Gracchus, né le 9 pluviôse an V (28 janvier 1797) à Vendôme, tué par une balle perdue en 1814, lors de l'invasion.

Inspiré par la lecture de Rousseau, et constatant les conditions de vie très dures de l’immense majorité de la population, il développe des théories en faveur de l’égalité. En 1788, il commence la rédaction du Cadastre perpétuel. Dans cette brochure, publiée en 1790 à Paris, il propose une évolution de la législation pour collectiviser les terres tout en gardant leur exploitation individuelle. Babeuf est également partisan de l’abolition de l’esclavage.

Débuts de la Révolution française (1789-février 1793)

En mars 1789, Babeuf participe à la rédaction du cahier de doléances des habitants de Roye. À la suite de l’échec de son Cadastre perpétuel et surtout au début de la Révolution française, il devient journaliste, vivant entre Paris et Roye. Il est ainsi correspondant du Courrier de l’Europe (édité à Londres) à partir de septembre 1789.

Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. Son activité et son audience lui valent d’être accusé d’incitation à la rébellion. Il est arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. Le 14 juillet 1790, il assiste à la Fête de la Fédération. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »). En juillet 1790, Babeuf imprime un nouveau journal qui n'aura que trois numéros, Le Journal de la Confédération : « …On assure que les ténébreux cachots, ces sépultures des vivants dont nous avons tiré nos frères d'armes par nos justes clameurs, se repeuplent journellement d'une foule considérable d'autres victimes toujours prévenues du fameux crime de lèse-nation. Les plus scrupuleuses précautions et les plus invincibles mystères sont employés pour éviter qu'aucuns renseignements puissent transpirer sur le compte de ces derniers, et de là, il n'est plus difficile de consommer l'horreur, de les garder dans ces souterrains mortels… ».

Il lance son propre journal en octobre 1790, Le Correspondant picard, journal révolutionnaire fort avancé dans lequel il s’insurge contre le suffrage censitaire mis en place pour les élections de 1791. Le journal est contraint à la disparition quelques mois plus tard, mais Babeuf continue à se mobiliser aux côtés des paysans et des ouvriers picards. Le 23 mars 1791, il est élu commissaire pour la recherche des biens communaux de la ville de Roye. Dans une brochure qu’il publie en juillet 1791, il écrit que la propriété féodale est « le fruit de l’expropriation et de la violence ». La même année, il se prononce publiquement pour la mise en place de la République.

En août 1792, Babeuf est élu à l’assemblée électorale de la Somme. Il est ensuite administrateur au district de Montdidier. Mis en cause dans une affaire de droit commun, il doit fuir à Paris en février 1793.

Période de la République montagnarde (juin 1793-juillet 1794)

À son arrivée dans la capitale, Babeuf noue contact avec l’écrivain Sylvain Maréchal et prend parti pour les jacobins contre les girondins. Il entre en mai 1793 à la Commission des subsistances de Paris. Il y soutient les revendications des sans-culottes, osant dénoncer un nouveau pacte de famine organisé par Pierre-Louis Manuel, procureur général de la Commune ; ce qui suscita contre lui des haines violentes.

Accusé dans l’affaire qui avait entraîné son départ de Montdidier, il est emprisonné du 24 brumaire an II (14 novembre 1793) au 30 messidor an II (18 juillet 1794), et est acquitté à Laon où Pierre Charles Pottofeux exerce la fonction de procureur général syndic. Dix jours après sa libération, c’est le coup d’État contre Robespierre, et les Montagnards, dont il était le partisan, perdent le pouvoir le 9 thermidor an II (27 juillet). Babeuf critique l’action des Montagnards concernant la Terreur, disant : « Je réprouve ce point particulier de leur système », mais inscrit son action dans leur continuité, tout en voulant passer de l’égalité « proclamée » à l’égalité dans les faits (la « parfaite égalité », pour laquelle il milite). Sous sa plume, Robespierre devient « Maximilien l'Exterminateur ». Il le présente, lui et son adversaire Jean-Baptiste Carrier, comme les auteurs d'un plan « populicide » orchestré à deux.

Période de la Convention thermidorienne (août 1794-octobre 1795)

À partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III (5 octobre 1794) Le Tribun du peuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion de sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs.

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique. Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ».

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Gracchus Babeuf | World in Stories